ÉVRARD WENDENBAUM

De la pho­to de mon­tagne à l’or­ga­ni­sa on d’ex­pés scien fiques.

Grands Reportages - - Sommaire - JEAN-MARC PORTE NATUREVOLUTION (SAUF MEN­TION)

J-M. P. : En­vi­ron­ne­men­ta­liste, réa­li­sa­teur, scien­ti­fique, grim­peur, aven­tu­rier… Toutes ces en­trées vous conviennent-elles, lorsque l’on parle de vous ?

E. W. : [Rire] Ce­la fait ef­fec­ti­ve­ment beau­coup pour un seul homme. Mais ce mé­lange des genres n’est qu’ap­pa­rent, même si je n’avais au­cune idée bien sûr, il y a vingt ans, de ce que je vou­lais de­ve­nir. J’ai gran­di en Isère. De­hors plu­tôt que de­dans. Mon grand frère m’a traî­né très jeune en mon­tagne, par exemple. À seize ans, je me suis ain­si re­trou­vé dans la face nord d’Ai­le­froide. Mes pa­rents m’ont lais­sé faire, ce qui était plu­tôt sym­pa. Je sais que je rê­vais d’être guide, ou sur­tout se­cou­riste en mon­tagne. J’ai même réus­si à ra­ter deux fois à un che­veu l’exa­men d’as­pi­rant guide. Ce­la peut dé­jà po­ser quelques bases de mon rap­port à la na­ture. Cô­té études, j’ai sui­vi plu­sieurs cur­sus dans le do­maine des sciences de la Terre. Fac de bio. De géo­lo­gie. J’ai pas­sé un an en stage de gla­cio­lo­gie… en Ari­zo­na. J’en ai pro­fi­té pour al­ler dé­cou­vrir les parcs de l’Ouest amé­ri­cain. Tout seul. Ce n’était plus la grimpe, ni les mon­tagnes de chez moi. Mais c’était un mi­lieu na­tu­rel pas fa­cile du tout… Po­ser un bi­vouac dans le Grand Ca­nyon et avoir un pu­ma le soir feu­lant de­vant sa tente, ce­la gé­nère un sen­ti­ment de vul­né­ra­bi­li­té qu’on a peu de chance de trou­ver en Eu­rope. Cette dé­cou­verte d’une na­ture beau­coup plus « sau­vage » que nos mondes un peu asep­ti­sés m’a pro­fon­dé­ment mar­qué.

J-M. P. : Et le ver­sant « en­vi­ron­ne­men­ta­liste » ?

E. W. : Je peux po­ser quelques re­pères ? J’ai beau­coup ai­mé la fi­gure de Théo­dore Mo­nod, par exemple. Sa ca­pa­ci­té à faire pas­ser un mes­sage à la fois scien­ti­fique et poé­tique me fas­ci­nait. Au­jourd’hui, les na­tu­ra­listes sont gé­né­ra­le­ment des ex­perts de do­maines très spé­cia­li­sés. Plus ra­re­ment des ex­plo­ra­teurs. Et in­ver­se­ment. Mo­nod re­pré­sen­tait un uni­vers où l’on pou­vait être les deux à la fois, au plein sens du terme. Plus près de nous, Jean-Louis Étienne, ou Ni­co­las Hulot, qui par­raine

au­jourd’hui Naturevolution, m’ont beau­coup mar­qué. C’est une émis­sion d’Ushuaia sur le mas­sif du Ma­kay, à Ma­da­gas­car, qui a d’ailleurs lit­té­ra­le­ment dé­clen­ché ma pre­mière ex­pé­di­tion là-bas. Plus in­ti­me­ment, je me sou­viens de dé­cep­tions pro­fondes, lorsque j’ai pu sai­sir, en­fant, que des mondes de grande na­ture étaient voués à dis­pa­raître to­ta­le­ment. À neuf ans, dans les bois au-des­sus de la mai­son, un chas­seur a bar­ré l’ac­cès vers notre pe­tite ca­bane. C’était l’an­ni­ver­saire de mon frère, j’étais avec ses co­pains. Il a bra­qué son fu­sil vers l’un d’entre nous, en hur­lant : « Dé­ga­gez, bande de mer­deux, la fo­rêt n’est pas pour vous ! » Ça a pro­ba­ble­ment abî­mé une uto­pie en moi, et en même temps, il a sans doute éveillé une forme de ré­volte, ou de conscience de quelque chose. Je peux être au bord du po­li­ti­que­ment incorrect ? Je suis de­puis tou­jours plus at­ta­ché aux ani­maux et aux plantes qu’aux pro­blèmes des hommes…

J-M. P. : Mais l’idée d’une na­ture « vierge » est une uto­pie ?

E. W. : Je peux prendre l’exemple du Ma­kay. La deuxième fois où j’y suis al­lé, en 2007, après une pre­mière ten­ta­tive un peu avor­tée trois ans plus tôt, nous avons re­mon­té avec deux amis la ri­vière qui tra­verse tout cet énorme mas­sif. Ça a été un choc ab­so­lu pour moi : ce­lui de me rendre compte con­crè­te­ment que même les coins les plus loin­tains, les plus in­ha­bi­tés, les plus in­ac­ces­sibles, pou­vaient être en dan­ger de des­truc­tion to­tale. Je ne m’at­ten­dais pas du tout à ce­la. Cô­té ex­plo­ra­tion pure, je sa­vais

« Même les lieux les plus in­ac­ces­sibles sont au­jourd’hui en dan­ger de des­truc­tion »

que ça al­lait me plaire, que mon ex­pé­rience de mon­tagne al­lait me ser­vir… Ça, j’adore. Cet es­prit de dé­cou­verte, de s’en­ga­ger pour les autres parce qu’il faut avan­cer dans des coins dif­fi­ciles. Mais dans des fo­rêts per­dues, quand tu tombes sur les traces de feux qui ont ra­va­gé des éco­sys­tèmes ul­tra-rares, il y a de quoi pleu­rer. C’est ce que j’ai fait d’ailleurs. Je ne com­pre­nais pas pour­quoi les gens ve­naient brû­ler les fo­rêts, ici. Alors qu’il n’y avait au­cune rai­son di­sons « rai­son­nable » de le faire. Pas de cultures. Pas d’ani­maux. Et je ne com­prends tou­jours pas ça. J’avais vingt­sept ans. Et d’un coup, tout s’est mis en place : après pas mal d’ex­pés et de voyages, de films et de re­por­tages pho­tos, j’ai su que je ne vou­lais plus res­ter sans rien faire de­vant ces mondes qui partent en fu­mée, qui dis­pa­raissent. Et je me suis dé­ci­dé à tra­vailler « contre » ce­la.

J-M. P. : Comment avez-vous avan­cé jus­qu’à de­ve­nir une ONG en charge de la pré­ser­va­tion de ce mas­sif ?

E. W. : En termes de pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment, je n’avais au­cune com­pé­tence, au­cune for­ma­tion di­recte. J’ai donc pas­sé un an à ré­flé­chir, tout en mon­trant dans des fes­ti­vals le film que j’avais réa­li­sé dans le Ma­kay. Et je me suis dit : il faut que je me dé­brouille pour y em­me­ner des scien­ti­fiques. Si je n’ai pas la lé­gi­ti­mi­té ou la for­ma­tion pour dire : « Là, il y a une bio­di­ver­si­té qui mé­rite d’être pro­té­gée », eux, ils l’au­ront. Il faut qu’on sorte des don­nées de ter­rain concrètes, tan­gibles. Le film que je pré­sen­tais est ain­si de­ve­nu une sorte de pro­mo­tion pour mon­ter l’ex­pé. En pa­ral­lèle, j’ai mon­té une as­so­cia­tion, re­cher­ché des par­te­naires fi­nan­ciers. Et je suis par­ti pour la pre­mière fois avec des scien­ti­fiques en 2009. Je de­vais au pas­sage réa­li­ser un film. Et nous avons eu beau­coup de chance ! Parce que juste à ce mo­ment, Ca­nal Plus lan­çait un pro­jet de té­lé­vi­sion 3D. Et ils cher­chaient ab­so­lu­ment un pro­gramme do­cu­men­taire. Moi, je pla­nais dans mes failles per­dues, quand mon pro­duc­teur m’a ap­pe­lé sur le té­lé­phone sa­tel­li­taire : « Tu as vingt-quatre heures pour te dé­ci­der, mais si tu es OK, ce se­ra le Ma­kay. »

« J’ai tou­jours été plus tou­ché par les pro­blèmes de la na­ture que par ceux des hommes… »

Le len­de­main, j’ai ré­pon­du oui. Je n’al­lais pas être le réa­li­sa­teur de cette su­per­pro­duc­tion en 3D, mais c’était d’abord et sur­tout une pos­si­bi­li­té de prime time sur une grande chaîne, pour par­ler de ce qui me te­nait tant à coeur… C’était fan­tas­tique, par rap­port à l’idée de faire connaître le « pro­blème du Ma­kay » ! La grosse mis­sion a donc eu lieu à che­val entre 2010 et 2011. Énorme tra­vail, plein de dé­fis. Deux mil­lions d’eu­ros de bud­get, un hé­li­co, une lo­gis­tique ci­né­ma dingue. C’était le plus gros tour­nage de do­cu­men­taire cette an­née-là. Je maî­tri­sais le casting scien­ti­fique, le choix des lieux. J’étais en charge de la lo­gis­tique du tour­nage. C’était énorme pour moi. Je suis moins fier de l’avoir fait que de ce que j’y ai ap­pris. Je re­grette des choses, qui n’au­raient pas dû être faites comme elles l’ont été, car elles ont mar­qué les es­prits des po­pu­la­tions lo­cales et ont frei­né mes dé­marches les an­nées sui­vantes.

J-M. P. : Mais vous aviez dé­jà mon­té Naturevolution ?

E. W. : Oui, l’as­so­cia­tion avait été créée en 2010. J’avais be­soin d’une struc­ture pour re­ce­voir les fi­nan­ce­ments dont nous avions be­soin pour ac­cueillir la di­men­sion scien­ti­fique de nos ex­plo­ra­tions. Mais je ne sa­vais pas du tout que ce­la al­lait dé­bou­cher sur un ver­sant de pure pré­ser­va­tion. Au fil des ex­pés sur place, on sor­tait avec des don­nées, des in­ven­taires, des ar­ticles, des films, de quoi faire des ex­pos, des confé­rences. Et après ? Après la sen­si­bi­li­sa­tion, il pa­rais­sait évident qu’il fal­lait éga­le­ment pro­té­ger le Ma­kay di­rec­te­ment. Sur place, j’ai com­men­cé à ren­con­trer beau­coup d’ONG qui tra­vaillent à Ma­da, du WWF à L’Homme et l’En­vi­ron­ne­ment… Toutes me di­saient : on a bien as­sez de sou­cis avec nos pro­grammes. On ne peut pas suivre. Fin 2011, je suis donc al­lé voir di­rec­te­ment le mi­nistre de l’En­vi­ron­ne­ment à Ma­da. J’ai juste dit : « Nous sommes une pe­tite ONG fran­çaise. Nous ai­me­rions lan­cer le pro­ces­sus de pro­tec­tion de la ré­gion du Ma­kay. » Nous n’étions pas tout à fait dé­mu­nis. Le film, les livres exis­taient. On n’était pas si pe­tit que ce­la, de fait… Et ça nous a énor­mé­ment ser­vi. Clai­re­ment : la créa­tion de l’aire pro­té­gée doit bien plus au film, par exemple, qu’à toutes les don­nées scien­ti­fiques que nous avons pu ra­me­ner. C’est un peu ca­ri­ca­tu­ral, mais on voit bien que la seule chose qui in­té­resse les gens… c’est le film. Les dos­siers pu­re­ment scien­ti­fiques fi­nissent en gé­né­ral dans les ti­roirs.

J-M. P. : Vous êtes alors de­ve­nus les ges­tion­naires res­pon­sables de ce pro­jet ?

E. W. : Le mi­nistre nous a dit : « Je veux bien vous ai­der », mais ça ne s’est pas fait tout de suite. J’ai dé­po­sé un dos­sier où j’in­di­quais la zone de pro­tec­tion que j’es­ti­mais, à mon ex­pé­rience, né­ces­saire. On nous a alors de­man­dé de sen­si­bi­li­ser les po­pu­la­tions lo­cales au pro­jet. Con­crè­te­ment : il a fal­lu par­tir dans tous les vil­lages, al­ler pa­la­brer avec le sor­cier, le chef lo­cal, pour ex­pli­quer le dos­sier. Et re­ve­nir bien sûr avec des si­gna­tures des re­pré­sen­tants de toutes les com­mu­nau­tés. Ber­nard For­geau, le di­rec­teur de Naturevolution Ma­da­gas­car s’est to­ta­le­ment im­pli­qué dans cette par­tie. Et en mai 2015, nous avons été dé­cla­rés ges­tion­naire de l’aire pro­té­gée tem­po­raire du Ma­kay.

J-M. P. : Un énorme ter­ri­toire, pour une pe­tite ONG. Comment s’est pas­sé le pas­sage entre por­teur d’un pro­jet et res­pon­sa­bi­li­té de ter­rain ?

E. W. : Si nous n’avions pas eu cette dé­lé­ga­tion, ça n’au­rait rien chan­gé pour moi, du cô­té de mon en­ga­ge­ment pour le mas­sif. Je ne fais pas tout ça pour le gou­ver­ne­ment ; je le fais pour le Ma­kay. Ce qui change, par contre, c’est que dans les vil­lages, on s’ap­puie clai­re­ment sur le fait que nous sommes dé­sor­mais ges­tion­naires d’un pro­jet. Et c’est très dif­fé­rent d’un « avant » où nous n’étions qu’une ONG pleine de bonne vo­lon­té. Les gens, sur place, nous voient dif­fé­rem­ment… Ce­ci dit : ce pro­jet m’a pris quatre ans pleins. Il m’a par­fois épui­sé. Je me suis de­man­dé plu­sieurs fois si je de­vais m’ins­tal­ler sur place, à Ma­da. Et je me le de­mande en­core, sou­vent. Mais j’ai ap­pris à m’en­tou­rer de gens, que ce soit Ber­nard ou nos équipes d’éco­vo­lon­taires. Sans eux, je sais que dès que l’on quitte le ter­rain, les pé­pi­nières dont nous nous oc­cu­pions vont s’ar­rê­ter, que les feux vont re­par­tir… Bref, avoir des équipes com­pé­tentes, pour conti­nuer d’avan­cer, c’est in­dis­pen­sable…

J-M. P. : L’un des Lost Worlds de Naturevolution se si­tue en In­do­né­sie. Pour­quoi vous êtes-vous in­té­res­sé à cette ré­gion ?

« Les gens sont bien plus sen­sibles aux images qu’à n’im­porte quel rap­port scien­ti­fique »

E. W. : En 2012, nous avons eu la chance de par­tir ex­plo­rer, très par­tiel­le­ment, le mas­sif kars­tique de Ma­ta­rom­beo, au sud-est de Su­la­we­si. On en a pris plein les yeux. Ça m’a re­mis en mou­ve­ment, sur un tout autre type d’en­vi­ron­ne­ment. Luc-Hen­ri Fage, spé­léo­logue spé­cia­liste de l’art ru­pestre dans cette ré­gion du globe, m’avait ame­né, lui, à Bor­néo dans les monts Ma­rang. Nous avions juste pu consta­ter que, sur près de huit cents ki­lo­mètres, à quelque six ans d’in­ter­valle,la fo­rêt avait dis­pa­ru, ava­lée par les ex­ploi­ta­tions de pal­miers à huile. En moins de dix ans, les Dayaks qui vi­vaient dans et par la fo­rêt, étaient de­ve­nus les hôtes d’un truc mort en termes de bio­di­ver­si­té, ar­ro­sé mas­si­ve­ment au Roun­dup… Il vou­lait me mon­trer ce coin, pour que je l’in­clue dans nos plans de pré­ser­va­tion. En 2014, nous y avons mon­té une pe­tite mis­sion scien­ti­fique. Le per­mis était dé­li­cat à ob­te­nir ; on est par­tis avec très peu de moyens. Vingt per­sonnes, cinq scien­ti­fiques, dont Luc-Hen­ri, qui a fait un rap­port ma­gni­fique sur les pein­tures et la par­tie ar­chéo­lo­gique. De­puis cette mis­sion, les ri­chesses ar­chéo­lo­giques et na­tu­relles de ce sec­teur ne font plus de doute, et ce tra­vail de­vrait dé­bou­cher sur la mise en place de me­sures de con­ser­va­tion. Nous tra­vaillons sur d’autres ex­pé­di­tions scien­ti­fiques en­core, là-bas…

J-M. P. : Et vous re­ve­nez juste du Groen­land ?

E. W. : Oui, trois mois dans le Sco­res­by Sund, sur la côte est. Des équipes trans­dis­ci­pli­naires ont tra­vaillé sur la bio­lo­gie, la gla­cio­lo­gie, la géo­phy­sique de ces mondes tou­chés par les ef­fets du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique. Le Groen­land est un im­mense en­jeu ; Sco­res­by Sund est au sud du plus grand parc na­tio­nal du globe. Boeufs mus­qués, nar­vals, ba­leines franches, morses, phoques, loups arctiques… tous vivent ici, s’y re­pro­duisent. Les po­pu­la­tions lo­cales perdent leurs modes de vies ori­gi­nels, leur culture ba­sée sur un équi­libre avec leur en­vi­ron­ne­ment. Ils sont dans la même confi­gu­ra­tion que les ours po­laires d’une cer­taine ma­nière. Et ils voient pas­ser au loin les ba­teaux de tou­ristes et de pêche. Des pa­que­bots de cinq cents per­sonnes, qui viennent nour­rir les ours po­laires juste pour les pho­to­gra­phier… Si l’on n’en fait rien, d’autres fe­ront : les pé­tro­liers, les mi­neurs, les pê­cheurs… Tous ces lieux vont être sa­cri­fiés, certes pour notre bien-être à nous, en fin de compte, mais pas pour le bien-être des po­pu­la­tions lo­cales ou de l’en­vi­ron­ne­ment. Je ne me pose même pas la ques­tion du « est-ce qu’il faut agir vite ou pas vite ? ». Il faut le faire avant que d’autres s’y at­tellent pour des mo­tifs pu­re­ment mer­can­tiles…

J-M. P. : Vous avez ré­cem­ment gui­dé des groupes de mar­cheurs au Ma­kay. N’estce pas pa­ra­doxal d’em­me­ner des vi­si­teurs là où l’on pense « pré­ser­va­tion » ?

E. W. : Non, je pense que l’éco­tou­risme est une res­source lo­cale ma­jeure, sûre et as­sez fa­cile à maî­tri­ser. Après cette ex­pé, j’ai me­né des réunions avec les prin­ci­paux tour-opé­ra­teurs lo­caux, à Ta­na­na­rive. C’était très in­té­res­sant de voir qu’ils ne sont pas au cou­rant de grand-chose, en réa­li­té. Der­rière les la­bels de tou­risme res­pon­sable, il n’y a pas de ré­flexion réelle. Sur le Ma­kay, nous avons fait des pro­po­si­tions qui conviennent, à mon sens, au mas­sif. C’est à nous au­jourd’hui d’exi­ger des choses, de mettre en place une charte, des obli­ga­tions de sui­vi des groupes… Quel guide, quel por­teur de quel vil­lage, quels sa­laires, com­bien de per­sonnes, quels bi­vouacs ? À par­tir de là, nous pour­rons ré­agir. Si le pro­blème des dé­chets ou du bois pose sou­ci, nous sau­rons de quoi, et de qui, on parle. Et si ça ne marche pas… on peut aus­si tout ar­rê­ter.

En 2010­2011, Évrard réa­lise Les aven­tu­riers du monde per­du, au Ma­kay, pour Ca­nal Plus. Un tour­nant pour la pro­tec on du mas­sif mal­gache.

Un nou­veau dé­fi de pré­ser­va on et d’ex­plo­ra on : les su­blimes ré­seaux kars ques iso­lés de Ma­ta­rom­beo, dans le Sud­Est de Su­la­we­si, en In­do­né­sie.

Évrard avec des équipes de por­teurs dans le mas­sif du Ma­kay. Une zone pro­té­gée dont l’as­so­cia on Na­ture­vo­lu on as­sure la ges on de­puis deux ans.

Der­nier ter­ri­toire dans le vi­seur de Na­ture­vo­lu on ? Du­rant l’été 2016, trois mois de re­cherche plu­ri­dis­ci­pli­naire ont été me­nés au Groen­land, pour mieux cer­ner les en­jeux lo­caux du ré­chauf­fe­ment cli­ma que.

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