DANS LE PARC : 4000 GROUPES D’HA­BI­TAT RU­RAUX, B­TI­MENTS ET FERMES AU­JOURD’HUI PRO­TÉ­GÉS

Grands Reportages - - Spécial Déserts Cévennes -

de la moindre « cha­zelle » ( abri de ber­gers) aux lin­teaux de portes, aux fours à pain, aux ci­ternes. Jus­qu’à la struc­ture des grands bâ­tis de ferme à deux étages, elles sont l’unique et spec­ta­cu­laire ré­ponse ar­chi­tec­tu­rale aux contraintes de la nature. Des di­zaines de tonnes de cal­caire, pour édi­fier, sans un ma­drier sou­vent, des bâ­tisses qui abri­taient, aux grandes heures des Causses, des fa­milles en­tières de pay­sans. Il faut mar­cher un peu ( zone cen­trale de Parc oblige) pour dé­cou­vrir, au- des­sus des chaos de blocs de Nîmes- le- Vieux, l’im­pres­sion­nant do­maine de la Fret­ma, en pleine ré­ha­bi­li­ta­tion au­jourd’hui. Ou cher­cher sur des cartes pré­cises Sa­blières ou Bou­bals, au­tour du vil­lage et de l’église de Saint- Pierre- des- Tri­piers presque en­tiè­re­ment res­tau­rée par Jean Vern­het. La Bas­tide ou Crou­pillac, tout près de Flo­rac, la ville coeur du Parc na­tio­nal. Ou Pau­pa­relle, non loin de Mey­ruies. Ou Sau­bert, vers Hures- la- Pa­rade. Ou la cha­pelle SaintCôme, près de Mas- Saint- Ché­ly…

Les mondes de gra­nit semblent ap­par­te­nir, eux, tout en­tiers au mont Lo­zère tout proche. Ul­times bas­tions sud- est du Mas­sif cen­tral. Autres géo­lo­gies, autres cli­mats, autres mondes. Des crêtes dé­so­lées de ce point haut ( 1 700 mètres) jus­qu’aux pla­teaux de La Mar­ge­ride ou de l’Au­brac au nord, s’étend le règne, ca­rac­té­ris­tique, fon­cé et sé­vère, des blocs gra­ni­tiques. Des men­hirs dres­sés sur les crêtes aux chaos de blocs er­ra­tiques, une do­mi­nante sans par­tage, sur des mondes dif­fi­ciles, ou­verts aux vents et aux ri­gueurs de longs hi­vers. À une di­zaine de ki­lo­mètres du Pontde- Mont­vert, les croix de Malte gra­vées de l’an­cienne com­man­de­rie des Hos­pi­ta­liers de Jérusalem, po­sées entre les fo­rêts et des pe­louses rases d’al­ti­tude, ne sont plus en­tou­rées que de mu­rets en ruine. Pour­tant, dans le ha­meau de l’Hô­pi­tal, à la fin du XIXe­siècle, cent dix- neuf ha­bi­tants vi­vaient dans ce vil­lage, qui n’est plus ha­bi­té de fa­çon per­ma­nente de­puis les an­nées 1970. Lec­ture à ciel ou­vert de l’ar­chi­tec­ture du gra­nit ? La plu­part des fermes de la ré­gion s’en­terrent à moi­tié, creu­sant leur as­sise dans le sol, ados­sées aux pentes, dos au nord. L’eau, bien plus pré­sente que sur les Causses, n’est plus un pro­blème : fin des ré­ser­voirs et des puits dans les bâ­ti­ments. Le lo­gis et la grange- étable ne sont pas

Plus sobre et plus sombre ?

su­per­po­sés, mais forment des struc­tures en « L » d’un étage. Les bâ­tis sont moins hauts, mais té­moignent d’un im­pres­sion­nant sa­voir- faire dans la taille et l’as­sem blage de blocs de pierre ma­gni­fi­que­ment ajus­tés. Et si les char­pentes évincent ici les grandes voûtes caus­se­nardes, la pierre re­prend toute son am­pleur au­tour des énormes lin­teaux de che­mi­née qui tra­versent de part en part la pièce com­mune des fermes.

Ul­time bas­cule vers les schistes et les val­lées des Cé­vennes ?

Après les so­li­tudes ho­ri­zon­tales des pla­teaux des Causses et les hau­teurs du mont Lo­zère, les vil­lages en­ser­rés de ter­rasses des hautes val­lées de Cé­vennes, plus sèches et chaudes, chantent le ma­riage des lames de schistes et du bois re trou­vé. Murs d’ap­pa­rence presque fra­gile, en lits ho­ri­zon­taux et fins. Toi­tures aux pentes plus douces. Jeux des treilles cas­sant le soleil dans les pe­tites ruelles sé­pa­rant les mai­sons, mais en­core char­pentes et plan­chers : le bois re­vient par­tout, dans des vil­lages ac­cro­chés aux pentes striées des mu­rets des ter­rasses. Des ter­rasses au goût de sud ? Entre vieilles ma­gna­ne­ries et fi­la­tures, c’est tout le pas­sé des vignes, des châ­tai­gne­raies, des mû­riers et des oli­viers qui ac com pagne les ul­times vil­lages des Cé­vennes vers les mondes si proches de la Mé­di­ter­ra­née… En bas : Loin au- des­sus du re­gard, des ha­meaux et de mi­nus­cules vil­lages se­mi­tro­glo­dytes, ados­sés aux fa­laises et aux sources, se confondent avec les fa­laises des pla­teaux. Ici, le ha­meau de Saint- Marcellin.

Même lors du dé­fi­lé ma­ti­nal des trou­peaux, dans le ha­meau de Hyel­zas, im­pos­sible de man­quer la pré­sence de l’arche de la mi­nus­cule cha­pelle…

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