LE BOUD­DHISME AP­PA­RAÎT COMME UN RE­FUGE DE­VANT LA MI­SÈRE ET LES TOUR­MENTS PO­LI­TIQUES

Grands Reportages - - Spécial Bouddhisme Birmanie -

Les Bir­mans sont tel­le­ment croyants qu’ils­de­vraient­tou­sa­voi­run­troi­sième oeil­sur­le­fron­tet­de­so­reille­saux­lobes al­lon­gés! » plai­sante Ashin Nan­da Thi­ri, un jeune no­vice fa­cé­tieux, en fai­sant ré­fé­rence aux trente-deux marques nobles du Boud­dha. Au coeur d’une Asie par­ti­cu­liè­re­ment re­li­gieuse, la Birmanie est en ef­fet une terre de fer­veur. Om­ni­pré­sent, le boud­dhisme y forme à la fois une phi­lo­so­phie, un sys­tème mo­ral, une ins­ti­tu­tion na­tio­nale et une re­li­gion qui consti­tue la pierre an­gu­laire du pays. Cou­rant pré­do­mi­nant en Asie du Sud-Est, le boud­dhisme The­ra­vâ­da dit « du Pe­tit vé­hi­cule » est pra­ti­qué par 89 % des 55 mil­lions d’ha­bi­tants. Chré­tiens et mu­sul­mans n’y re­pré­sentent que 4 % cha­cun alors que l’hin­douisme et l’ani­misme se par­tagent 3 % des croyants. In­tro­duit en Birmanie au IIIe siècle avant Jé­susCh­rist par les en­voyés du roi Asho­ka, le boud­dhisme et la dé­vo­tion des sou­ve­rains au fil des siècles ont lé­gué au pays un patrimoine re­li­gieux unique, fleu­ron de l’architecture de l’Asie du SudEst. Seul Dieu sait com­bien le pays compte de pa­godes, de temples et de stu­pas. « LaBir­ma­nie pos­sè­de­pro­ba­ble­ment­le­plus­grand­nom­bred’édi­fi­ces­boud­dhistes du conti­nent asia­tique, mais iles­tim­pos­si­bled’ené­va­luer­le­nom­brea­vec­pré­ci­sion », consi­dère U Kay Sa Ya, un vé­né­rable de la ré­gion Po Win Daung. Au mi­lieu de ce foi­son­ne­ment, quatre mo­nu­ments tiennent une place sin­gu­lière : le ro­cher d’or de Kyaik­to, la pa­gode de Swe­da­gon à Yan­gon, la pa­gode de Ma­ha­mu­ni à Man­da­lay et la pa­gode d’Anan­da à Ba­gan. In­con­tes­ta­ble­ment les plus vé­né­rés du pays, ces sites sous-tendent aus­si bien la plu­part des iti­né­raires tou­ris­tiques que le che­min des mé­rites pour les pè­le­rins lo­caux. S’il y a une route des pa­godes en Birmanie, c’est bien celle qui re­lie ces quatre grands axes de la foi. Rare sont les Bir­mans à ne pas s’être re­cueillis dans l’un ou l’autre de ces temples. « Le­boud­dhis­meet­ses­grand­sprin­ci­pe­sont uneim­por­tan­ce­fon­da­men­ta­le­pour­no­tre­cul­ture » ex­plique Aung Zaw, un jeune guide tou­ris­tique. « Ne­pas­men­tir,ne­pas­vo­ler,ne­pas­com­mettre d’adul­tère,ne pas boire d’al­cool etne pas tuer d’êtres­vi­vants,sont­les­rè­gles­mo­ra­les­que­nous res­pec­tonsà­la­lettre. Ici,la­cri­mi­na­li­téest presque in­exis­tan­te­ca­ron­nou­sen­sei­gne­ces­va­leurs­lors des­re­trai­tes­mo­nas­tiques. » En Birmanie, la cou­tume veut en ef­fet que tous les hommes ef­fec­tuent deux re­traites au cours de leurs vies : la pre­mière entre 5 et 15 ans comme moine no­vice et la se­conde après 20 ans. Outre les moines qui entrent dans les ordres à vie, les hommes doivent ain­si tra­di­tion­nel­le­ment, ne se­rait-ce que pour quelques jours, re­vê­tir la robe sa­fran.

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