« BON VI­VANT, BELLE MORT »

Grands Reportages - - Édito - TEXTE ET PHO­TOS FRANCK CHAR­TON

Nom­breux sont au­jourd’hui les me­nui­siers gha­néens de ta­lent à ten­ter l’aven­ture du abe­buu ade­kai, ou « cer­cueil pro­ver­bial », qua­li­fié aus­si de per­son­na­li­sé, fi­gu­ra­tif, fan­tai­siste ou fan­tas­tique. Née de la spi­ri­tua­li­té des Ga – ha­bi­tants de la ré­gion du grand Ac­cra, qui consi­dèrent que la mort n’est que la conti­nua­tion de la vie dans l’au­de­là – la cus­to­mi­sa­tion des cer­cueils rem­plit un double but : plaire au dé­funt en lui per­met­tant de conti­nuer son mé­tier ou ac­ti­vi­té fa­vo­rite et, ce fai­sant, at­ti­rer les bonnes grâces sur la fa­mille, puisque les morts sont cen­sés conser­ver toute leur puis­sance d’in­ter­ces­sion au­près des es­prits et des forces oc­cultes. Ap­pa­rus dans les an­nées 1950 au­près des com­mu­nau­tés ru­rales at­ta­chées aux croyances tra­di­tion­nelles, et en par­ti­cu­lier pour les chefs de clan et lea­ders cou­tu­miers, les cer­cueils font au­jourd’hui par­tie in­té­grante des ri­tuels fu­né­raires gha­néens, et consti­tuent de vé­ri­tables oeuvres d’art, mon­trées dans de nom­breux mu­sées et ga­le­ries à tra­vers le monde.

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