SI LE COW- BOY EST UN MYTHE HA­BI­LE­MENT MA­GNI­FIÉ PAR LE CI­NÉ­MA, IL N’EN RESTE PAS MOINS UNE RÉA­LI­TÉ TAN­GIBLE

Grands Reportages - - Usa Road Movie Arizona -

cer­tai­ne­ment en par­tie car les In­diens na­va­jos, qui en as­surent la ges­tion, re­fusent que l’on gou­dronne la piste qui per­met de dé­cou­vrir les in­sel­bergs, les fa­meuses buttes de grès. Au­jourd’hui, en voi­ture comme au­tre­fois à che­val, il faut em­prun­ter des che­mins ca­bos­sés et pous­sié­reux.

À par­tir des an­nées 1920, pro­fi­tant du suc­cès des Wes­terns hol­ly­woo­diens,

les pro­prié­taires de ranchs dé­couvrent que les tou­ristes peuvent rap­por­ter au­tant que les vaches et donnent nais­sance aux « Dude Ranchs » , les ranchs des­ti­nés à ac­cueillir les ci­ta­dins. « Au­jourd’hui, pour être po­li­ti­que­ment cor­rect, on pré­fère dire Guest Ranch [ ranch d’hôtes] » , pré­cise en sou­riant Li­sa Be­dient qui tra­vaille comme guide au ranch de Tanque Verde. « Ici, Dude est une fa­çon gen­tille de dé­si­gner une per­sonne com­plè­te­ment idiote. » Au sud de l’Ari­zo­na, une pe­tite di­zaine de « Dude Ranchs » ont fleu­ri sur les terres arides de la ré­gion de Tuc­son. On vient des quatre coins du pays et même du globe pour pas­ser quelques jours là, à mon­ter au mi­lieu des cac­tus du parc de Sa­ga­re­ro, à s’en­traî­ner au las­so, à dé­cou­vrir le rodéo… bref à jouer aux cow- boys. « J’ai tra­vaillé toute ma vie dans des “cat­tles sta­tions”, des fermes ré­ser­vées aux bé­tails, sou­vent plus de dix heures en selle, du le­ver au cou­cher du so­leil, mais c’est beau­coup moins fa­ti­gant que de gui­der des tou­ristes pen­dant quatre heures » , plai­sante An­drew San­ders, un au­then­tique cow- boy qui s’est lais­sé al­ler à tra­vailler une sai­son dans l’un de ces ranchs. Si dans beau­coup de ré­gions amé­ri­caines, les cow- boys d’hier ont dis­pa­ru, en Ari­zo­na, ils sont tou­jours là. Re­grou­per le bé­tail, mar­quer les bêtes, ré­pa­rer les clô­tures, pel­le­ter le fu­mier… les tâches ne manquent pas. Em­ployés au mois pour 1 600 à 1 800dol­lars, beau­coup ne pos­sèdent que leur ca­mion, per­pé­tuant un way of life ( une fa­çon de vivre) à l’amé­ri­caine. « Les condi­tions géo­gra­phiques font que les che­vaux se­ront tou­jours in­dis­pen­sables dans la ré­gion et que les cow- boys ne

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