LES COURBES DE L’AR­CHI­TECTE NIE­MEYER ONT TROU­VÉ UNE FI­NESSE QUE SEUL LE BÉ­TON POU­VAIT FOUR­NIR

Grands Reportages - - Grands Voyageurs Brésil -

pays/ Tous les peuples/ J’aime ça/ Les deux trois vieilles mai­sons por­tu­gaises qui res­tent sont/ des faïences bleues. »

L’ode du poète fran­çais n’a pas pris une ride. Quelques tré­sors co­lo­niaux se cachent en­core dans le centre- ville. C’est par là que nous pé­né­trons l’in­ti­mi­té de la géante la­tine, adop­tant notre fou­lée à la dé­marche de Bap­tiste, notre jeune guide ar­ri­vé à São Pau­lo il y a trois ans, « pas pour ap­prendre la sam­ba, mais at­ti­ré par l’éner­gie éco­no­mique du Bré­sil et tout par­ti­cu­liè­re­ment celle de São Pau­lo. Éton­nam ment, le chaos ur­bain et so­cial a été source de mul­tiples ren­contres. Col­lec­tif cultu­rel ins­tal­lé sur un toit d’im­meuble, ar­tistes et de­si­gners amou­reux de leur ville, ar­chi­tectes me fai­sant dé­cou­vrir toutes les sub­ti­li­tés de l’iden­ti­té pau­liste, tous m’ont trans­mis leur en­thou­siasme. » Bap­tiste nous trans­met à son tour son af­fec­tion pour « Sam­pa » de­ve­nue sa ville. Le centre his­to­rique dé­voile, entre chien et loup,

Dans les pas d’Os­car Nie­meyer.

un sin­gu­lier pa­na­chage ar­chi­tec­tu­ral : des hautes baies vi­trées du théâtre mu­ni­ci­pal aux co­lon­nades de marbre et fa­çades d’ocre sculp­tées, semblent s’échap­per notes et fastes qui ani­maient la vie do­rée des ba­rons du ca­fé. Ses lu­mières illu­minent l’im­meuble noir et aus­tère qui lui fait face et ceux de verre et d’acier. Pour ap­pré­cier ce centre hé­té­ro­clite d’où jaillissent les fines et élé­gantes flèches cui­vrées de la ca­thé­drale de Sé, ain­si que les 108 mètres de l’im­meuble Mar­ti­nel­li — tout pre­mier gratte- ciel d’Amé­rique du Sud, ache­vé en 1934 — et le Pá­tio do Co­lé­gio conser­vant les restes de Padre An­chie­ta — son fé­mur et sa cape — il faut prendre un peu de hau­teur. Di­rec­tion les der­niers étages de l’im­meuble Eif­fel conçu par Os­car Nie­meyer en 1953. L’as­cen­seur nous dé­pose di­rec­te­ment chez Ta­ta, ar­chi­tecte et amie de notre guide. Ta­ta est une amou­reuse in­con­di­tion­nelle du vieux centre. « Ici, pas de ghet­to. On cô­toie tout le monde, les riches, les pauvres, les ar­tistes, les mu­si-

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