SCOTT OSTER : “PRA­TI­QUER LE SKATE M’A REN­DU SEN­SIBLE À LA FORME DES OB­JETS”

Membre du pre­mier crew de ska­teurs à Los An­geles, Scott Oster a pu re­ni­fler l’ur­ba­ni­té. Et c’est ce qui l’a me­né au de­si­gn.

GQ (France) - - Culture - Par Étienne Me­nu

C’est une lé­gende dis­crète. Scott Oster, 48 ans, a ri­dé sa pre­mière planche à rou­lettes à 6 ans, alors que la culture skate ca­li­for­nienne émer­geait tout juste dans la deuxième moi­tié des an­nées 1970. Il se fait des amis un peu plus vieux que lui, no­tam­ment les membres des Z- Boys, dé­jà pi­liers d’une scène qui, à Los An­geles, se construit entre la plage et les concerts punk. Pas­sé pro à l’ado­les­cence, il dé­ve­loppe à force d’ar­pen­ter la ville sur son skate un rap­port très in­tense au mo­bi­lier urbain et à l’es­pace pu­blic. Si bien qu’il s’im­pro­vise de­si­gner et cu­ra­teur en marge de sa car­rière spor­tive. Au­jourd’hui, il signe pour l’ex­po­si­tion « Los An­geles Rive gauche » du Bon Mar­ché une énorme rampe, un full pipe aux formes mo­der­nistes. On lui a de­man­dé de par­ler des choses qui, à ses dé­buts, ont fait de lui ce qu’il est de ve­nu.

LE SURF À VENICE BEACH

« Le skate n’au­rait pas eu ce des­tin sans les sur­feurs. Pour nous qui vi­vions à Los An­geles, le skate était comme du surf, mais sur du bi­tume. On imi­tait les mou - ve­ments des mecs dans les vagues, et beau­coup de sur­feurs étaient aus­si sk ateurs. C’est à Venice Beach que tout ça a pris forme – c’était l’en­droit idéal pour ri­der. On y croi­sait aus­si des membres de gangs qui fai­saient leurs af­faires, et pas mal de jo­lies filles. »

RI­CHARD NEUTRA ET FRANK LLOYD WRIGHT

« J’ai très tôt été in­té­res­sé par la forme des ob­jets de notre quo­ti­dien. Le skate m’a ren­du en­core plus sen­sible à ce­la car quand on tra­verse la ville sur une planche, on en­vi­sage les construc­tions en fonc­tion de ce qu’on va en faire : est- ce que je peux glis­ser sur cette rampe ou c e mu­ret ? Je me suis plon­gé dans tout ça, et il se trouve que les deux maîtres en la ma­tière ont beau­coup travaillé en Ca­li­for­nie : ce sont Ri­chard Neutra et Frank Lloyd Wright, dont la Fal­ling­wa­ter House reste un mo­dèle ab­so­lu. »

LE PUNK ET JAMES BROWN

« Les ska­teurs écou­taient du punk jus­qu’au mi­lieu des an­nées 1980, et moi aus­si, que ce soit De­vo, The Clash ou Black Flag. Puis le rap est ar­ri­vé, et à force de cher­cher les sources des samples dans les mor­ceaux D’EPMD ou d’eric B. & Ra­kim, j’ai fi­ni par ache­ter plein de vieux vi­nyles de soul, de jazz, de tout ce qu’on ap­pe­lait les “rare grooves” dans les ni­ne­ties. Je sui s même de­ve­nu DJ, c’était mon ga­gne­pain. Mon disque de ré­fé­rence, c’est Fun­ky People de James Brown : ses mor­ceaux ont tous été sam­plés mille fois. »

MON BLOUSON DOGTOWN

« Il a été fa­bri­qué pour les membres de l’équipe uni­que­ment, vers 1985. C’est un ob­jet sa cré, je ne m’en sé­pa­re­rai ja­mais ! »

Danse contem­po­raine ? Non, « juste » un bon vieux trick de skate.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.