« Ins­tinc­ti­ve­ment, je res­sens le be­soin d’avoir des rap­ports doux avec les gens. »

GQ (France) - - Go -

quante comme un fruit), des cou­teaux et des amandes-co­quillages ré­sis­tant dou­ce­ment sous la dent. Une ar­chi­tec­ture de tex­tures don­nant un re­lief ac­ci­den­té aux em­bruns ma­rins qui do­minent le plat, rap­pe­lant la tem­pête. « Je n’ai pas d’af­fé­te­rie, je ne joue pas un jeu, je n’ai pas d’élé­ments de lan­gage. Et par­fois, je peux dire des bê­tises en étant trop spon­ta­né », ra­conte ce­lui qui a main­te­nant cin­quante ans de cui­sine der­rière lui alors qu’il n’a que 66 ans. Cette élé­gance na­tu­relle en cui­sine se confirme lors­qu’il ar­rive, beau et dé­con­trac­té pour la séance pho­to. Il passe la veste de smo­king comme sa veste de chef, re­mer­cie la sty­liste en lui fai­sant un com­pli­ment sur son par­fum

Ge­rard tient d’abord à cla­ri­fier une chose : son pré­nom ne se pro­nonce pas comme ce­lui de votre ton­ton, mais bien « jé­rid », avec un « r » rou­lant, comme savent si bien les faire ces sa­crés joueurs de cor­ne­muse d’écos­sais. De­puis qu’il a ex­plo­sé à Hollywood, l’ac­teur né non loin de Glas­gow se fait dé­sor­mais ap­pe­ler « Ger­ry », car les Amé­ri­cains sont in­ca­pables de pro­non­cer cor­rec­te­ment son pré­nom : « Il n’y a que ma mère pour m’ap­pe­ler Jérr­rid », aime-t-il plai­san­ter. C’est dans 300, un pé­plum syn­thé­tique si­gné Zack Sny­der (2006), que le monde en­tier a vrai­ment dé­cou­vert Ge­rard But­ler. Il y in­car­nait le guer­rier Leo­ni­das, roi de Sparte gon­flé aux sté­roïdes (« This is Spar­taaaaa ! » hur­lait-il dans la sé­quence culte), em­me­nant son ar­mée à la san­glante ba­taille des Ther­mo­pyles. « Avec le per­son­nage de Leo­ni­das, j’ai pu ex­pri­mer toute la force et l’in­ten­si­té de mes ra­cines écos­saises. C’est une part très im­por­tante de ma per­son­na­li­té », confie-t-il à GQ. De­puis le suc­cès mon­dial du film, Ge­rard est l’atout muscles + sour­cils fron­cés de nom­breux block­bus­ters. Les der­niers en date dis­po­nibles chez vous en Bit­tor­rent, dans un dé­luge d’ef­fets spé­ciaux ? La Chute de la Mai­son Blanche (et sa suite, La Chute de Londres) ou Gods of Egypt (2016). Avant ça, on avait aper­çu But­ler en aven­tu­rier aux cô­tés d’an­ge­li­na Jo­lie ( La­ra Croft : le ber­ceau de la vie, 2002) ou en gang­ster lo­ser chez Guy Rit­chie ( Ro­ckn­rol­la, 2008). Et dans des co­mé­dies ro­man­tiques, dans les­quelles il jouait de son re­gard bleu acier pour sé­duire Hilla­ry Swank ou Ka­the­rine Hei­gl. Un po­ten­tiel éro­tique au­près du pu­blic fé­mi­nin qui n’a échap­pé ni à l’hor­lo­ger Fes­ti­na ni à la marque Boss, qui a fait de lui l’image de son der­nier jus, Boss Bot­tled. On au­rait tort de pen­ser que Ge­rard n’est qu’une ver­sion scot­tish de, au ha­sard, Rus­sell Crowe. Sous ses airs de sé­duc­teur à gros bras taillés pour la bas­ton, l’écos­sais de 47 ans a plus d’un ta­lent. Ex-étu­diant en droit (« une car­rière avor­tée que je ne re­grette ab­so­lu­ment pas »), ce fan dé­cla­ré de Paul New­man et Steve Mc­queen a une voix tra­vaillée au whis­ky mal­té. Et un vrai don de chan­teur, qu’il a ex­ploi­té dans une ver­sion ré­cente du Fan­tôme de l’opé­ra. Et sur­tout, c’est un type vrai­ment drôle, avec un don pour les anec­dotes co­casses. « C’est l’autre as­pect de mon ca­rac­tère écos­sais ! Ce cô­té un peu en­fan­tin, cette ma­lice… Les Écos­sais ont énor­mé­ment d’hu­mour, ça leur per­met de te­nir dans les si­tua­tions dé­li­cates ! » Et de ra­con­ter la fois où, au ma­riage de sa soeur, as­sis toutes jambes écar­tées au pu­pitre pour son dis­cours, il avait ou­blié qu’il por­tait… un kilt. _ SÉVERINE PIERRON

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