SPORT Entre tennis et squash, le pa­del est le nou­veau jeu de ra­quettes ten­dance.

Plus fa­cile que le tennis, moins phy­sique que le squash, le pa­del est un sub­til jeu de ra­quettes qui se ré­vèle ins­tan­ta­né­ment lu­dique et ad­dic­tif. PRÈS DEUX HEURES de pra­tique sur le court cen­tral du Casa Pa­del de SaintDe­nis, la plus grande struc­ture in­do

GQ (France) - - Sommaire - Par Jé­ré­my Pa­trel­le_ Illustration Fran­çois Cha­pe­ron

UN JEU ( AS­SEZ) SIMPLE

In­ven­té au Mexique à la fin des an­nées 1960 et exporté à Mar­bel­la dans les an­nées 1970, le pa­del mé­lange tennis et squash. Il se joue à quatre ( deux contre deux) sur un ter­rain de 10 × 20 mètres com­pre­nant des car­rés de ser­vice et en­tou­ré de pa­rois de verre et de grillages d’une hau­teur mi­ni­male de 3 mètres ( voir sché­ma ci- des­sus). Le ter­rain est sé­pa­ré en deux par un fi­let. Chaque équipe doit en­voyer la balle par- des­sus le fi­let dans les li­mites du court et dis­pose d’un re­bond pour la ren­voyer de l’autre cô­té. Même s’il faut s’ha­bi­tuer à cer­taines sub­ti­li­tés – ajus­ter le pla­ce­ment du corps pour re­prendre une balle ayant re­bon­di sur une pa­roi, vi­ser le grillage plu­tôt que la vitre après le re­bond pour don­ner à la balle une tra­jec-

toire plus dif­fi­cile à contrô­ler pour l’ad­ver­saire, se ser­vir des pa­rois la­té­rales et de celles du fond pour ren­voyer la balle, etc. – rien ne per­turbe vrai­ment notre cer­veau. Au contraire, ce der­nier cherche vite à nous faire réa­li­ser les coups les plus am­bi­tieux ( et vi­cieux). En­fin, les points se comp­ta­bi­lisent comme au tennis ( 15, 30, 40, etc.).

UN SPORT ( VRAI­MENT) AC­CES­SIBLE

« Le pa­del est fa­cile à ap­prendre et à pra­ti­quer, af­firme Fa­bien Mo­rane, co­fon­da­teur de la Casa Pa­del de Saint- De­nis. Ceux qui ont fait du tennis et du squash sont opé­ra­tion­nels tout de suite. Comme ceux dont l’ex­pé­rience se ré­sume à une par­tie de tennis de plage ! » Mais pour­quoi est- ce si fa­cile ? « La ra­quette ré­pond Fa­bien Mo­rane. À la dif­fé­rence du tennis et du squash, celle du pa­del n’a pas de cor­dage, ce qui per­met au joueur de maî­tri­ser plus pré­ci­sé­ment la balle. » Pas de cor­dage, donc, mais des cadres en gra­phite ou en fibre de car­bone qui en­tourent une sur­face de frappe en gomme ajou­rée. Épaisse ( 3,8 cm), ro­buste et lé­gère ( 370 g), la ra­quette per­met de va­rier les plai­sirs – coups puis­sants, slices, smashs, lobs – sans trop sol­li­ci­ter le bras.

UN MO­MENT ( TRÈS) COL­LEC­TIF

Le pa­del se joue seule­ment à quatre. « Ce­la per­met aux échanges de du­rer, in­dique Fa­bien Mo­rane. D’au­tant que la balle, de taille qua­si iden­tique à celle du tennis, bé­né­fi­cie de 20 % de pres­sion en moins. Elle re­bon­dit donc moins et reste dans l’aire de jeu plus long­temps. À un contre un, sur un ter­rain de 10 mètres par 20, le pa­del a peu d’in­té­rêt. » Pour op­ti­mi­ser la qua­li­té de jeu, une étroite communication entre les joueurs d’une même équipe est es­sen­tielle. Tout au long d’un point, le duo al­terne mon­tées au fi­let et re­tours en fond de court. Le quin­conce étant l’en­ne­mi du pa­del, il faut se syn­chro­ni­ser.

UN EF­FORT ( RE­LA­TI­VE­MENT) ME­SU­RÉ

« L’avan­tage, c’est que tu peux jouer sans trop bou­ger ! » À 54 ans, le ten­nis­man Hen­ri Le­conte n’a plus ses jambes d’an­tan mais il s’éclate au pa­del. Très in­ves­ti, il a ou­vert des ter­rains en France via sa struc­ture HL Pa­del Club ; il a réa­li­sé une gamme de ra­quettes avec la marque Royal Pa­del et lan­ce­ra une col­lec­tion de vê­te­ments cet au­tomne. Mal­gré des courses ré­pé­tées d’avant en ar­rière, le pa­del se ré­vèle moins car­dio que le squash et exige moins d’en­du­rance que le tennis. Il offre aus­si un ter­rain de jeu plus souple : la mo­quette à pi­cots re­cou­verte de sable est moins trau­ma­ti­sante pour les ar­ti­cu­la­tions et per­met de glis­ser comme sur la terre bat­tue. « Si tu n’es plus, ou pas au ni­veau en tennis, tu sais ce qu’il te reste à faire ! » conclut- il.

UNE PRA­TIQUE ( PRESQUE) ABOR­DABLE

La hau­teur sous pla­fond né­ces­saire ( 6 mètres) et les coûts de construc­tion ( de 25 000 à 40 000 eu­ros) li­mi­taient le dé­ve­lop­pe­ment des courts de pa­del en France. Au­jourd’hui, entre ceux que les clubs de tennis créent en trans­for­mant leurs courts peu uti­li­sés et les clubs dé­diés qui s’ouvrent aux portes des grandes villes, on dé­nombre près de 400 ter­rains pour 20 000 joueurs re­cen­sés se­lon Syl­vie Hette de la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de tennis – dont dé­pend le pa­del. Les prix va­rient d’un en­droit à un autre en fonc­tion du prêt de ra­quette ou de la fac­tu­ra­tion de l’éclairage ( en out­door) : 3 à 7 eu­ros de l’heure par per­sonne en heures creuses, le double en heures pleines ( 12-14 h, 17 h 3020 h). Mais c’est si bon que nous op­te­rons sans hé­si­ter pour l’abon­ne­ment an­nuel !

Le ter­rain : 20 × 10 mètres. Le « car­ré » de ser­vice : 7 × 5 mètres ; 3 mètres entre la fin du car­ré de ser­vice et la pa­roi en verre. Le fi­let : hau­teur à 0,88 cm au centre et à 0,92 cm aux ex­tré­mi­tés. 1,66 m de large pour l’ouverture du ter­rain, soit 0,83 m de chaque cô­té. La pa­roi de verre en fond de court : 3 mètres de hau­teur + 1 mètre de grillage au­tour. Le grillage et le pla­fond : 3 et 6 mètres de hau­teur. LE TER­RAIN

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