GRÂCE AUX ME­SURES DE PRO­TEC­TION, LA PO­PU­LA­TION DE VI­GOGNES – HIER ME­NA­CÉE – EST DÉ­SOR­MAIS STABLE

Grands Reportages - - Pérou -

Be­ring – alors ter­restre – pour peu­pler l’Asie et l’Afrique alors que l’autre – loin­tain an­cêtre de l’alpaca, du la­ma, du gua­na­co et de la vi­gogne – pre­nait la di­rec­tion du sud, vers les terres an­dines.

chac­cu, près de six cents vi­gognes convergent vers l’en­trée en en­ton­noir du cor­ral où les ton­deurs se tiennent prêts. Chaque ani­mal est ton­du en cinq mi­nutes chro­no puis re­lâ­ché. La pré­cieuse toi­son est en­suite rou­lée pour être en­tre­po­sée dans un lieu te­nu se­cret. Avec des prix pou­vant at­teindre huit cents dol­lars le ki­lo, la laine de vi­gogne est sans doute la plus pré­cieuse au monde – par com­pa­rai­son les meilleurs ca­che­mires se né­go­cient au­tour de trente- cinq dol­lars le ki­lo. Vê­tue d’une toi­son d’or, la jo­lie vi­gogne a dé­chaî­né toutes les convoi­tises et a été bra­con­née à ou­trance tout au long du XXe siècle. En 1960, on ne comp­tait plus que cinq mille in­di­vi­dus, un chiffre proche du seuil irréversible de l’ex­tinc­tion to­tale. « En 1970,

Moins de deux heures après le dé­part du

le vil­lage a réus­si à sau­ver sept vi­gognes que nous avons ca­chées pour les pro­té­ger des bra­con­niers mais c’était dan­ge­reux, c’était comme une guerre… » ra­conte Cons­tan­ti­no, ému. À ses yeux, le ca­mé­li­dé an­din n’est pas qu’un simple pour­voyeur de laine ; il est, avant tout, l’un des prin­ci­paux sym­boles de l’iden­ti­té cultu­relle Inca. À l’époque pré­co­lom­bienne, seul l’em­pe­reur – et peut- être quelques proches – avait le droit de por­ter de la laine de vi­gogne, tis­sée ex­clu­si­ve­ment par les vierges du so­leil re­cluses dans le temple de Cuz­co. L’ani­mal était sa­cré et plu­tôt que de le chas­ser, les In­cas pra­ti­quaient le chac­cu pour ré­col­ter la laine sans dé­ci­mer les trou­peaux. Lors­qu’en 1976 les États Unis et les pays Oc­ci­den­taux dé­cré­tèrent l’in­ter­dic­tion du com­merce de la laine de vi­gogne, les tra­fi­quants per­dirent l’es­sen­tiel de leur clien­tèle. Avec ce coup de frein sur le bra­con­nage, la princesse des Andes put en­fin re­naître tout en comp­tant sur l’aide des com­mu­nau­tés

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