Tho­mas Plan­ten­ga, le roi de la fripe 2.0

Le PDG du site de re­vente Vin­ted pri­vi­lé­gie le ser­vice gra­tuit et at­tire de plus en plus d’hommes grâce à l’ex­plo­sion du mar­ché de la snea­ker.

GQ (France) - - Business - Par Gé­ral­dine Sar­ra­tia

BALENCIAGA, Guc­ci, Versace, Vuit­ton... les marques de luxe in­vest issent le mar­ché de la bas­ket. Dé­sor­mais vé­ri­table mar­queur so­cial et ob­jet de convoi­tise, on la dé­niche par­fois sur des sites de « se­conde main » , comme Vin­ted, le lea­der en la ma­tière. Croi­se­ment d’un ré­seau so­cial et du Bon Coin, en­tiè­re­ment gra­tuit, il compte 21 mil­lions de membres et voit ses ventes aug­men­ter chaque mois de 230 %. Ini­tia­le­ment des­ti­né à un pu­blic fé­mi­nin, le site at­tire au­jourd’hui de plus en plus d’hommes jus­te­ment dé­si­reux de trou­ver la perle rare de la snea­ker. Le PDG Tho­mas Plan­ten­ga dé­cor­tique ce suc­cès.

À VOTRE AR­RI­VÉE CHEZ VIN­TED, EN 2016, VOUS AVEZ REN­DU LE SITE TO­TA­LE­MENT GRA­TUIT. POUR­QUOI CE CHAN­GE­MENT ?

« À ses dé­buts en 2008, Vint ed était gra­tuit. Il a gros­si et les in­ves­tis­seurs ont de­man­dé un mo­dèle proche de ce­lui d’ebay, avec com­mis­sion sur les v entes. Ce­la fai - sait fuir nos uti­li­sa­teurs et ne nous per­met­tait pas d’éta­blir de r ela­tion du­rable. J’ai tou­jours construit des mo­dèles gra­tuits, que j’ai mo­né­ti­sés. En ar­ri­vant chez Vin­ted comme consul­tant, j’ai fait pa­reil et fa­vo­ri­sé le cô­té ré­seau so­cial. Ce­la a mar­ché au- de­là de nos es­pé­rances. »

EST- CE QU’UNE DES EXPLICATIONS À LA CROIS­SANCE DE VIN­TED EST LA PERTE DE VI­TESSE DE LA FAST FA­SHION ?

« Oui, les gens ne veulent plus gas­piller, consom­mer pour consom­mer – c’est contraire à l’éthique contem­po­raine. La du­ra­bi­li­té va de­ve­nir fon­da­men­tale. »

QUEL EST LE POURCENTAGE D’HOMMES PAR­MI LES UTI­LI­SA­TEURS ?

« Il aug­mente et re­pré­sente au­jourd’hui un peu plus de 20 %. Mal­gré des col­lec­tions uni­sexe ou gen­derf luid, la mode reste un uni­vers gen­ré... »

L’EX­PLO­SION DE LA SNEA­KER A-T- ELLE CHAN­GÉ LA DONNE ?

« Oui, la bas­ket a une va­leur sym­bo­lique forte. Sur­tout, la re­la­tion que les hommes en­tre­tiennent avec la mode change peu à peu. Ils s’ouvrent à la beau­té. »

Si le site Vin­ted est gra­tuit ( pas de com­mis­sions), les ven­deurs, eux, font flam­ber les prix.

Tho­mas Plan­ten­ga, 32 ans.

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