Mu­sique.

Après une aven­ture en so­lo, un nou­veau Blur et une co­mé­die mu­si­cale, Da­mon Al­barn sort le cin­quième al­bum de Go­rillaz. Les guests de luxe et les singes ani­més sont tou­jours là, et l’an­glais est tou­jours drôle.

GQ (France) - - Sommaire - Par To­ma Cla­rac

Da­mon Al­barn : « Brexit ou Brit­pop, je ne sais pas ce qui est le pire. » Sé­rie. Ré­vi­sez Twin Peaks avant son grand re­tour ! Soft po­wer. Mème pas peur, com­ment ti­rer par­tie des ré­pliques vi­rales.

DA­MON AL­BARN n’est pas to­ta­le­ment dans son as­siette quand on le re­trouve fin mars dans un pa­lace non loin de la place Ven­dôme où il as­sure la pro­mo de

Hu­manz, nou­vel al­bum de Go­rillaz. Il a dé­bar­qué de New York le ma­tin même et en­chaî­né les in­ter­views toute la jour­née. Il est in­quiet pour sa fille ado­les­cente qui or­ga­nise une soi­rée dans sa mai­son « plu­tôt grande » à Londres en l’ab­sence de ses pa­rents, et s’agace gen­ti­ment contre sa ma­na­geuse qui a mis du lait dans son thé au ci­tron – une hé­ré­sie, à voir sa mine dé­con­fite. Mais ces pe­tits tra­cas n’en­tament en rien une hu­meur jo­viale qui l’amène à com­men­ter son ac­tua­li­té et celle du monde avec une ma­lice conta­gieuse. GQ. À la soi­rée des hommes de l’an­née GQ l’an der­nier à Pa­ris, vous avez de­man­dé à ren­con­trer Jean-mi­chel Jarre. Pour­quoi ? DA. Parce que c’est Jean-mi­chel p… de Jarre ! Oxy­gen est un des pre­miers disques de syn­thé que j’ai eu – oui, je suis as­sez vieux. C’était un truc énorme, du ni­veau de Thril­ler ou presque. On s’ima­gine as­sez mal au­jourd’hui. On s’en­tend su­per bien de­puis cette soi­rée. Quand j’étais sur scène l’autre jour avec Jarre, Jen­ny Beth du groupe Sa­vages et Noel Gal­la­gher, pour lan­cer la sor­tie de Hu­manz, j’ai dû me pin­cer pour le croire. Et quand on est un geek des cla­viers comme moi, son stu­dio c’est comme le mu­sée du Louvre, mais sans la queue et avec le droit de tou­cher ! GQ. Avant d’en­re­gis­trer Hu­manz, vous avez de­man­dé à vos col­la­bo­ra­teurs d’ima­gi­ner que Trump était pré­sident… DA. Oui, c’était un truc d’am­biance. À l’époque, je le per­ce­vais comme un es­prit mal­veillant et je voyais l’al­bum comme un truc as­sez sombre. Mais je ne vou­drais sur­tout pas que Trump hante le disque main­te­nant qu’il a été élu. GQ. Avez-vous aus­si évo­qué le Brexit ? DA. Di­sons que le disque est as­sez amé­ri­cain en termes d’in­fluences et d’in­vi­tés. Mais ça ne m’em­pêche pas de ba­lan­cer des trucs sur ma té­lé quand je re­garde les chaînes d’in­fos an­glaises. Tout le vote est bâ­ti sur un men­songe. Ne me par­lez plus du Brexit ! Par­lez-moi plu­tôt de Brit­pop, même si je ne sais pas trop ce qui est le pire ! GQ. Le Brexit et la Brit­pop ? DA. Oui ! D’ailleurs heu­reu­se­ment que la Brit­pop n’est pas ve­nue après le Brexit, parce que là ça au­rait car­ré­ment été un truc d’ex­trême droite. En tout cas, j’es­père que vous n’al­lez pas faire la même er­reur… GQ. Hu­manz a un cô­té as­sez noir et en même temps vous lan­cez des ap­pels à la révolte, comme ce « We Got the Po­wer » en­ton­né comme un man­tra… DA. Oui, et c’est un mor­ceau qui ar­rive à la fin du disque, ce qui a son im­por­tance. La par­ti­ci­pa­tion du rappeur D.R.A.M. et de Jen­ny Beth l’ont ren­du viable. Parce qu’au dé­but, il n’y avait que Noel Gal­la­gher et moi. Si la chan­son était res­tée en l’état, elle au­rait vrai­ment eu l’air d’un hymne pour le Brexit. GQ. Cette idée de groupe vir­tuel qui a par­ti­ci­pé de la fon­da­tion de Go­rillaz est-elle en­core per­ti­nente après toutes ces an­nées ? DA. La di­men­sion vir­tuelle fait tou­jours sens à mon avis. Il suf­fit de voir tout ce qu’on peut faire sur le Web avec des per­son­nages de car­toon. Je ne suis pas très im­pli­qué dans cette par­tie ce­la dit. La tech­no­lo­gie n’a ja­mais trop été mon truc. Re­gar­dez ( il montre

son No­kia 3310, ndlr) : on ne peut pas faire grand-chose avec ça à part jouer à Snake… GQ. Vous avez un ipad quand même, sur le­quel vous com­po­sez par­fois…

DA. Oui, mais je n’ai au­cun compte des­sus. J’ai juste Ga­ra­ge­band. À part ça, je peux en­voyer des mails et sur­tout re­gar­der de la por­no­gra­phie sur In­ter­net. Je plai­sante. Je re­garde le foot à la té­lé et avec les bons ré­sul­tats de Chel­sea, je vis vrai­ment une grande an­née ! Mais le mieux, c’est de re­gar­der Ar­se­nal. Qu’est-ce qu’on aime Wen­ger du cô­té de Chel­sea !

Crise de la qua­ran­taine : Da­mon Al­barn a ou­blié de prendre sa gui­tare pour faire la manche dans les rues de Londres.

Hu­manz, de Go­rillaz (Par­lo­phone/war­ner), dis­po­nible.

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