La COP22 signe une étape fon­da­men­tale dans l’ac­tion en fa­veur du climat

Green Innovation - - Sommaire - En­tre­tien avec HAKIMA EL HAITE Propos recueillis par Ma­rie Cor­net-Ash­by

Mi­nistre dé­lé­guée char­gée de l’en­vi­ron­ne­ment et cham­pionne de haut ni­veau pour le climat du Ma­roc Green In­no­va­tion. Avez-vous res­sen­ti une forte mo­bi­li­sa­tion de la part de la so­cié­té ci­vile et des chefs d’État lors de la COP22 qui s’est te­nue du 7 au 18 no­vembre à Mar­ra­kech ?

Hakima El Haite. Ab­so­lu­ment. Il y a eu une très forte mo­bi­li­sa­tion à la COP22. Et je di­rais même une mo­bi­li­sa­tion sans pré­cé­dent, avec 24000 par­ti­ci­pants dans la zone verte de la so­cié­té ci­vile et 5000 par­ti­ci­pants dans l’agen­da glo­bal de l’Ac­tion. Et l’on ne pou­vait pas ne pas être sa­tis­fait cô­té mo­bi­li­sa­tion… La COP22 est la COP qui a connu la plus forte mo­bi­li­sa­tion dans l’his­toire des né­go­cia­tions cli­ma­tiques, avec plus de 50 000 par­ti­ci­pants par jour !

Green In­no­va­tion. SM le roi Mo­ham­med VI a pro­po­sé de­vant le Som­met afri­cain de l’ac­tion, en marge de la COP22, de des­si­ner une Afrique ré­si­liente aux chan­ge­ments cli­ma­tiques…

Hakima El Haite. L’Afrique paie le plus for­te­ment les consé­quences du dé­rè­gle­ment cli­ma­tique au quo­ti­dien. Au­jourd’hui, ce conti­nent riche où vivent des gens pauvres se doit d’en­ri­chir ces peuples. Ce­la ne peut être fait que si l’Afrique se dé­ve­loppe, et sur un mo­dèle qui prend en consi­dé­ra­tion le climat comme un fac­teur struc­tu­rel et la crois­sance verte comme une com­po­sante d’un mo­dèle de po­li­tique éco­no­mique. Ce conti­nent doit se consi­dé­rer comme étant le ré­ser­voir des so­lu­tions et des éner­gies re­nou­ve­lables à tra­vers le monde. L’es­sen­tiel de l’in­fra­struc­ture dont a be­soin l’Afrique n’existe pas en­core… Donc, au­jourd’hui, l’Afrique peut de­ve­nir cette nou­velle ci­vi­li­sa­tion sobre en car­bone. Et pour ce­la, Sa Ma­jes­té a dé­ci­dé de te­nir ce Som­met afin de tracer une feuille de route d’une l’Afrique ré­si­liente.

Green In­no­va­tion. Mar­ra­kech a lan­cé un par­te­na­riat pour une ac­tion cli­ma­tique glo­bale pour la pé­riode 2017-2020. Nom­mée « cham­pionne de haut ni­veau pour le climat » pour le Ma­roc, comme Lau­rence Tu­bia­na pour la France, vous avez inau­gu­ré la plate-forme « 2050 Patt­ways »…

Hakima El Haite. Ce par­te­na­riat entre les par­ties éta­tiques et non éta­tiques est une par­faite réus­site! Il est le pre­mier de ce genre sous l’égide des Na­tions unies sur la ques­tion du climat. Ce­la au­gure bien d’une nou­velle dy­na­mique de lutte contre le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique. La plate-forme «2050 Patt­ways» est celle des stra­té­gies de long terme. Elle vient en­cou­ra­ger les pays à s’ins­crire dans cette même vi­sion in­dis­pen­sable à une ac­tion glo­bale. Avoir une ac­tion glo­bale, connaître les stra­té­gies des pays, se fixer des ob­jec­tifs de long terme per­mettent de créer une confiance entre tous les ac­teurs. Et ces en­ga­ge­ments per­mettent à leur tour de ras­su­rer les in­ves­tis­seurs. Cette ini­tia­tive est ex­trê­me­ment im­por­tante, car elle peut en­clen­cher ce chan­ge­ment de dy­na­mique de modes de pro­duc­tion, d’in­dus­tria­li­sa­tion et donc, de mo­dèle de so­cié­té et de ci­vi­li­sa­tion. Tout ce qui est proche de l’ave­nir de l’hu­ma­ni­té me pas­sionne. Et cette no­mi­na­tion me touche par­ti­cu­liè­re­ment, car elle cor­res­pond à une cause que je porte. Ef­fec­ti­ve­ment, c’est une confiance qui m’ho­nore et me place dans une si­tua­tion de grande res­pon­sa­bi­li­té.

Green In­no­va­tion. Au­jourd’hui, quel est votre bi­lan quant aux avan­cées de cette 22e confé­rence in­ter­na­tio­nale de l’ONU sur les chan­ge­ments cli­ma­tiques ?

Hakima El Haite. Il y a trois ap­ports im­por­tants hor­mis les né­go­cia­tions. D’abord, ce­lui du par­te­na­riat de Mar­ra­kech, qui est ex­cep­tion­nel. Le deuxième as­pect es­sen­tiel est ce­lui de l’en­ga­ge­ment des ac­teurs non éta­tiques à la ré­duc­tion des émis­sions de gaz à ef­fet de serre. Et chaque sec­teur s’est en­ga­gé ! Le troi­sième as­pect est ce­lui des en­ga­ge­ments des ins­ti­tu­tions fi­nan­cières pu­bliques et pri­vées. C’est la né­go­cia­tion des 100 mil­liards. La for­ma­tion de la pre­mière coa­li­tion fi­nan­cière cli­ma­tique est vé­ri­ta­ble­ment une grande étape. Cette COP22 s’est dis­tin­guée par une ac­tion in­ter­na­tio­nale tan­gible, cré­dible et concrète. La né­go­cia­tion est consen­suelle. Il reste à pour­suivre évi­dem­ment sur ce che­min et à ac­cé­lé­rer la trans­for­ma­tion glo­bale…

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