LA PÉ­RIODE NOIRE DES KH­MERS ROUGES EST BIEN LOIN, LA CÔTE AT­TIRE DO­RÉ­NA­VANT LES IN­VES­TIS­SEURS

Grands Reportages - - Cambodge -

sur la cor­niche, la sta­tue d’un énorme crabe sou­haite la bien­ve­nue avec sa pince re­le­vée ! Le di­manche soir, quand les pou­belles dé­bordent, quand les ha­macs ne se ba­lancent plus, Kep re­trouve sa quié­tude de ville du bout du monde. Sur la route ca­bos­sée du lit­to­ral, le vent s’en­gouffre entre des arbres qui font la ré­vé­rence. Pas de lu­mière. Juste l’odeur en­ivrante des man­guiers, des fran­gi­pa­niers, des bou­gain­vil­liers. Et le bruit des vagues qui viennent ty­ran­ni­ser les ro­chers. Au loin, des lou­piotes va­cillantes tra­hissent la pré­sence des ba­teaux de pêche.

Jour après jour, dès 17 heures, dé­bute en ef­fet le bal­let de ces vais­seaux tous­so­tants.

Dans un nuage de fu­mée, ils quittent en file in­dienne les al­lées im­mer­gées bor­dant les mai­sons sur pi­lo­tis. Kam­pot, non loin de Kep, a pour voi­sins plu­sieurs vil­lages flot­tants, sou­vent ha­bi­tés par des mu­sul­mans. La mi­no­ri­té cham, à l’ori­gine hin­douiste, s’est conver­tie à l’is­lam dès le XIIIe­siècle sous l’in­fluence des mar­chands in­diens, arabes et per­sans. C’est l’ère des grands ex­plo­ra­teurs, l’époque de Mar­co Po­lo qui po­sa ses guêtres et sa fa­tigue dans les en­vi­rons afin de col­lec­ter des épices, du ta­bac, des bois pré­cieux ou en­core de la soie… Tra­di­tion - nel­le­ment ma­rins pê­cheurs de pères en fils, les Chams oc­cupent au­jourd’hui une place fon­da­men­tale au Cam­bodge. Les Kh­mers d’ori­gine chi­noise éga­le­ment, très ac­tifs dans les échanges com­mer­ciaux. À Kam­pot, agréable ci­té bâ­tie le long d’un bras de ri­vière, les bâ­tisses co­lo­niales dé­fraî­chies ont été re­con­ver­ties en gues­thouses ou ca­fés­res­tau­rants. Au mi­lieu de cette ar­chi­tec­ture désuète, quelques nou­velles mai­sons at­tirent l’oeil. Les vitres sont fu­mées, les bal­cons vides et cu­rieu­se­ment, des nuées de mar­ti­nets criards les sur­volent. Voi­ci donc, en pleine ville, les mai­sons closes de ces oi­seaux mi­gra­teurs… à pré­sent sé­den­ta­ri­sés pour que soient ex­ploi­tés leurs nids – les Chi­nois en raf­folent. On les « cultivent » aus­si : le ki­lo coûte

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