L’ART DE LA CRÉA­TION

Grands Reportages - - Top 25 - TEXTE ET PHO­TOS MARC DO­ZIER

Des pein­tures ru­pestres du parc de Ka­ka­du aux oeuvres contem­po­raines des ga­le­ries d’Alice Springs, l’art abo­ri­gène ne cesse de sur­prendre et d’in­ter­pel­ler. In­ti­me­ment lié à une concep­tion my­tho­lo­gique de l’uni­vers, cet art ren­contre au­jourd’hui un in­croyable en­goue­ment.

Il est tou­jours ex­trê­me­ment dif­fi­cile pour les néo­phytes de com­prendre l’art abo­ri­gène re­grette Apol­line Ko­hen, la di­rec­trice des pro­jets spé­ciaux du dé­par­te­ment des arts du mu­sée du Ter­ri­toire- du- Nord, de Dar­win. « La pre­mière dif­fi­cul­té, c’est que le pu­blic confond gé­né­ra­le­ment l’art du pas­sé et l’art contem­po­rain. » Trom­peur, le terme « art abo­ri­gène » en­globe en ef­fet aus­si bien l'art tra­di­tion­nel qui a pré­cé­dé la co­lo­ni­sa­tion au XVIIIe siècle que le tra­vail contem­po­rain des ar­tistes du XXIe­siècle. Évo­qué sans plus de pré­ci­sion, « l’art abo­ri­gène » re­vient ain­si à par­ler de « l’art fran­çais » et à mettre dans le même sac les pein­tures ru­pestres de Las­caux, Léo­nard de Vin­ci, Pi­cas­so et Ch­ris­to. Long­temps res­té se­cret et des­ti­né aux seuls ini­tiés, l’art abo­ri­gène était, à l’ori­gine, un art col­lec­tif et ri­tuel, la pein­ture sur roche ou sur corps n’étant en­vi­sa­gée que comme un dis­po­si­tif vi­suel ex­ploi­té le temps d’une cé­ré­mo­nie.

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