MA­LÉ­FIQUE MA­LOYA

Grands Reportages - - Biodiversité -

Il est ve­nu avec les es­claves. Son nom même vient du Mo­zam­bique, où il si­gni­fie « in­can­ta­tion » . Le ma­loya est comme un vau­dou d'Afrique de l'est, culte aux puis­sances fa­mi­liales et fa­mi­lières : le

ser­vis­ka­ba­ré rend les hon­neurs aux es­prits en les gui­dant, se­mant des poi­gnées de fa­rine. Le bat

sé­zi conjure le sort, en frap­pant en rythme le sol d'une mai­son, jon­ché de feuilles de cannes et de nattes, pour ac­com­pa­gner la transe de la prê­tresse dans un brouillard de fu­mées de ré­sine. Ryth­mé sur le rou­lèr (tam­bour « rou­leur », confec­tion­né avec une bar­rique) et le ka­jamb (ho­chet tres­sé en forme de rec­tangle). En 1954, ac­cu­sé de trouble à l'ordre pu­blic, le ma­loya est tout bon­ne­ment in­ter­dit par l’au­to­ri­té co­lo­niale, qui sou­tient de l'autre main la chris­tia­ni­sa­tion for­cée. ll sur­vit se­crè­te­ment, ou dé­vie vers la vie « ci­vile », jus­qu'à se confondre avec le se­ga.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.