BE­RE­ZI­NA

Grands Reportages - - Lu Actus -

Syl­vain Tes­son, Édi­tions Guérin, 200 pages, 19,50 €.

Avec ses com­pa­gnons d’es­ca­pade, Tho­mas Goisque et Cé­dric Gras, Syl­vain Tes­son part, deux siècles plus tard, sur les traces de l’em­pe­reur Na­po­léon, lorsque ce der­nier or­donne la re­traite de Rus­sie en 1812 : deux cent mille vic­times cô­té fran­çais, dans des condi­tions abo­mi­nables, la « Bé­ré­zi­na » ! De­puis Mos­cou jus­qu’à Pa­ris, les trois com­pères re­font l’iti­né­raire à bord d’un side- car so­vié­tique Ural ( 80 ki­lo­mètres à l’heure pé­dale à fond sur l’ac­cé­lé­ra­teur), du­rant l’hi­ver 2011, s’ar­rê­tant sur ces « hauts lieux » où l’em­preinte de l’his­toire re­tien­dra avant tout la tra­gé­die : Bo­ro­di­no, Wiaz­ma, Smo­lensk, Bo­ris­sov, Vil­nius, sans ou­blier le pas­sage de la Bé­ré­zi­na, fi­na­le­ment dé­crite comme un pe­tit « cours d’eau ai­mable, in­dé­cis… C'était le théâtre de l'apo­ca­lypse et on au­rait cru le Loi­ret » . Dans un sub­til et per­pé­tuel mou­ve­ment d’al­ler et re­tour, Syl­vain Tes­son ponc­tue son récit de voyage par les té­moi­gnages des sur­vi­vants ( et no­tam­ment ceux du ser­gent Bour­gogne et du confi­dent de Na­po­léon, Cau­lain­court). L’écri­vain­voya­geur se fait his­to­rien, à moins que ce ne soit le contraire. On ne sait plus. Qu’im­porte. Le verbe est haut, tran­chant, quand l’ex­po­sé nous in­vite à ré­flé­chir sur le sens de nos vies lors­qu’on les com­pare au quo­ti­dien des gro­gnards. Un Tes­son au meilleur de sa forme.

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