IL Y A MAQUIS ET MAQUIS, MAIS AU FI­NAL C’EST LA MÊME CHOSE : REN­DEZ­VOUS CET ÉTÉ EN CORSE…

Grands Reportages - - Édito - PIERRE BIGORGNE

Pour dé­fi­nir le maquis, deux op­tions sont pos­sibles : celle fai­sant ré­fé­rence aux ré­sis­tants qui, pour pré­pa­rer leurs ac­tions contre l’oc­cu­pant, se sont ré­fu­giés dans des lieux secrets, à l’écart, plu­tôt mon­ta­gneux et tant qu’à faire dif­fi­ci­le­ment ac­ces­sibles donc tran­quilles ; et une se­conde, di­rec­te­ment re­liée au cou­vert vé­gé­tal que l’on re­trouve prin­ci­pa­le­ment dans les mon­tagnes corses mais aus­si dans les ar­rière-pays mé­di­ter­ra­néens, dense, dif­fi­ci­le­ment pé­né­trable et de ce fait ap­pré­cié par ceux qui vou­laient échap­per aux au­to­ri­tés, d’où l’ex­pres­sion « pren­dre­le­ma­quis ». Quel rap­port entre les deux maquis ? Fort simple… À l’heure où l’es­ti­vant pren­dra d’as­saut le lit­to­ral et les grandes sta­tions bal­néaires, il se­ra vi­tal, si vous sou­hai­tez échap­per au stress qui ronge votre quo­ti­dien (foule, bou­chons et j’en passe), de prendre le large ou le… maquis, corse en l’oc­cur­rence puisque c’est d’elle dont il est ques­tion dans ce nu­mé­ro. L’île de beau­té est une spé­ci­fi­ci­té fran­çaise, qui n’a pas son équi­valent dans le monde. Maritime et mon­ta­gneuse, elle est re­con­nue, à rai­son, comme l’une des plus belles pé­pites de Mé­di­ter­ra­née. Dis­tante à moins de 200 ki­lo­mètres du conti­nent, ac­ces­sible par les airs et par la mer, bé­né­fi­ciant d’une mé­téo fa­vo­rable, elle pré­sente ain­si toutes les ca­rac­té­ris­tiques pour être « en­va­hie » et « oc­cu­pée » du­rant la pé­riode es­ti­vale. Les chiffres du tou­risme confirment l’adage. En 2012, l’île a ac­cueilli plus de 3 mil­lions de voya­geurs, gé­né­rant ain­si 13 % du PIB in­su­laire. Et rien n’in­dique que la courbe soit à la baisse, tout au contraire. Pour­tant, et c’est en ce­la qu’elle est unique, la Corse ré­siste, pro­tège, et ne suc­combe en rien aux si­rènes du tou­risme de masse qui a dé­truit, abî­mé, ici et ailleurs, les mer­veilles du patrimoine lo­cal. Tout au contraire. Certes, si vous em­prun­tez la route entre Por­to-Vec­chio et Bo­ni­fa­cio à l’heure de pointe (sor­tie de plage), vous pre­nez de sé­rieux risques. Mais si vous vous af­fran­chis­sez des quelques hauts lieux abon­dam­ment ci­tés et re-ci­tés, alors la Corse vous dé­voi­le­ra ses 1 001 mer­veilles, à com­men­cer par la cha­leur et l’au­then­ti­ci­té de ses ha­bi­tants. Ils sont « ru­gueux » les Corses, et ils le re­ven­diquent. Car ils sont at­ta­chés au sol, à leur culture, à leurs va­leurs, à leur his­toire qu’ils ne sont pas prêts à échan­ger pour rien au monde. C’est pour­quoi l’île de beau­té reste au­then­tique et si at­ta­chante, avec ses dé­fauts, bien sûr, mais ces der­niers nous per­mettent pré­ci­sé­ment d’ap­pré­cier ce qu’ils ont su en­tre­te­nir et conser­ver. Voi­là pour­quoi on les aime, les Corses, et leur île, foi de pin­zu­tu…

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