“Ça de­vient presque un acte de ré­sis­tance de man­ger du Pot-au-feu ”

Même si elle a ré­duit sa consom­ma­tion de viande, la co­mé­dienne de La ven­geance aux yeux clairs (TF1) et fille de Pa­trick De­waere, n'en peut plus des cen­seurs et in­voque son droit à man­ger du pot-au-feu aux lé­gumes d'hi­ver…

Grand Seigneur - - Dossier - En­tre­tien : Oli­vier Mal­nuit

Lo­la De­waere, êtes-vous une Fille à cô­te­lettes (bou­lettes, gi­gots, en­tre­côtes, etc) ?

L.D. : Oui, parce que même si j'en mange moins, je trouve qu'il y a une vraie sen­sua­li­té dans les viandes, spé­cia­le­ment celles ro­sées à coeur, avec de la ten­dresse et du fon­dant. J'aime les car­pac­cios parce que la viande est fi­ne­ment cou­pée, les grillades parce que c'est une main joyeuse et ten­due, les bar­be­cues parce qu'on peut y boire un coup, voire plus, et ren­con­trer des gens bien, l'épaule d'agneau de ma grand-mère, rô­tie au four avec de l'ail et la peau bien crous­tillante, parce que ça me rap­pelle mon en­fance, même si je peux avoir un cô­té « gnan-gnan » avec les pe­tits ani­maux. Mais sur­tout, j'aime trop les pots-au­feu (voir pho­to*), les rum­stecks, les tour­ne­dos, les rô­tis au poivre frais, les Cha­teau­briand aux mo­rilles, les gi­gots fla­geo­lets, les tour­ne­dos Ros­si­ni, les bou­lettes de boeuf à la co­riandre, les en­tre­côtes maître d'hô­tel (et leurs pe­tites soeurs mar­chand de vin), et je pense que le corps hu­main en a (un peu) be­soin. Qu’est ce qui vous fas­cine tant dans les viandes ?

L.D. : La li­ber­té ! Celle qui, même dans un élan de consom­ma­tion res­pon­sable, consiste à pas­ser outre les in­can­ta­tions et les dis­cours de mo­rale, qui voudraient nous mettre au pi­lo­ri, parce qu'on a osé trem­per sa four­chette dans le gras du faux­fi­let et bu le jus de cuis­son du Pa­le­ron ou du Flan­chet. Qu'on nous foute la paix ! On est om­ni­vores de­puis la nuit des temps, ce n'est pas pour faire ma ré­ac' à deux balles, mais les gens qui nous pointent du doigt parce qu'on vient de se ta­per un pa­vé au poivre, c'est du grand n'im­porte quoi ! Ca de­vient presque un acte de ré­sis­tance de man­ger car­né au­jourd'hui. J'ai des co­pines ve­gan qui virent li­mite ter­ro­ristes, sur les bords, et elles ne sont pas les seules. La fat­wa sur les man­geurs de viandes, c'est la nou­velle hy­po­cri­sie des ré­seaux so­ciaux. On n'ose­rait presque plus po­ser en pho­to avec une en­tre­côte, par peur de se faire lyn­cher. Moi, je me fou­nis chez le bou­cher et j'ai beau­coup de res­pect pour ces agriculteurs qui élèvent leurs bêtes et les bouffent après. C'est pa­ra­doxal, mais je crois que cer­taines per­sonnes voient les ani­maux comme des pe­luches qu'il ne fau­drait pas man­ger. Alors que les éle­veurs font, pour la plu­part, un vrai mé­tier d'amour in­jus­te­ment dia­bo­li­sé. Si la viande était un homme… L.D. : Alors, au­tant dans la vie, ma came c'est un mec as­sez sec, plu­tôt mus­clé et sec, mais ce n'est pas très bon à man­ger. Comme j'aime plu­tôt la viande rouge et moel­leuse, on par­ti­rait plus sur un mec rond, mais un mec rond en 2018... à part Fran­çois Hol­lande, je ne vois pas. Le pro­blème, c'est que ça n'irait pas en rô­ti. Que faire ? Je m'in­ter­roge… * Jar­ret de boeuf avec os, poi­reaux, pommes de terre, oi­gnons, ca­rottes, thym, lau­rier, sel et poivre, do­ré en co­cotte puis cuit en pe­tit bouillon pen­dant deux heures. Ser­vi avec du pain grillé pour éta­ler la moelle, ain­si que du gros sel et des cor­ni­chons

La co­mé­dienne Lo­la De­waere (La ven­geance aux yeux clairs, TF1) et son Pot-au-feu de lé­gumes de prin­temps, pré­pa­ré par le chef Laurent Za­jac du res­tau­rant Maxan (Pa­ris 8è).

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.