EN VOI­TURE !

Grands Reportages - - Édito -

Rien de plus sûr : com­pa­ré aux autres modes de trans­port – à pied, à vé­lo ou en voi­ture – le train est le moyen de lo­co­mo­tion, avec l’avion et en dé­pit des der­nières ca­tas­trophes aé­riennes ( le crash de l’Air­bus A320 de Ger­man­wings et du vol MH17 de la Ma­lay­sia Air­lines sur le ter­ri­toire ukrai­nien), qui offre le plus de sé­cu­ri­té. Une étude pu­bliée par l’Agence du rail eu­ro­péen in­dique que le nombre de morts par mil­liard de voya­geurs- ki­lo­mètres est de 0,156 pour le train ( 0,101 pour l’avion) quand il s’élève à 52 593 pour les deux- roues. Rien de plus

éco­lo : na­tu­rel­le­ment, les chiffres s’in­versent et les bi­cy­clettes prennent alors leur re­vanche… Mais quand l’avion ( par­ti­cu­liè­re­ment dans les phases de dé­col­lage et d’at­ter­ris­sage) et les voi­tures émettent des taux consi­dé­rables de CO2, le train per­siste à ali­gner des per­for­mances qui ne souffrent guère de la com­pé­ti­tion, sur­tout lors­qu’on les as­so­cie avec le nombre de voya­geurs trans­por­tés. Sur un al­ler- retour Paris- Mar­seille, et se­lon les chiffres com­mu­ni­qués par la SNCF qui n’ont pas été dé­men­tis par les concur­rents, « le ré­seau fer­ré pro­duit 7,2 ki­lo­grammes de CO … bien moins que les 186 ki­lo

2 grammes et 312 ki­lo­grammes re­je­tés res­pec­ti­ve­ment par l’avion et l’au­to­mo­bile » . Rien de plus

voya­geur. Bien sûr, nous ne par­lons pas ici des trains à grande vi­tesse qui tra­versent à toute al­lure, en France et ailleurs, des ter­ri­toires qui mé­ri­te­raient des ar­rêts, mais de ces lo­cos qui prennent leur temps, au­to­risent les re­gards der­rière la fe­nêtre, per­mettent d’ap­pré­cier la géo­gra­phie en­vi­ron­nante. Prendre le train, c’est aus­si sa­voir en des­cendre, ad­mi­rer l’ar­chi­tec­ture d’une gare, faire des étapes, courtes ou pro­lon­gées, en­vi­sa­ger es­ca­pades et dé­cou­vertes dans les en­vi­rons. Rien de plus convi­vial. Dans les trains où le com­par­ti­ment ré­siste en­core à l’ « open space » – le meilleur moyen pour tuer en dé­fi­ni­tive les contacts et les com­mu­ni­ca­tions, car vos voi­sins ne vous offrent dans cette confi­gu­ra­tion que leur dos ou leur coude… –, les pa­labres se nouent au­tour d’un sand­wich, d’une tasse de thé dé­li­ca­te­ment ver­sé de­puis le sa­mo­var ou, plus « en­ga­gé » , d’un verre de vod­ka ava­lé le long d’un Trans­si­bé­rien. À moins que vous ne préfériez la dé­am­bu­la­tion dans les cou­loirs. Ici en­core, le temps, ce nou­veau luxe de nos so­cié­tés oc­ci­den­tales pres­sées et « spee­dées » , est la ga­ran­tie de l’échange. Rien de plus nos­tal­gique. Signe des temps, on re­met en ser­vice des my­thiques lignes fer­ro­viaires, au­tre­fois po­pu­la­ri­sées par les films et la lit­té­ra­ture, qui nous ren­voient à nos chers vieux sou­ve­nirs d’en­fance : le sif­flet du chef de gare, le cli­que­tis des bo­gies, l’aha­ne­ment de la lo­co à va­peur, ce fier che­val de fer au de­si­gn aus­si im­pres­sion­nant qu’in­com­pa­rable. Voya­ger en train ? À l’oc­ca­sion de ce nu­mé­ro spé­cial, c’est ici et main­te­nant…

P I E R R E B I G O R G N E

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