LES NO­MADES SE RE­PÈRENT ET S’ORIENTENT DANS LE DÉ­SERT SANS LA MOINDRE IN­DI­CA­TION

Grands Reportages - - Mongolie -

Par­fois les routes ter­gi­versent, sont mal ou peu ba­li­sées ; cer­taines ne sont que des pistes, tout juste un sillon dans une terre pous­sié­reuse mais ici, dans l’im­men­si­té mi­né­rale du Go­bi, pas de route, pas de piste, en tout cas rien de vi­sible pour un oeil oc­ci­den­tal. Le chauf­feur ne se dé­monte pas pour au­tant. Il fonce avec son ba­hut vers un quelque part qui, à le voir se di­ri­ger sans hé­si­ta­tion, semble être aus­si sû­re­ment in­di­qué que le se­rait Pa­ris sur l’au­to­route A11. Pour­tant la seule route que l’on puisse dis­tin­guer est la trace que son ca­mion laisse der­rière lui. De­vant et jus­qu’à l’ho­ri­zon, s’étend une plaine caillou­teuse, uni­forme et morne, avec çà et là quelques touffes d’herbes sèches cou­chées par le vent. Au­cune dune de sable en vue ; heu­reu­se­ment pour le chauf­feur qui ne sau­rait les fran­chir avec son vieux ca­mion de l’époque com­mu­niste. En fait, elles sont plu­tôt rares, li­mi­tées à des zones pré­cises comme celle de Khon­go­ryn Els dans le Parc na­tio­nal de Gur­van­sai­khan, très pri­sées des tou­ristes et des ca­me­ra­men. Seuls quelques très rares voya­geurs s’aven­turent dans cette ré­gion du dé­sert où il n’y a au­cune in­fra­struc­ture pour les ac­cueillir. C’est le royaume qua­si exclusif des éle­veurs de cha­meaux et de chèvres qui pro­duisent ici des laines ex­cep­tion­nelles et en par­ti­cu­lier un ca­che­mire blanc que les ache­teurs du monde en­tier s’ar rachent. Chaque an­née, à la fin du prin­temps, le chauf­feur

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