Quand Franck Char­ton perd la tête au Na­ga­land (Inde).

LES DER­NIERS CHAS­SEURS DE TÊTE

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Après avoir es­sayé, sans suc­cès, de se rendre dans les an­nées 1990 chez les Na­gas bir­mans – alors en pleine junte mi­li­taire –, notre re­por­ter Franck Char­ton scru­tait, de­puis des lustres, les confins du Nord-Est de l’Inde, ré­pu­tés plus ac­ces­sibles, pour en­quê­ter sur les my­thiques Na­gas cou­peurs de tête… ou ce qu’il en res­tait. Ten­ta­tives avor­tées, chaque fois, faute des mys­té­rieux per­mis « in­ner line » et « spe­cial zone » du mi­nis­tère de l’In­té­rieur, ce der­nier en par­ti­cu­lier ra­re­ment ac­cor­dé pour cause de vo­la­ti­li­té po­li­tique et sé­cu­ri­taire. En­fin, cet au­tomne, mi­racle : Franck dé­croche le sé­same tant dé­si­ré ! Avec Lau­rige Boyer, un an­cien guide de Shan­ti Tra­vel ayant ré­cem­ment mon­té l’agence Eas­tern Routes, spé­cia­li­sée sur le Nord-Est de l’Inde, le duo a en­fin pu par­tir à la ren­contre des fa­meux Na­gas ta­toués dans leurs vil­lages de huttes pos­tés au som­met des jungles, sur les pié­monts hi­ma­layens. Un (dirt) road trip de trois bonnes se­maines entre Na­ga­land et Aru­na­chal Pra­desh, via l’As­sam et le Me­gha­laya, sur des routes in­nom­mables et par des tem­pé­ra­tures fris­quettes, ga­rantes d’éclair­cies (la météo y est l’une des plus hu­mides de la pla­nète !). Re­tour sains et saufs, la tête en­core sur les épaules (!) et des étoiles plein les yeux. Un flo­ri­lège de ren­contres fortes, de fes­ti­vals au­then­tiques et de mer­veilles cultu­relles et na­tu­relles ont ma­gni­fié ce (grand) re­por­tage, à pa­raître cou­rant 2017 dans les co­lonnes de votre ma­ga­zine fa­vo­ri.

© Franck Char­ton

L’an­cien guer­rier Apan Ko­nyak, 75 ans, de Long­wa, sur la fron­tière bir­mane. Ses ta­touages at­testent de

sa bra­voure pas­sée. « Nous avons tou­jours igno­ré l’étrange fron­tière dres­sée entre le Pays na­ga par les gou­ver­ne­ments in­dien et bir­man. J’étais jeune, alors, et les guerres tri­bales nous rem­plis­saient d’une ex­ci­ta­tion mê­lée d’an­goisse : ce que nous fai­sions aux vain­cus, cou­per leur tête à l’aide de nos ma­chettes et les ra­me­ner au vil­lage pour les ex­hi­ber dans l’arbre aux tro­phées, eux-mêmes le fai­saient aus­si, si nous étions cap­tu­rés ! » Les der­niers raids san­glants entre tri­bus eurent lieu dans les an­nées 1950. Au­jourd’hui, ce sont les chants lé­ni­fiants des mis­sions évan­gé­liques, qui ré­sonnent dans les mon­tagnes na­gas.

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