LE CULTE DES ES­PRITS NATS

Grands Reportages - - Spécial Bouddhisme Birmanie -

D’ori­gine ani­miste, le culte des Nats est consi­dé­ré comme une pra­tique an­tique an­té­rieure au boud­dhisme. Liés aux arbres, aux mon­tagnes, aux lacs et à la na­ture en gé­né­ral, les Nats consti­tuent des es­prits aux ca­rac­té­ris­tiques humaines, avec des pas­sions et des dé­fauts, vues comme une fai­blesse ré­prou­vée par le boud­dhisme tra­di­tion­nel. Tout d’abord com- bat­tu et in­ter­dits au XIe siècle par le roi Ana­wrah­ta qui sou­hai­tait im­po­ser le boud­dhisme the­ra­vâ­da, les Nats ont fi­na­le­ment été in­té­grés dans le pan­théon boud­dhiste car le peuple conti­nuait à les vé­né­rer en se­cret. La pra­tique syn­cré­tique bir­mane consi­dère ain­si Boud­dha comme le plus grand des 37 prin­ci­paux Nats. Au cours de grandes fêtes co­lo­rées et bruyantes nom­mées natpwe (fêtes des es­prits), on les in­voque ain­si tou­jours afin de s’at­ti­rer leurs bonnes grâces. Au­jourd’hui, les Bir­mans par­tagent leurs of­frandes et leurs prières en fonc­tion de leurs be­soins : à Boud­dha, ils confient leurs in­quié­tudes sur leurs vies fu­tures alors qu’aux Nats, ils ré­servent leurs pro­blèmes de la vie quo­ti­dienne.

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