DE RE­TOUR DE LA WES­TERN BREACH

VOI­LÀ LONG­TEMPS QUE NOUS RÊ­VIONS DE GRA­VIR LE TOIT DE L’AFRIQUE PAR SA VOIE LA PLUS AL­PINE. EN PRÉ­AM­BULE DE NOTRE NU­MÉ­RO « SPÉ­CIAL KILI » À PA­RAÎTRE CET AU­TOMNE, NOTRE JOUR­NA­LISTE LAU­RENCE FLEURY NOUS LIVRE SES PRE­MIÈRES IM­PRES­SIONS.

Grands Reportages - - Le Mag - TEXTE & PHO­TO LAU­RENCE FLEURY

« La Wes­tern Breach ? Et vous pen­sez que votre casque vous épar­gne­ra des blocs de pierre qui dé­grin­golent ? » s’ex­clame un guide tan­za­nien à l’an­nonce de notre iti­né­raire. Ré­pu­tée pour être la voie la plus dif­fi­cile et la plus tech­nique du Ki­li­mand­ja­ro (5 895 m), la Wes­tern Breach est ra­re­ment par­cou­rue. Fan­tas­mée pour les uns, ef­frayante pour les autres, c’est le « must » du point culmi­nant de l’Afrique. Son in­té­rêt ma­jeur reste l’am­biance, au coeur d’un dé­dale mi­né­ral dé­li­té aux formes ex­tra­va­gantes. Non dé­nuée de risques, elle re­quiert d’être très vi­gi­lant et de ne pas traî­ner sous les pas­sages ex­po­sés. Mais le peu de fré­quen­ta­tion et le fait de gra­vir le som­met en plein jour res­tent des atouts de taille. Sans ou­blier que cet iti­né­raire im­pose un ul­time camp d’ex­cep­tion : une nuit dans le cra­tère, à 5 765 mètres d’al­ti­tude. Une nuit ma­gique, si l’on ne souffre pas du mal ai­gu des mon­tagnes, re­la­ti­ve­ment fré­quent à cette al­ti­tude. Seul au monde, au coeur même de ce qu’il reste de gla­ciers échoués sur le sable, on s’offre l’as­cen­sion som­mi­tale en fin d’après-mi­di, lorsque le toit de l’Afrique est re­de­ve­nu dé­sert et que la foule, qui s’y presse chaque ma­tin par la voie nor­male, est re­des­cen­due. Le Kili rien que pour soi !

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