Les jours d’après

An­toine Lei­ris Le 13 no­vembre 2015, il per­dait sa femme Hé­lène lors de l’at­ten­tat au Ba­ta­clan. De­puis, An­toine Lei­ris a sor­ti un livre en forme de ca­thar­sis, Vous n’au­rez pas ma haine, de­ve­nu l’un des best-sel­lers de l’an­née. Pour lui, la re­cons­truc­tion s

GQ (France) - - La Une -

l était urgent de s’in­té­res­ser à An­toine Lei­ris. La re­mise de son prix GQ au­ra été son ul­time ap­pa­ri­tion mé­dia­tique liée au 13 no­vembre 2015. « Après, j’ar­rête », lan­cet-il comme une pro­messe des­si­née au gré des sol­li­ci­ta­tions qui ont mis du temps à ra­len­tir. Un an et dix jours « après », il es­time le temps ve­nu de tour­ner une page. Tour­ner « la » page est évi­dem­ment im­pos­sible pour un homme ba­nal que le des­tin a pro­je­té dans une si­tua­tion dou­ble­ment ex­cep­tion­nelle : perdre sa femme, Hé­lène, sous les balles d’un trio de dji­ha­distes ; puis dé­cou­vrir le suc­cès par ce drame. Un homme de 35 ans en ap­pa­rence se­rein, lu­cide, comme ha­bi­té par le titre de son livre :

à l’ori­gine une lettre écrite avec l’éner­gie du déses­poir et pu­bliée en « une » du Monde de­ve­nue, le bouche- à- oreille ayant fait son oeuvre, un livre pro­pul­sé dans la co­lonne des best-sel­lers (en­vi­ron 180 000 exem­plaires ven­dus, et 23 tra­duc­tions). Le ma­tin de notre ren­contre, trois femmes dji­ha­distes viennent d’être ar­rê­tées alors qu’elles avaient un pro­jet fou. An­toine est au cou­rant, il ne vit pas re­clus dans une bulle. Comme à chaque fois, un pro­jet d’at­ten­tat « ré­veille les choses, mais ce­la doit être en­core plus vrai pour les per­sonnes qui étaient à l’in­té­rieur du Ba­ta­clan ». La co­lère, l’en­vie de re­vanche, aus­si, af­fleurent

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