LES RÉ­GIMES DIC­TA­TO­RIAUX

Grands Reportages - - Zones Interdites Spécial -

Di­ri­gés par des po­ten­tats souvent is­sus de dy­nas­ties fa­mi­liales, ces pays ignorent les droits de l’homme et im­posent à leur po­pu­la­tion des ré­gimes où la moindre contes­ta­tion est du­re­ment ré­pri­mée. Poin­tés par la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale car ils me­nacent l’équi­libre géo­po­li­tique, ces pays, néan­moins, ne sont pas par­ti­cu­liè­re­ment dan­ge­reux à vi­si­ter.

CORÉE DU NORD

La Corée du Nord est l’un des pays les plus fer­més au monde, et éga­le­ment l’un des moins res­pec­tueux des droits de l’homme. Dans l’ab­so­lu, sé­jour­ner en Corée du Nord ne com­porte pas de risque ma­jeur pour le vi­si­teur, bien que les ten­sions in­ter­co­réennes ré­cur­rentes et les désac­cords di­plo­ma­tiques créent un cli­mat d’in­cer­ti­tude sur le plan po­li­tique et mi­li­taire. C’est le ca­rac­tère ul­tra­ré­pres­sif du ré­gime nord-co­réen qui per­met de clas­ser la Corée du Nord dans les « des­ti­na­tions in­ter­dites ». Le tou­risme – si l’on peut réel­le­ment par­ler de tou­risme – y est par­ti­cu­liè­re­ment en­ca­dré ; seules quelques agences re­con­nues par le gou­ver­ne­ment sont ha­bi­li­tées à or­ga­ni­ser des sé­jours tou­ris­tiques sur le ter­ri­toire. Le tou­risme in­di­vi­duel, lui, est qua­si in­exis­tant. Les voya­geurs sont par­ti­cu­liè­re­ment sur­veillés et les cir­cuits ba­li­sés par les au­to­ri­tés. Quant aux jour­na­listes, ils ne sont pas les bien­ve­nus et doivent ob­te­nir un vi­sa spé­ci­fique qui, en pra­tique, n’est presque ja­mais dé­li­vré.

ERY­THRÉE

L’Ery­thrée est la plus jeune na­tion d’Afrique. In­dé­pen­dante de­puis 1993, elle reste pour­tant mar­quée par la ré­pres­sion et la cri­mi­na­li­té. Le pré­sident Is­sayas Afe­wor­ki, à la tête du pays de­puis plus de vingt ans, concentre tous les pou­voirs. Il mène une po­li­tique au­to­ri­taire, où les li­ber­tés sont for­te­ment en­ca­drées voire in­exis­tantes. L’Ery­thrée oc­cupe d’ailleurs la pre­mière place au clas­se­ment des pays les moins res­pec­tueux de la li­ber­té de la presse, se­lon Reporters Sans Fron­tières. Mais con­trai­re­ment à un pays comme la Corée du Nord, éga­le­ment sous l’em­prise d’un ré­gime dic­ta­to­rial, le vi­si­teur n’est pas en­ca­dré et voyage en Ery­thrée à ses risques et pé­rils. À la re­cru­des­cence de la cri­mi­na­li­té et des actes de ban­di­tisme à l’en­contre des étran­gers s’ajoutent des me­naces pro­fé­rées par des groupes ter­ro­ristes, pour beau­coup as­so­ciés à Al-Qaï­da et à Al-Sha­baab. Les ten­sions ré­cur­rentes entre l’Ery­thrée et ses voi­sins, no­tam­ment l’Éthio­pie, créent un cli­mat d’in­sé­cu­ri­té aux fron­tières et em­poi­sonnent les re­la­tions di­plo­ma­tiques.

TURK­MÉ­NIS­TAN

Bien qu’il soit si­tué dans une zone vul­né­rable, le Turk­mé­nis­tan est re­la­ti­ve­ment pro­té­gé des grou­pe­ments ter­ro­ristes et des bandes ar­mées, en de­hors des zones fron­ta­lières. Le ca­rac­tère in­ter­dit de la des­ti­na­tion ré­side plu­tôt dans la dif­fi­cul­té d’y ac­cé­der que dans le cli­mat sé­cu­ri­taire in­terne. Car le ré­gime dic­ta­to­rial turk­mène est par­ti­cu­liè­re­ment fer­mé, en plus d’être ex­trê­me­ment res­tric­tif en ma­tière de droits de l’homme et de li­ber­té des mé­dias. Of­fi­ciel­le­ment, le tou­risme est au­to­ri­sé dans le pays. Pour­tant, en pra­tique, les for­ma­li­tés d’en­trée dans le ter­ri­toire sont ex­trê­me­ment contrai­gnantes et vite dé­cou­ra­geantes. Ob­te­nir un vi­sa tou­ris­tique ou une lettre d’in­vi­ta­tion re­lève du casse-tête, avec une at­tente par­fois in­ter­mi­nable. Le tou­risme in­di­vi­duel est qua­si in­exis­tant, car il faut obli­ga­toi­re­ment voya­ger avec une agence ou être ac­com­pa­gné d’un guide at­ti­tré pour vi­si­ter le pays.

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Ash­kha­bad, la ca­pi­tale du Turk­mé­nis­tan. Dans les dic­ta­tures, tout est si calme…

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