LE LIEU SAINT DE PHU KHAR DZONG SE­RAIT LE SEUL SITE DE PÈ­LE­RI­NAGE NON CONSTRUIT DU LA­DAKH

Grands Reportages - - Spécial Bouddhisme Ladakh -

se ré­vèle d’abord sombre, la­by­rin­thique et in­ti­mi­dant, puis éthé­ré, ver­ti­cal et lu­mi­neux, presque cos­mique.

Il s’agit d’un « voyage » pour chan­ger de di­men­sion : dans ce lieu de re­traite, de mé­di­ta­tion et d’exer­cices spi­ri­tuels « si­près­desDieux,si­loin­des­hommes » ; sé­journe, à tour de rôle, une poi­gnée d’as­cètes et de yo­gis dé­si­reux de se mettre à l’épreuve. Le ca­nyon dé­marre à 3 600 m, par un es­ca­lier qui longe la fa­laise ta­pis­sée de dra­peaux ( lung­ta, les che­vaux du vent). Puis des ébou­lis raides, ponc­tués de cairns, qui sont au­tant de pierres de ma­ni, ou d’of­frandes des­ti­nées à se conci­lier les fa­veurs des es­prits, tout en en­cou­ra­geant les pè­le­rins à pro­gres­ser vers le haut. Les gorges se res­serrent, le che­min, agréable, longe des saules, avant de re­joindre un point « cha­kra ». Là où Pad­ma Samb­ha­va, plus connu sous le nom de Gu­ru Rin­poche (pré­cieux maître), s’en­vo­la en lévitation et fi­la droit vers la grotte su-

Car Phu Khar Dzong se mé­rite !

pé­rieure, le but de notre ran­don­née. Tra­cé à même le ro­cher, un schéma des « au­to-ap­pa­ri­tions », ou rang­jung, des­sine une carte spi­ri­tuelle in­di­quant les di­verses ma­ni­fes­ta­tions du sa­cré dans l’es­pace : tel trou blanc se­rait une conque (co­quillage ins­tru­ment mu­si­cal de la li­tur­gie boud­dhiste), telle forme en re­lief un Mi­la­re­pa (fa­meux poète ti­bé­tain) en pos­ture du lo­tus, etc. Une géo­man­cie des­ti­née à l’édi­fi­ca­tion du pè­le­rin, qui se pré­pare ain­si men­ta­le­ment au fur et à me­sure qu’il se hisse vers le sanc­tuaire. Jus­te­ment, nous voi­ci dans la par­tie la plus spec­ta­cu­laire, où les pa­rois se rap­prochent, à se tou­cher. On marche, on saute de pierre en pierre au mi­lieu du tor­rent oc­cu­pant tout l’es­pace. Se­lon le ni­veau des eaux, le cor­ri­dor peut vite de­ve­nir très glis­sant, voire pro­blé­ma­tique. De temps à autre, des pe­tits res­sauts suc­ces­sifs sont fran­chis à l’aide d’échelles de bois ou de fer. Via fer­ra­ta ? Non, les pa­rois s’élar­gissent et l’on sort du ca­nyon pour gra­vir une pente très sou­te­nue sur 200 m

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