Com­ment se neu­ro-boos­ter ?

Pour être heu­reux (et pas seule­ment ef­fi­cace au tra­vail), il faut ac­ti­ver son cer­veau. GQ a de­man­dé des ex­pli­ca­tions à Er­wan De­veze, co­au­teur de « Neu­ro-boos­tez vos équipes ! Ti­rez pro­fit des neu­ros­ciences au tra­vail ».

GQ (France) - - Intelligence -

Que si­gni­fie se neu­ro-boos­ter ?

Notre so­cié­té s’est construite au­tour du prin­cipe que les réus­sites pro­fes­sion­nelles étaient sy­no­nymes de bon­heur, ce qui est un leurre. Si­non, com­ment ex­pli­quer le ni­veau de stress pro­fes­sion­nel ? Il faut in­ver­ser cette lo­gique : c’est bien l’épa­nouis­se­ment per­son­nel qui ap­porte la réus­site. « Se neu­ro-boos­ter » consiste ain­si à mieux connaître et prendre soin de son cer­veau qui est une ma­chine ex­tra­or­di­naire, mais fra­gile et mal­trai­tée en per­ma­nence.

Com­ment faire pour aug­men­ter ses ca­pa­ci­tés neu­ro­nales ?

Rien n’est fi­gé, notre cer­veau se trans­forme en per­ma­nence, on parle de neu­ro­plas­ti­ci­té. Des ac­tions simples au quo­ti­dien mo­di­fient le fonc­tion­ne­ment, mais aus­si la struc­ture de notre cer­veau, que ce soit le sport, l’ali­men­ta­tion, le som­meil, la re­la­tion aux autres. Ce sont au­tant de le­viers per­met­tant d’aug­men­ter ses ca­pa­ci­tés cé­ré­brales. La re­cherche du calme en est un autre. En ap­pre­nant à res­pi­rer pro­fon­dé­ment du­rant 5 mi­nutes ma­tin, mi­di et soir, vous ac­ti­ve­rez votre cer­veau par le biais du sys­tème ner­veux au­to­nome et di­mi­nue­rez ain­si votre taux de cor­ti­sol dans le sang (hor­mone du stress), aug­men­te­rez vos ni­veaux de do­pa­mine, sé­ro­to­nine, DHA, et dé­fenses im­mu­ni­taires. C’est ce que l’on ap­pelle la co­hé­rence car­diaque. Après quelques se­maines, vous se­rez plus épa­noui, créa­tif et ré­sis­tant. Seule contrainte, il faut pra­ti­quer de fa­çon ré­gu­lière pour ob­te­nir des ef­fets me­su­rables.

N’est-ce pas une vi­sion trop ins­tru­men­tale de l’homme, proche de la ma­ni­pu­la­tion ?

C’est l’in­verse : la connais­sance est le meilleur rem­part contre les ins­tru­men­ta­li­sa­tions. Nous de­vons nous « ré­ap­pro­prier notre cer­veau » pour être plus heu­reux, mais aus­si pour évi­ter que d’autres ne le fassent.

(Édi­tions EMS, sor­tie le 12 jan­vier 2017)

On a dit ac­ti­ver son cer­veau, pas son smart­phone, comme Ed­die Mur­phy dans Mille mots ( 2012).

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