C’EST UN MONDE À PART, UN OCÉAN DE CAL­CAIRES ET DE PI­NÈDES, LE GRAAL DU PARC RÉ­GIO­NAL DU VER­CORS

Grands Reportages - - Spécial Déserts Sud Vercors -

heures de grim­pée sé­parent Châ­tillon des larges croupes her­beuses des As­sières, à 1 800 mètres d’al­ti­tude, où le pay­sage compte par­mi les plus ins­pi­rants qui soient. En­ver­gure cos­mique, arbres ma­jes­tueux, « am­biance bout du monde » , pers­pec­tives fuyantes vers le cirque d’Ar­chiane et le mas­sif des Trois Becs… Pour un peu, on se croi­rait sur le mar­che­pied à la proue du Ti­ta­nic, bras ou­verts, tête ren­ver­sée, ac­cueillant en soi tout l’es­pace de la créa­tion ! Mon étape de la nuit, le re­fuge de Châ­tillon, est po­sée au mi­lieu des pâ­tu­rages, telle la pe­tite mai­son dans la prai­rie de la fa­mille In­galls. Carte pos­tale ? Pro­bable, mais point d’an­gé­lisme, ici : la seule eau po­table des en­vi­rons est à quinze minutes de marche, sur une vire cou­rant dans la fa­laise, à la source de Baume Rousse. C’est un cap­tage sous roche, pro­té­gé par un pe­tit édi­fice de pierre et une trappe mé­tal­lique. L’eau de cette mi­cro- ci­terne doit être pré­le­vée, pe­tit à pe­tit, à l’aide d’un go­be­let de fer- blanc ! Avis aux assoiffés : pa­tience de ri­gueur…

Après une nuit pai­sible en du­vet, per­ché au- des­sus du monde,

dé­con­nec­té vo­lon­taire, Ro­bin­son d’une île ver­ti­cale, je pour­suis en met­tant pied, vé­ri­ta­ble­ment, sur le Glan­dasse, un lieu où le vi­si­teur n’a pas le loi­sir de chô­mer, en­core moins de « glan­der » … Au pro­gramme : un par­cours âpre, fait de mon­tées et des­centes, de caillasses, de longues tra­ver­sées et de sé­che­resse ex­trême de l’air. Par­ve­nu au Dôme, ou Pié Fer­ré, à 2 041 mètres, deux pos­si­bi­li­tés : conti­nuer à tra­ver­ser le pla­teau par le GR 91, de gra­dins en do­lines via la ber­ge­rie de Laval d’Aix ou, plan B, lon­ger la fa­laise en em­prun­tant la my­thique « vire du Glan­dasse » ac­cro­chée en plein ciel : un par­cours de fu­nam­bule riche en adré­na­line, sur une sente ba­li­sée par les seuls cha­mois et bou­que­tins : ban­co ! Ce « sangle » , ou vague sen­tier par­cou­rant les vires her­beuses, est ai­sé si l’on ne souffre pas du ver­tige, mais en de nom­breux en­droits, la chute est in­ter­dite ! Ouf, je ré- émerge sur le pla­teau au ni­veau du roc de Pey­role. Peu après, voi­ci le pas épo­nyme,

Fran­çois Fou­quet dans sa ber­ge­rie

de la Grande Ca­bane, où il passe l’été, de juillet à oc­tobre, avec ses deux mille bre­bis ve­nues de la Crau.

Vue aé­rienne du re­bord orien­tal de la ré­serve des Hauts- Pla­teaux, avec le mont Ai­guille au pre­mier plan, le pas de l’Ai­guille der­rière, les ro­chers du Par­quet à droite, et les som­mets de Pié Fer­ré et du

Roc de Pey­role, au fond.

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