AVEC SES MO­NU­MENTS EM­BLÉ­MA­TIQUES SAN FRAN­CIS­CO EST UN DÉ­COR DE CI­NÉ­MA IDÉAL

Grands Reportages - - Usa Road Movie San Francisco -

Dé­vo­ré, ba­layé, pul­vé­ri­sé ! De­puis sa construction en 1937, le Gol­den Gate Bridge, le fa­meux pont de San Fran­cis­co à l’in­imi­table rouge oran­gé, a été at­ta­qué à de nom­breuses re­prises… Par une pieuvre géante dans Le monstre vient de la mer ( 1955), par Ma­gne­to dans X- men, l’af­fron­te­ment fi­nal ( 2006), par un re­quin af­fa­mé dans Me­ga Shark vs Giant Oc­to­pus ( 2009) ou par la star des monstres ja­po­nais dans God­zilla ( 2014)… Avec sa sil­houette em­blé­ma­tique, il était inévitable que le cé­lèbre édi­fice donne lieu à une scène clef de l’adap­ta­tion mo­derne de La pla­nète des singes réa­li­sée par Ru­pert Wyatt en 2011. Go­rilles, chim­pan­zés et orangs- ou­tans re­belles se cachent ain­si dans ses sus­pentes em­bru­mées avant d’af­fron­ter les forces de po­lice sur le ta­blier de la tra­vée cen­trale. « San Fran­cis­co est sans au­cun doute l’une des villes les plus pho­to­gé­niques des États- Unis… la seule qui puisse ri­va­li­ser avec New York, alors il n’est pas éton­nant qu’elle ait au­tant de suc­cès au­près des réa­li­sa­teurs » , aver­tit Pe­ter Clay, un ama­teur de ci­né­ma ori­gi­naire du sud de la Ca­li­for­nie. In­dis­so­ciable de la ville, son pont­sym­bole a pro­ba­ble­ment beau­coup fait pour l’image et le suc­cès de la ci­té consi­dé­rée comme la troi­sième des­ti­na­tion tou­ris­tique des États- Unis. Au­jourd’hui, l’in­dus­trie tou­ris­tique consti­tue même la prin­ci­pale ac­ti­vi­té éco­no­mique de San Fran­cis­co même. Les vi­si­teurs viennent dé­cou­vrir l’in­con­tour­nable pont du Gol­den Gate, l’an­cienne pri­son d’Al­ca­traz, elle aus­si ins­pi­ra­trice de nom­breux films, les mai­sons vic­to­riennes et le tram­way qui lui confèrent un in­dé­niable cô­té ré­tro.

Louée par les « deux grands Jack » , Jack Ke­rouac et Jack Lon­don,

San Fran­cis­co est sans au­cun doute l’une des villes les plus my­thiques d’Amé­rique du Nord. Ville de culture et de contre- culture, bo­bo et bo­hème, his­to­rique et bran­chée, élé­gante et an­ti­con­for­miste, vic­to­rienne et mo­derne, cos­mo­po­lite et européenne… San Fran­cis­co est un peu tout ce­la à la fois. Sans ou­blier gay friend­ly car la ci­té comp­te­rait cent mille gays et les­biennes, un ha­bi­tant sur sept, l’une des plus im­por­tantes concen­tra­tions ho­mo­sexuelles du pays avec New York. « Mal­gré son au­ra cultu­relle et son puis­sant rayon- ne­ment in­ter­na­tio­nal, San Fran­cis­co n’est pas une ville d’im­por­tance à l’échelle des États- Unis » , ex­plique Mar­cel­lo Gon­za­lez qui tra­vaille dans un club de South of Mar­ket. Avec 837 442 ha­bi­tants en 2013, la ci­té consti­tue en ef­fet seule­ment la trei­zième ville du pays, loin der­rière New York, neuf fois plus peu­plée. La com­pa­rai­son est ce­pen­dant trom­peuse car, avec huit mil­lions d’ha­bi­tants, la ré­gion de la Bay consti­tue la qua­trième mé­tro­pole des États- Unis par sa po­pu­la­tion. Le sud de la baie et la Si­li­con Val­ley y forment no­tam­ment un pôle tech­no­lo­gique de pre­mier plan, qui ac­cueille des en­tre­prises in­con­tour­nables comme Apple, Adobe, Fa­ce­book ou Google.

Hé­té­ro­clite et sur­pre­nante, San Fran­cis­co porte au­tant de sur­noms qu’un cou­teau suisse ne compte de lames.

Le clas­sique : « The Ci­ty by the Bay » , la ville sur la baie. Le sim­pliste : « SF » . Le bran­ché : « Frisco » . Le cli­ma­tique : « Fog Ci­ty » , la ci­té du brouillard. L’en­ga­gé : « La pa­trie des gays » . Le consen­suel : « Eve­ry­bo­dy’s Fa­vo­rite Ci­ty » , la ville pré­fé­rée de tout le monde… San Fran­cis­co est un peu une ville « fourre- tout » , ou­verte et com­po­site, éten­due mais à di­men­sion hu­maine. Les hip­pies des an­nées 1970 ont fait place aux hips­ters, les nou­veaux bran­chés au style an­ti- style. Les hob­bos, les SDF de l’Amé­rique mo­derne, voi­sinent avec les geeks, les fé­rus de tech­no­lo­gies, riches et dé­braillés. La fa­meuse « mai­son bleue » vic­to­rienne, chan­tée par Maxime Le Fo­res­tier, existe tou­jours au 3 841 de la 18e Rue. Re­peinte en vert après que le chan­teur s’en est ins­pi­ré au terme de son sé­jour dans les an­nées 1970, elle a même re­trou­vé son bleu ori­gi­nel pour les qua­rante ans de la car­rière de l’ar­tiste… Avec ses mai­sons vic­to­riennes en­core nom­breuses, la ville est res­tée plus ho­ri­zon­tale que ver­ti­cale car les buil­dings n’y ont pas en­core dic­té leurs lois. Peut- être par crainte des séismes ? Bâ­tie sur le sys­tème de failles dit de San An­dréas, San Fran­cis­co est en ef­fet une ville sis­mique qui fut dé­truite à 80 % par un séisme en 1906. De nom­breux scien­ti­fiques s’ac­cordent à pré­dire qu’un trem­ble­ment de terre ma­jeur de­vrait se pro­duire au cours des trente- cinq pro­chaines an­nées… Pro­ba­ble­ment le seul scé­na­rio de film ca­tas­trophe au­quel la ville pré­fère ne pas rê­ver.

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