HIS­TOIRE Une fiche tech­nique par mois pour briller en so­cié­té. Ce mois- ci, la ré­vo­lu­tion d’oc­tobre.

Chaque mois, la ré­dac­tion vous pro­pose une fiche tech­nique pour briller en so­cié­té. Cette fois, la ré­vo­lu­tion russe de 1917.

GQ (France) - - Sommaire - Par Étienne Me­nu Illustration Gambineri

1. La deuxième ré­vo­lu­tion de l’an­née

En fé­vrier 1917, un pre­mier sou­lè­ve­ment pro­voque l’ab­di­ca­tion du tsar Ni­co­las II et la for­ma­tion d’une co­ha­bi­ta­tion – qu’on de­vine peu se­reine – entre un gou­ver­ne­ment pro­vi­soire bour­geois et un ré­seau de conseils po­pu­laires, les so­viets, do­mi­né par les bol­che­viks de Lé­nine et Trots­ki. Ces der­niers pro­fitent des va­cances d’été pour fo­men­ter une bonne pe­tite in­sur­rec­tion de ren­trée, à Pe­tro­grad, ren­ver­ser le gou­ver­ne­ment en place et don­ner ( en prin­cipe) « tout le pou­voir aux so­viets » .

2. Un coup d’état, pé­pouze…

Dans la nuit du 25 oc­tobre, les gardes rouges prennent le contrôle de Pe­tro­grad et de son pa­lais d’hi­ver ( où siège le gou­ver­ne­ment pro­vi­soire) sans se voir op­po­ser de réelle ré­sis­tance : l’évé­ne­ment est plu­tôt bien vu par la po­pu­la­tion comme par l’ar­mée, et, s’il ne sur­prend per­sonne, c’est qu’il a été ré­pé­té quelques jours plus tôt ! Les com­merces res­tent ou­verts, les tran­sports fonc­tionnent et on conti­nue de jouer sur les scènes des théâtres.

3. Tout le pou­voir aux rouges

Les bol­che­viks dé­cident de la faire à l’en­vers aux autres par­tis de gauche ( men­che­viks, so­cia­listes- ré­vo­lu­tion­naires) aux cô­tés des­quels ils sié­geaient pour im­po­ser leur pou­voir, ho­mo­gène et au­to­ri­taire. Ils cen­surent la presse « contre- ré­vo­lu­tion­naire » et mettent en place, en dé­cembre, une po­lice po­li­tique, la Tche­ka, qui sur­veille et fait taire tous ceux qui res­tent du­bi­ta­tifs face à la dic­ta­ture du pro­lé­ta­riat.

4. C’est pas tout ça, mais on a une guerre à ter­mi­ner...

Rap­pe­lons que l’eu­rope est alors en guerre de­puis 1914 et que la Grande Rus­sie n’en mène pas large face à des forces al­le­mandes plus mo­dernes et mieux équi­pées que ses troupes. La crise éco­no­mique est in­tense et le cli­mat social ex­plo­sif chez les ou­vriers et les pay­sans, mais pas for­cé­ment au pro­fit des bol­che­viks, qu’ils ne sou­tiennent pas tou­jours se­lon les ré­gions. La ré­vo­lu­tion va donc ne faire qu’in­ten­si­fier la zi­za­nie na­tio­nale.

5. … et un conflit civil à gé­rer !

Fin 1917 éclate, par- des­sus le mar­ché, une guerre ci­vile qui op­pose à une Ar­mée rouge, fraî­che­ment mon­tée, des Ar­mées « blanches » tsa­ristes créées sur les cendres de l’ar­mée im­pé­riale. Parce qu’ils sont ter­ro­ri­sés par le bol­che­visme et croient même que Lé­nine est un « agent des Boches » , les Al­liés sou­tiennent les Russes blancs – les­quels, après leur dé­faite, fui­ront d’ailleurs en France ou en An­gle­terre et noie­ront leur cha­grin dans un mé­lange de lait, de vod­ka et de li­queur de ca­fé.

6. Tout ça pour faire des com­pro­mis…

En 1920, une fa­mine dé­vas­ta­trice fait cinq mil­lions de morts dans l’en­semble du ter­ri­toire. Après plu­sieurs an­nées d’un com­mu­nisme sans conces­sion mais vi­si­ble­ment peu adap­té à l’état de la so­cié­té et de l’économie russes, Lé­nine dé­cide de mettre un peu d’eau dans sa Zu­brow­ka en lan­çant la Nou­velle po­li­tique éco­no­mique, qui in­jecte de pe­tites doses de ca­pi­ta­lisme dans l’équa­tion – ce­la va­lait bien la peine de mettre le pays à feu et à sang !

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