DU­RANT UN MOIS, TOUT EST PRÉ­CIEU­SE­MENT CAR­TO­GRA­PHIÉ ET COL­LEC­TÉ

Grands Reportages - - Australie -

que celles qui s’ébattent de­vant leurs yeux. Plus de stu­peur en­core lors­qu’ils ap­prennent que leur pro­chaine des­ti­na­tion, la Tas­ma­nie, compte par­mi les hauts lieux de l’ex­plo­ra­tion fran­çaise en Aus­tra­lie. Ils me pro­mettent de s’y in­té­res­ser dès leur ar­ri­vée. La route est longue jus­qu’à Adé­laïde. Il faut fran­chir l’interminable plaine de Nul­lar­bor jus­qu’à Ce­du­na, en­jam­ber la pé­nin­sule d’Eyre pour at­teindre Port Au­gus­ta et se lais­ser glis­ser tran­quille­ment vers la ca­pi­tale de l’Aus­tra­lie- Mé­ri­dio­nale avec plus de deux mille ki­lo­mètres de gou­dron dans les pneus. Pour­quoi Adé­laïde, d’ailleurs ? Une simple porte à tra­ver­ser pour ac­cé­der à la belle île aux Kan­gou­rous, par le fer­ry de Cape Jer­vis. À Kan­ga­roo Is­land, Bau­din est par­tout. Il re­père cette grande terre en avril1802, après une ren­contre for­tuite avec le jeune ex­plo­ra­teur an­glais Mat­thew Flin­ders, qui lui donne sa po­si­tion. Il re­vien­dra en jan­vier1803 pour une étude ap­pro­fon­die. Un mois du­rant le­quel on car­to­gra­phie avec pré­ci­sion, on col­lecte à tout- va, on en­grange nour­ri­ture et ani­maux vi­vants. Les hommes cap­turent entre autres des émeus qu’ils nomment « ca­soars » , une er­reur zoo­lo­gique qui ex­plique le nom sur­pre­nant de Ra­vine des Ca­soars ac­cro­ché à la su­perbe ré­serve na­tu­relle du bord ouest de l’île. Les oi­seaux sont des­ti­nés à Jo­sé­phine Bo­na­parte pour agré­men­ter son parc de La Mal­mai­son. Ils sur­vi­vront. Kan­ga­roo Is­land fait par­tie de ces lieux te­naces. La ma­jes­té de l’océan Aus­tral au cap du Coue­dic, les lions de mer de Seal Bay, ou les vols de pé­li­cans, m’ac­com­pa­gne­ront long­temps après avoir quit­té l’île.

Spi­rit of Tas­ma­nia de De­von­port. Une confor­table nuit en mer de­puis Mel­bourne pour re­joindre celle que les ex­plo­ra­teurs des XVIIIe et XIXe­siècles ap­pe­laient la « terre de Die­men » . La Tas­ma­nie d’alors était per­çue par les na­vi­ga­teurs comme une « oa­sis » du grand sud, l’un des très rares lieux où l’on sa­vait pou­voir trou­ver, après des mois de mer, des mouillages abri­tés, de l’eau douce, de la nour­ri­ture et du bois pour ré­pa­rer les ba­teaux. Il me faut un peu plus de quatre heures de route de­puis De­von­port pour re­joindre Du­nal­ley, au su­dest de l’île. Le site du pre­mier con­tact entre Eu­ro­péens et Abo­ri­gènes de Tas­ma­nie se trouve sur les terres de Matt Dun­ba­bin. On

Il est six heures ta­pantes quand le

vient bu­ter sur le quai

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