LES AR­TI­SANS PER­PÉ­TUENT ICI DES TECH­NIQUES QUI RE­MONTENT AU TEMPS DES GRANDES CA­RA­VANES

Grands Reportages - - Actus Lu -

Avec un pa­tri­moine ex­cep­tion­nel té­moin de plus de dix siècles d’ar­chi­tec­ture mu­sul­mane, les trois ci­tés ont été clas­sées sur la liste du pa­tri­moine mon­dial de l’Hu­ma­ni­té par l’Unesco : la ci­ta­delle It­chan Ka­la de Khi­va en 1990, le centre an­cien de Bou­kha­ra en 1993 et la ville his­to­rique de Sa­mar­cande en 2001. À pré­sent, elles vivent pour beau­coup de la ma­gni­fi­cence de leur pas­sé et ces icônes ur­baines font par­ties, comme Ang­kor ou le Taj Ma­hal, des sites ma­jeurs du globe qui, par leur beau­té et leur va­leur, ont for­gé notre ima­gi­naire col­lec­tif. Nulle autre ci­té que celles- là n’in­carnent en ef­fet mieux l’Asie cen­trale et les Routes de la soie. Bien sûr, il faut re­con­naître l’évi­dence : si les pi­sh­tak, les portes mo­nu­men­tales des mé­der­sas, sont tou­jours aus­si éblouis­santes, les ca­ra­va­niers, eux, ont dis­pa­ru. Au­tre­fois, il fal­lait neuf jours à dos de cha­meaux pour re­lier Sa­mar­cande à Bou­kha­ra. À pré­sent, les bus de tou­ristes ont rem­pla­cé les ca­ra­vanes et il faut moins de huit heures pour re­joindre les deux villes. Les ci­tés de la soie au­raient- elles per­du leurs âmes ? Voire. Si les plus cri­tiques consi­dèrent que Sa­mar­cande est de­ve­nu le Dis­ney­land de l’Asie cen­trale, les Ouz­beks, eux, se ré­jouissent de ce dé­ve­lop­pe­ment sa­lu­taire. « De­puis la fin de la do­mi­na­tion so­vié­tique il y a une ving­taine d’an­nées, le tou­risme a pris une place ma­jeure dans l’équi­libre du pays » se ré­jouit Nas­tya Ma­mon­tov qui tra­vaille pour une pe­tite agence ré­cep­tive lo­cale. « Il fait vivre des mil­liers de chauf­feurs, guides, ven­deurs, ser­veurs, pro­prié­taires d’hô­tels et toutes sortes d’ar­ti­sans. »

À Bou­kha­ra, Us­to Sho­kir et Shav­qid­din, for­ge­rons père et fils, tra­vaillent dans leur ate­lier tra­di­tion­nel.

Une au­baine pour la jeune na­tion éco­no­mi­que­ment fra­gile. Mal­gré le to­ta­li­ta­risme du ré­gime et sa si­tua­tion géo­gra­phique dé­li­cate, l’Ouz­bé­kis­tan consti­tue une des­ti­na­tion sûre et ap­pré­ciée des voya­geurs de plus en plus nom­breux. D’après les sta­tis­tiques of­fi­cielles, l’Ouz­bé­kis­tan au­rait ain­si ac­cueilli plus de 1,3 mil­lion de vi­si­teurs qui au­raient rap­por­té 90 mil­lions d’eu­ros en 2011. Un chiffre en nette pro­gres­sion de­puis dix ans bien que le po­ten­tiel du pays soit, d’après tous les ob­ser­va­teurs, bien su­pé­rieur. On com­prend ain­si l’en­jeu ac­tuel du dé­ve­lop­pe­ment des struc­tures d’ac­cueil et de la mise en va­leur des grands mo­nu­ments. En­core très dé­gra­dés il y a quelques an­nées, les édi­fices his­to­riques consti­tuent en ef­fet le prin­ci­pal atout pour at­ti­rer les ama­teurs de pa­tri­moine. Au­jourd’hui, au terme d’un vaste pro­gramme de res­tau­ra­tion, les mé­der­sas et les mos­quées ont re­trou­vé leurs splen­deurs d’an­tan et les cé­ra­miques brillent à nou­veau de tous leurs feux. Après une longue pé­riode de né­gli­gence, ces tra­vaux in­dis­pen­sables ont pour­tant don­né lieu à de nom­breuses po­lé­miques. Par­ti­cu­liè­re­ment dé­criée, la res­tau­ra­tion de la né­cro­pole de Shah-i- Zin­da en 2004 a en ef­fet pro­fon­dé­ment mo­di­fié le quar­tier pour faire place à une route à quatre voies, à un par­king et à des com­merces des­ti­nés au tou­risme. Alors que le site ve­nait tout juste d’être ins­crit sur la liste du pa­tri­moine mon­dial et se de­vait de res­pec­ter les contraintes liées à son clas­se­ment, cet amé­na­ge­ment a for­te­ment contra­rié les hautes

À Ta­chkent, la ca­thé­drale or­tho­doxe de la Dor­mi­tion, trans­for­mée en dé­pôt

du­rant l’époque so­vié­tique, a été ré­cem­ment res­tau­rée et agran­die.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.