Seat­tle

L'AMÉ­RIQUE COMME NOUS L'AI­MONS

Grands Reportages - - La Une - TEXTE DA­NIELLE TRAMARD - PHO­TOS FRÉ­DÉ­RIC REGLAIN

Des Amé­ri­cains de plus en plus nom­breux ont choi­si de vivre à Seat­tle. À ce­la, des mo­tifs bien dé­fi­nis : un goût mar­qué pour l’in­no­va­tion, une curiosité cultu­relle avé­rée, un cadre somp­tueux do­mi­né par l’om­ni­pré­sence du Pa­ci­fique et un en­vi­ron­ne­ment ma­jes­tueux – la pé­nin­sule Olym­pique –, mais aus­si poé­tique – l’île de San Juan – qui lui ont va­lu le titre de « meilleu­re­gran­de­vil­le­desÉ­tats-Unis­pour­la­qua­li­té­de­vie ».

C’est le se­cret le mieux gar­dé de l’Amé­rique. Ex­cen­trée et at­ti­rante, dé­bar­ras­sée des codes de l’Est, elle s’adonne à la recherche avec une grande li­ber­té in­tel­lec­tuelle. Rus­tique, elle comble les adeptes de vie en plein air, sou­cieux de bien-être. Ne s’est-elle pas do­tée, de­puis 1978, de l’uni­ver­si­té Bas­tyr, en­sei­gnant les mé­de­cines al­ter­na­tives oc­ci­den­tales et orien­tales ? L’État de Washington, dont Seat­tle est la plus grande ville, la ca­pi­tale étant Olym­pia, réunit, sur un es­pace géo­gra­phique li­mi­té, plages, prai­ries et fo­rêts al­pines, fo­rêt plu­viale, dé­sert, vi­gnobles et vol­cans. Par­tout, la ma­gie de l’eau, le Pa­ci­fique dé­cou­pant la côte. Le ca­pi­taine eu­ro­péen George Van­cou­ver vint en 1792. La ville épo­nyme, ca­na­dienne, n’est qu’à 200 km, 2 heures et de­mie de route. Glis­sons en pas­sant que le dé­troit de Pu­get porte le nom du deuxième lieu­te­nant de Van­cou­ver, l’île de Bain­bridge,

en face de Seat­tle, ce­lui du troi­sième, et les mon­tagnes de l’État les pa­tro­nymes de ses amis qui ex­plo­rèrent la ré­gion : les monts Rai­nier, Saint-He­lens, Ba­ker, Adams… Les tri­bus in­diennes éta­blies sur la côte par­laient une langue com­mune, le sa­lish. Mer in­té­rieure, la mer de Sa­lish leur rend hom­mage. Du dé­troit de San Juan de Fu­ca et des îles de San Juan, elle re­monte jus­qu’en Co­lom­bie bri­tan­nique, au Ca­na­da, contour­nant l’île de Van­cou­ver. Le bras de mer nom­mé Pu­get Sound (dé­troit de Pu­get) baigne Seat­tle et El­liott Bay, le front de mer. Un cor­don ma­rin re­lie les lacs in­té­rieurs – le lac Washington et ses 40 ki­lo­mètres de long, le lac Union… – à l’océan. L’ori­gine de Seat­tle est ré­cente. Des Amé­ri­cains ve­nus de l’Il­li­nois dé­couvrent que le fond de la baie, pro­fond et abri­té, fe­rait un port idéal. En 1852, ils éta­blissent un vil­lage pres­sen­tant que, à équi­dis­tance de l’Orient et de San Fran­cis­co, il connaî­trait un dé­ve­lop­pe­ment com­pa­rable à ce­lui de New York sur la côte Est. Se pose alors le pro­blème du nom. Le chef in­dien ac­cepte de don­ner le sien, Sealth, qui de­vien­dra Seat­tle. En 1896, la ruée vers l’or du Klon­dike au Ca­na­da, in­tense mais brève, s’ache­va trois ans plus tard. Comme il fal­lait em­por­ter un an de pro­vi­sions, les com­mer­çants de Seat­tle s’en­ri­chirent. Au pre­mier chef, Jo­han W. Nord­ström, un im­mi­gré Nor­vé­gien de­ve­nu pros­pec­teur. Il fit for­tune et fon­da le grand ma­ga­sin qui porte son nom. En 1889, un in­cen­die dé­truit en­tiè­re­ment le « vil­lage de Seat­tle ». Re­cons­truit, son dé­ve­lop­pe­ment peut com­men­cer. En 1916, William Boeing, un in­gé­nieur qui avait fait for­tune dans le bois, as­semble son pre­mier hy­dra­vion, sur­nom­mé « na­vire vo­lant ». Pen­dant trente ans, Boeing res­te­ra, avec le port, la base de l’éco­no­mie de la ville. Vien­dra en­suite la tech­no­lo­gie avec Bill Gates

Vue par­tielle de Seat­tle, ville très éten­due dont les grat­te­ciel ne doivent pas dé­pas­ser 304 mètres de hau­teur. À droite, la Smith To­wer.

Ce Boeing 777 oc­cupe tout l’es­pace de ce han­gar d’as­sem­blage vi­sible d’un bal­con lors du Boeing Tour.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.