LES MA­CHINES À SOUS SONT PAR­TOUT… MÊME AU PIED DE LA TOUR EIF­FEL

Grands Reportages - - Usa Road Movie Las Vegas -

avec ses sept mille cent vingt- huit chambres, le Ve­ni­tian est sans conteste le plus ahu­ris­sant de ces « mé­ga- hô­tels » . Avec sa re­pro­duc­tion ti­ta­nesque du Pa­lais des Doges, du cam­pa­nile de SaintMarc, ses ca­naux et ses gon­do­liers, l’éta­blis­se­ment ne compte pas moins de cinq pis­cines, deux ca­si­nos, seize res­tau­rants, cent cin­quante bou­tiques, deux mille cinq cents ma­chines à sous et plu­sieurs mu­sées, dont le mu­sée Gug­gen­heim de Las Ve­gas ! Un gi­gan­tesque com­plexe qui a coû­té plus de deux mil­liards d’eu­ros… Sans com­plexe, la ville est la scène d’un vé­ri­table concours de dé­me­sure et l’on es­time au­jourd’hui que par­mi les vingt- sept plus grands hô­tels du monde, vingt sont à Las Ve­gas ! « Il y a cent ans, il n’y avait qu’un dé­sert ici, alors il a fal­lu in­ven­ter et construire des rai­sons d’y faire ve­nir au­tant de gens » , aver­tit John Tre­vis, un joueur im­pé­ni­tent ori­gi­naire de Ca­li­for­nie. « Le concept de Las Ve­gas est simple : at­ti­rer les vi­si­teurs par tous les moyens, les éblouir avec des spec­tacles et des hô­tels que l’on ne peut voir nulle part ailleurs, et leur prendre un maxi­mum d’ar­gent au pas­sage ! » Un prin­cipe qui semble fonc­tion­ner… En vingt ans, la po­pu­la­tion de l’ag­glo­mé­ra­tion a été mul­ti­pliée par trois pour at­teindre 1 951 269 ha­bi­tants en 2010. La « ville sans hor­loge » est de­ve­nue une des­ti­na­tion tou­ris­tique de pre­mier plan aux États- Unis avec un re­cord de 39,7mil­lions vi­si­teurs en 2012. Avec plus de cent trente mille chambres, Las Ve­gas consti­tue au­jourd’hui la pre­mière ville hô­te­lière du monde et s’est ap­pli­quée à di­ver­si­fier son offre en de­ve­nant un centre de conven­tion in­con­tour­nable où les plus grandes or­ga­ni­sa­tions amé­ri­caines et in­ter­na­tio­nales viennent or­ga­ni­ser leurs congrès.

Après avoir bâ­ti sa ré­pu­ta­tion sur le jeu et le sexe,

la ville a po­li­cé son image sul­fu­reuse en créant des di­ver­tis­se­ments grand pu­blic et fa­mi­liaux. Au­jourd’hui, on vient jouer au ca­si­no entre amis ou écou­ter un concert de Ka­ty Per­ry ou as­sis­ter à un spec­tacle mo­nu­men­tal de Da­vid Cop­per­field avec ses en­fants. Même les plus grands chefs fran­çais – Alain Du­casse, Guy Sa­voy, Joël Ro­bu­chon ou Pierre Ga­gnaire – ont cé­dé aux chants des si­rènes et ont ou­vert leurs res­tau­rants dans les grands hô­tels de la ville. Des spec­tacles ti­ta­nesques sont joués tous les soirs par des troupes à la re­nom­mée in­ter­na­tio­nale comme le Cirque du so­leil ou le Blue Man Group. Et les plus grandes stars in­ter­na­tio­nales viennent y pré­sen­ter des shows hors normes comme El­ton Jones ou Cé­line Dion, qui y don­na des concerts en « ré­si­dence » du­rant plu­sieurs an­nées. En deux dé­cen­nies, Las Ve­gas est ain­si de­ve­nu une ville ico­nique et in­con­tour­nable. Une des­ti­na­tion « fa­mi­liale » pro­pice à toutes les fantaisies : se ma­rier en une heure, louer une Fer­ra­ri, sur­vo­ler le Grand Ca­nyon en hé­li­co­ptère, em­bar­quer à bord d’un avion de chasse, man­ger, boire, dan­ser, jouer… En un mot : s’amu­ser ! Le pu­blic d’hier – res­treint aux joueurs aver­tis – s’est élar­gi mais au fond rien n’a chan­gé. La quin­tes­sence de Las Ve­gas de­meure. Et les pa­roles de Ro­bert de Ni­ro dans Ca­si­no sont tou­jours d’ac­tua­li­té. « À votre avis, qu’est- ce qu’on fout en plein dé­sert ? On est là pour le fric. C’est ça le but des néons et des vi­sites gui­dées, du cham­pagne et des suites d’hô­tels gra­tuites, des poules et de la gnôle. Tout a été com­bi­né pour que nous vous pre­nions votre ar­gent. Voi­là la vé­ri­té sur Las Ve­gas. »

On es­time qu’il fonc­tionne plus deux cent mille ma­chines à sous à Las Ve­gas comme celles du ca­si­no New York - New York.

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