CO­LAS, LEA­DER MON­DIAL DE LA ROUTE IN­NOVE AVEC LA ROUTE SO­LAIRE WATTWAY

En­tre­tien avec HEN­RI MOLLERON Di­rec­teur En­vi­ron­ne­ment du groupe Co­las

Green Innovation - - Habitat Durable Smart Cities & -

Pou­vez-vous évo­quer la

De nom­breuses per­sonnes s’in­ter­rogent sur la no­tion de route de 5e gé­né­ra­tion (R5G) in­tel­li­gente et câ­blée ; je di­rais même que nous rê­vons tous de cette route fu­tu­riste. Mais la route est un ob­jet concret et elle se re­nou­velle très len­te­ment. À ce jour, au­cun pays n’a les moyens de re­nou­ve­ler sur une pé­riode brève l’en­semble de ses in­fra­struc­tures rou­tières, compte te­nu de l’in­ves­tis­se­ment que ce­la re­pré­sente. La ques­tion est ain­si de faire co­ha­bi­ter des por­tions de routes clas­siques avec des por­tions de routes de 5e gé­né­ra­tion. Le che­min de cette route du fu­tur reste donc à tra­cer… en te­nant compte du poids du pa­tri­moine ac­cu­mu­lé. D’une cer­taine fa­çon, c’est le contraire de la rup­ture. Green In­no­va­tion. Mais l’in­no­va­tion de rup­ture reste-t-elle quand même pos­sible dans la route ? Hen­ri Molleron. Oui, nous de­vons faire des rup­tures « com­pa­tibles » ! À titre d’exemple, nous sa­vons fa­bri­quer une route avec un bi­tume vé­gé­tal, le Vé­gé­col. Ce der­nier est un sub­sti­tut bio­sour­cé au bi­tume pé­tro­lier. Et l’on peut pas­ser d’une sec­tion réa­li­sée en en­ro­bé bi­tu­mi­neux à une sec­tion en en­ro­bé au liant Vé­gé­col sans que ce­la soit un pro­blème pour les voi­tures ! Il en va de même pour Wattway : on peut pas­ser fa­ci­le­ment d’une route nor­male à une route re­vê­tue de dalles pho­to­vol­taïques Wattway. Dans ces deux cas, il y a à la fois rup­ture tech­nique spec­ta­cu­laire et com­pa­ti­bi­li­té avec les routes exis­tantes. Green In­no­va­tion. Wattway four­nit une éner­gie propre et re­nou­ve­lable, tout en per­met­tant la cir­cu­la­tion de tout type de vé­hi­cule… Hen­ri Molleron. Oui, ab­so­lu­ment. Wattway est aus­si une très belle aven­ture hu­maine avec des convic­tions fortes ! C’est ain­si que la route so­laire est née, en as­so­cia­tion avec l’Ins­ti­tut national de l’éner­gie so­laire (INES). Ce tra­vail me­né conjoin­te­ment a du­ré cinq ans et a même failli être aban­don­né quand les cel­lules sur les­quelles nous tra­vail­lions ont été ba­layées par la concur­rence des cel­lules de si­li­cium po­ly­cris­tal­lin de pro­ve­nance chi­noise. Néan­moins, nous nous sommes re­mis au tra­vail avec ces nou­velles cel­lules et nous avons pu mettre au point la route so­laire Wattway. Green In­no­va­tion. À ce jour, quelle est votre stra­té­gie com­mer­ciale quant à Wattway ? Hen­ri Molleron. Au­jourd’hui, notre po­si­tion face à cette ques­tion est ex­trê­me­ment nuan­cée. Il nous semble im­pos­sible d’im­po­ser un bu­si­ness mo­del sur cette ques­tion. En ef­fet, nous pen­sons qu’il est in­dis­pen­sable de te­nir compte de la plu­ra­li­té de la de­mande. Il n’y a au­cune rai­son de « pous­ser » vers un mo­dèle d’ex­ploi­ta­tion unique. Ac­tuel­le­ment, nous sommes dans une phase de réa­li­sa­tion d’une cen­taine de chan­tiers d’ap­pli­ca­tions avec nos clients. À l’is­sue de cette pé­riode, nous se­rons en me­sure de dé­fi­nir une ty­po­lo­gie qui cor­res­pon­dra aux usages. C’est alors que nous pour­rons en­trer dans les phases dites d’in­dus­tria­li­sa­tion et d’ex­ploi­ta­tion… avec, je dois dire, une no­tion d’éco­sys­tème ap­pli­ca­tif. En fait, ce nou­veau pro­duit nous confronte à l’éco­no­mie de fonc­tion­na­li­té. Green In­no­va­tion. Quelle a été la ré­ac­tion du mar­ché par rap­port à votre route so­laire ? Hen­ri Molleron. Wattway a sus­ci­té un grand éton­ne­ment de la part de l’en­semble du mar­ché… et beau­coup d’in­té­rêt, je di­rais même un énorme en­thou­siasme ! Nous avons re­çu des cen­taines de sol­li­ci­ta­tions du monde en­tier (pri­vées et pu­bliques) à l’is­sue de la sor­tie des pre­miers dé­mons­tra­teurs et de la cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion qui l’ac­com­pa­gnait. Nous al­lons fi­na­li­ser une cen­taine de pro­jets, en éta­blis­sant un choix per­ti­nent par­mi ces sol­li­ci­ta­tions… Nous contrac­tua­li­se­rons avec les clients qui re­pré­sentent une di­ver­si­té de condi­tions d’ex­ploi­ta­tion. Nous pen­sons que, à terme, il n’y a pas de li­mite à trans­for­mer les routes en une sur­face qui ap­porte plus qu’une sur­face de rou­le­ment. On peut très bien pen­ser que d’ici à vingt ans beau­coup de routes se­ront so­laires…

Propos recueillis par Ma­rie Cor­net-Ash­by

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