MI­CHAEL FASS­BEN­DER

L'HOMME AUX MILLE VI­SAGES !

GREATER PARIS - - [Interview] Rencontrer -

Mi­chael Fass­ben­der prouve que mal­gré ses rôles sou­vent très in­tenses, il est ca­pable de s'amu­ser et de pro­fi­ter des avan­tages de son sta­tut de nou­velle star. Ren­contre.

Vous sem­blez avoir un vrai pen­chant pour in­ter­pré­ter des per­son­nages mé­chants, dé­viants, ex­trêmes… qui sym­bo­lisent les tra­vers et sombres dé­si­rs de l’homme. C’est votre truc de mettre en lu­mière les failles que l’hu­ma­ni­té tente sou­vent de ca­cher ? Ce qui est vrai c’est que je suis vrai­ment fou! Heu­reu­se­ment, pas au point de me dé­truire... Nous le sommes tous un peu. Re­con­naître la fo­lie est bien plus in­té­res­sant que de l'igno­rer. Re­gar­dez com­ment nous vi­vons sur cette pla­nète, il n'y a pas de doute, c'est plu­tôt hal­lu­ci­nant – et donc fas­ci­nant ! Les scènes cho­quantes, les scènes vio­lentes ne sont ja­mais fa­ciles à faire… Mais je me pré­pare à fond pour trou­ver la psy­cho­lo­gie d’un per­son­nage. Pour le rôle d'ed­win Epps que j’in­ter­pré­tais dans le film 12 Years A Slave de Steve Mcqueen, je de­vais ab­so­lu­ment être pré­cis puis­qu'il s'agis­sait d'une his­toire vraie. So­lo­mon Nor­thup a vrai­ment exis­té ; il a vé­cu douze ans en es­cla­vage. C'était un de­voir de rendre jus­tice aux es­claves qui ont vé­cu ce cal­vaire. Mal­gré votre pro­pen­sion à adop­ter les traits de « su­per vi­lains » ou de per­son­nages mé­pri­sables, vous êtes per­çu comme un sex-sym­bol. Trou­vez­vous ce­la étrange ? Non, je trouve ce­la par­fai­te­ment nor­mal. Que vou­lez-vous dire par là (rires)?! Je suis bien dans ma peau, ça ne me dé­range pas de me pro­je­ter dans la lai­deur de mes per­son­nages, celle de l'hu­ma­ni­té ou en­core celle cen­trée sur moi-même. Les femmes qui sont bien dans leurs peaux sont les plus at­ti­rantes. Peut-être que l'at­trac­tion que je pro­voque a quelque chose à voir avec ça... Hon­nê­te­ment, je trouve le sta­tut de sex-sym­bol un peu ef­fa­rant et ri­di­cule mais ça me convient. Vous êtes en­tré dans la ca­té­go­rie des ac­teurs « ban­kable » en 2011 avec le beau et dé­ran­geant Shame, où vous cam­piez les traits d’un sex-ad­dict com­pul­sif et qui a por­té à contro­verse. Cette ex­pé­rience a-t-elle mo­di­fié l’image que vous aviez de vous-même ? D’un point de vue nar­cis­sique, ab­so­lu­ment pas ; je me trou­vais dé­jà beau gar­çon avant, et le film n’a fait que confir­mer (rires) ! Plus sé­rieu­se­ment, ce rôle a été un dé­clen­cheur ; il m’a fait voir d’autres pos­si­bi­li­tés que je pou­vais ex­plo­rer ; no­tam­ment des rôles plus phy­siques, plus in­tenses ; axés sur une vi­ri­li­té ex­po­sée sans pu­deur. Et il m’a ou­vert la voie à des rôles prin­ci­paux. Je pense que c’est grâce à cette ex­pé­rience/per­for­mance qu’au­jourd’hui je peux jouer dans des sa­gas comme les X Men ou As­sas­sin’s Creed. Vous êtes l’une des stars de l’im­pres­sion­nant cas­ting (R. Gos­ling, C. Blan­chett, C. Bale, N. Port­man…) de Weight­less, le pro­chain film de Ter­rence Ma­lick, pré­vu pour le prin­temps 2017. Il a pour en­vi­ron­ne­ment la scène mu­si­cale d’aus­tin, au Texas, au dé­but des an­nées 2010. Ce­la fait quoi de voir au­tant de stars au mètre car­ré ? Ha­ha­ha­ha ce­la fait du bien, et en même temps on trouve ce­la tout à fait étrange ! Mais les vraies stars pour moi, c’étaient Ig­gy Pop et John Ly­don (an­cien­ne­ment John­ny Rot­ten et ex­lea­der des Sex Pis­tols ndlr) avec qui j’ai tour­né des scènes et vé­cu de vé­ri­tables mo­ments de dé­lires en de­hors du pla­teau. Ces gars sont des géants ! Vrai­ment fous, fas­ci­nants, et in­ca­pables d’être autre chose qu’eux même ! Vous avez tour­né deux films (dont le ré­cent As­sas­sin’s Creed) avec Ma­rion Co­tillard, notre « mo­vie star » na­tio­nale. Vous a-t-elle van­té les charmes de la France, et de Pa­ris en par­ti­cu­lier ? Ma­rion re­pré­sente dé­jà tout le charme fran­çais à elle seule (rires) ! Apres le tour­nage du film Pro­me­theus en 2012, j’ai eu be­soin de faire un break. J’ai pris une an­née sab­ba­tique à voya­ger à mo­to avec mon père. C’était fan­tas­tique : Sa­ra­je­vo, Du­brov­nik, l’ita­lie, la France et l’es­pagne. À mo­to, on a ce sen­ti­ment fou de puis­sance, de vi­tesse et de li­ber­té. En France, j’ai ren­con­tré des gens su­per. On a sur­tout vi­si­té la France des cam­pagnes ; celle des vil­lages et des tra­di­tions… On ne s’est pas ar­rê­té à Pa­ris. Je garde ce cha­pitre pour le mo­ment où je se­rai to­ta­le­ment dis­po­nible pour dé­cou­vrir la ville qui a tou­jours fait fan­tas­mer ma ma­man.

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