Bpi­france ac­com­pagne la crois­sance des en­tre­prises

Green Innovation - - Greentech & Innovations Durables - EN­TRE­TIEN AVEC NI­CO­LAS DUFOURCQ Propos recueillis par Ma­rie Cor­net-Ash­by Le nou­veau sège de Bpi­france à Mai­sons-Al­fort, près de Pa­ris. (© Bpi­france)

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reen In­no­va­tion. Bpi­france a tout juste quatre ans. Quelle est sa con­tri­bu­tion à l’éco­no­mie fran­çaise ?

Ni­co­las Dufourcq. Bpi­france est un groupe en­tiè­re­ment tour­né vers ses clients, les en­tre­prises de toutes tailles et de tous sec­teurs, qui dis­posent dans chaque ré­gion d’un point d’en­trée unique pour ac­cé­der une large gamme de pro­duits fi­nan­ciers et d’ac­com­pa­gne­ment de leur crois­sance. La proxi­mi­té de Bpi­france avec le ter­rain, la sim­pli­ci­té de son or­ga­ni­sa­tion et son mode de fonc­tion­ne­ment aux meilleurs stan­dards du sec­teur pri­vé en font un par­te­naire de confiance des en­tre­pre­neurs. Ce mo­dèle a dé­mon­tré son ef­fi­cience et son uti­li­té. De­puis sa créa­tion en 2013, l’ac­tion de Bpi­france a per­mis d’in­jec­ter en­vi­ron 170 Md€ dans l’éco­no­mie fran­çaise. Bpi­france, qui in­ter­vient en ga­ran­tie des prêts ban­caires, en co­fi­nan­ce­ment et en co-in­ves­tis­se­ment avec les ac­teurs pri­vés, en­gendre un puis­sant ef­fet d’en­traî­ne­ment sur ces der­niers.

Green In­no­va­tion. Toutes les en­tre­prises peuvent s’adres­ser à vous ?

Ni­co­las Dufourcq. Oui, toutes, de la TPE sans sa­la­rié aux plus grands groupes. Bpi­france fi­nance chaque an­née, quelque 6000 en­tre­prises en cré­dits, 6000 en aides (sub­ven­tions et avances rem­bour­sables) et prêts à l’in­no­va­tion, dont 4 000 start-ups et 2 000 PME et ETI. Chaque an­née, Bpi­france réa­lise des in­ves­tis­se­ments di­rects dans plus de 180 en­tre­prises, dont 50 start-ups. Nous fi­nan­çons aus­si, in­di­rec­te­ment, 60000 TPE chaque an­née en ga­ran­tis­sant leurs cré­dits ban­caires. Bpi­france est aus­si pré­sent dans des grands groupes : en té­moigne la re­prise des parts de l’APE (l’Agence des Par­ti­ci­pa­tions de l’État) dans PSA par exemple.

Green In­no­va­tion. Bpi­france a re­pris l’ac­ti­vi­té ga­ran­tie pu­blique de Co­face le 1er jan­vier 2017. Qu’ap­porte de nou­veau la banque dans ce do­maine ? Ni­co­las Dufourcq. Le trans­fert à Bpi­france de la ges­tion des ga­ran­ties pu­bliques à l’ex­por­ta­tion per­met à toutes les en­tre­prises fran­çaises

de dis­po­ser d’un point de contact unique sus­cep­tible de ré­pondre à leurs be­soins en ma­tière de dé­ve­lop­pe­ment à l’ex­port. Il marque une étape dé­ci­sive de la sim­pli­fi­ca­tion du dis­po­si­tif pu­blic d’ac­com­pa­gne­ment fi­nan­cier des en­tre­prises à l’international. Il leur per­met de bé­né­fi­cier dé­sor­mais d’un conti­nuum de ser­vices en ma­tière de fi­nan­ce­ment, d’as­su­rance et d’ac­com­pa­gne­ment. L’ob­jec­tif de Bpi­france est de ga­ran­tir l’ex­cel­lence de l’ac­com­pa­gne­ment four­ni aux grands groupes tout en ren­for­çant si­gni­fi­ca­ti­ve­ment l’uti­li­sa­tion de l’as­su­rance-cré­dit ex­port par les PME et ETI, grâce à son l’im­plan­ta­tion ter­ri­to­riale. D’ici trois ans nous comp­tons ain­si dou­bler le nombre de PME bé­né­fi­ciaires.

Green In­no­va­tion. Comment la banque in­tègre-t-elle la Res­pon­sa­bi­li­té So­cié­tale des En­tre­prises (RSE) dans son ac­ti­vi­té ?

Ni­co­las Dufourcq. Bpi­france s’est en­ga­gé dès sa créa­tion dans une am­bi­tieuse dé­marche en ma­tière de RSE au tra­vers de quatre prio­ri­tés : le dé­ve­lop­pe­ment de l’em­ploi, la qua­li­té de la gou­ver­nance et du ma­na­ge­ment, la pro­mo­tion

Chaque an­née, Bpi­france réa­lise des in­ves­tis­se­ments di­rects dans plus de 180 en­tre­prises, dont 50 start-ups.

de l’en­tre­pre­neu­riat fé­mi­nin et la tran­si­tion éco­lo­gique et éner­gé­tique (TEE). Nous sommes convain­cus, et les études ré­centes le confirment, que la per­for­mance RSE crée de la va­leur. Nous pre­nons en compte dans nos dé­ci­sions, tant en fi­nan­ce­ment qu’en in­ves­tis­se­ment, les élé­ments de dé­marche en­vi­ron­ne­men­tales, so­ciales et de gou­ver­nance des en­tre­prises (ESG). Nous ac­com­pa­gnons aus­si les en­tre­pre­neurs dans la mise en place d’une dé­marche et d’un plan d’ac­tions RSE adap­té à leurs en­jeux.

Green In­no­va­tion. Sur quels pi­liers re­pose l’ac­tion de Bpi­france dans le fi­nan­ce­ment de la Tran­si­tion éner­gé­tique et éco­lo­gique (TEE) ?

Ni­co­las Dufourcq. Enjeu glo­bal de com­pé­ti­ti­vi­té et de sou­te­na­bi­li­té de l’éco­no­mie, la TEE est une des prio­ri­tés de Bpi­france . Son ac­tion en fa­veur de la TEE vise à ren­for­cer le fi­nan­ce­ment des en­tre­prises du sec­teur, no­tam­ment dans les éner­gies re­nou­ve­lables, à sou­te­nir la créa­tion et le dé­ve­lop­pe­ment de nou­velles so­lu­tions tech­no­lo­giques, et à sou­te­nir la tran-

si­tion éner­gé­tique et éco­lo­gique de toutes les en­tre­prises, quel que soit leur sec­teur d’ac­ti­vi­té. De­puis 2013, 4,9 Md€ ont été en­ga­gés en fa­veur de la TEE par Bpi­france tous mé­tiers confon­dus et 1,4 Md€ pour la seule an­née 2016 (+14 % par rap­port à 2015)

Green In­no­va­tion. Quelle est la place de l’in­dus­trie dans vos in­ter­ven­tions ?

Ni­co­las Dufourcq. Bpi­france sou­tient mas­si­ve­ment l’in­dus­trie. Près d’un quart de nos en­ga­ge­ments re­lèvent de l’in­dus­trie, soit plus du double du poids de l’in­dus­trie dans le PIB. Les en­tre­prises fran­çaises ont d’ailleurs re­pris le che­min de l’in­ves­tis­se­ment et de l’in­no­va­tion. Mais l’in­dus­trie fran­çaise souffre d’un dé­fi­cit d’image et d’in­car­na­tion. C’est la rai­son pour la­quelle, avec l’en­semble des forces vives de l’in­dus­trie, nous avons lan­cé l’ini­tia­tive French Fab. Elle vise, sur le mo­dèle du suc­cès de la French Tech, à re­don­ner vi­si­bi­li­té, fier­té et at­trac­ti­vi­té à l’in­dus­trie fran­çaise. Notre in­dus­trie est vi­vace, pré­sente sur tout le ter­ri­toire, in­no­vante, ex­por­ta­trice : elle doit être mieux consi­dé­rée par la col­lec­ti­vi­té na­tio­nale et re­con­nue à la hau­teur de sa qua­li­té à l’international.

Green In­no­va­tion. Comment tra­vaillez-vous avec les nou­velles ré­gions ?

Ni­co­las Dufourcq. La créa­tion de Bpi­france s’est ac­com­pa­gnée de la mise en place d’ins­tances d’orien­ta­tion au ni­veau na­tio­nal et ré­gio­nal, mais sur­tout de par­te­na­riats opé­ra­tion­nels. Les en­tre­prises ont pu mo­bi­li­ser, l’an pas­sé, plus d’un mil­liard d’eu­ros de fi­nan­ce­ments ados­sés à des fonds ré­gio­naux, signe de la bonne com­plé­men­ta­ri­té de nos ac­tions. Un nou­veau «prêt crois­sance», dé­dié au fi­nan­ce­ment des in­ves­tis­se­ments im­ma­té­riels des TPE, a d’ailleurs été lan­cé en as­so­cia­tion avec les Ré­gions Ile-de-France et Bre­tagne en 2016, puis en 2017, avec Hautsde-France et Au­vergne-Rhône-Alpes. Bpi­france a éga­le­ment en­ga­gé le dé­ploie­ment d’une nou­velle offre d’ac­cé­lé­ra­teurs ré­gio­naux, des­ti­nés à ren­for­cer le dé­ve­lop­pe­ment des en­tre­prises, tou­jours en co­opé­ra­tion avec les Ré­gions.

Green In­no­va­tion. Bpi­france est de­ve­nu in­con­tour­nable dans le fi­nan­ce­ment de l’in­no­va­tion. Ce­la veut-il dire que vous n’ac­com­pa­gnez plus les sec­teurs tra­di­tion­nels ?

Ni­co­las Dufourcq. Avec 1,3 mil­liard d’eu­ros en aides et fi­nan­ce­ments l’an der­nier l’ac­ti­vi­té in­no­va­tion s’est sta­bi­li­sée après un dou­ble­ment entre 2013 et 2015. Nous met­tons au­jourd’hui l’ac­cent sur la mise en re­la­tion de grands groupes et de star­tups et l’ac­com­pa­gne­ment des chefs d’en­tre­prise. Et là, il reste beau­coup à faire. Mais nous n’aban­don­nons pas les sec­teurs tra­di­tion­nels, qui sont d’ailleurs, eux aus­si, ac­teurs de l’in­no­va­tion et donc bé­né­fi­ciaires de nos fi­nan­ce­ments et de notre ac­com­pa­gne­ment en la ma­tière. Qu’il s’agisse de l’in­dus­trie, dont nous avons par­lé, des ser­vices, de la san­té, de l’éco­no­mie so­ciale et so­li­daire (ESS), des tran­sports ou en­core du tou­risme, où nous sommes un ac­teur his­to­rique, nous pro­po­sons des so­lu­tions de fi­nan­ce­ment in­no­vantes comme les prêts sans ga­ran­tie. Dans le tou­risme ils per­mettent de fi­nan­cer leur mise aux normes et leur nu­mé­ri­sa­tion, ce que les banques clas­siques ne pour­raient pas faire seules.

Ni­co­las Dufourcq est Pré­sident-Di­rec­teur gé­né­ral de Bpi­france Fi­nan­ce­ment, pré­sident de Bpi­france In­ves­tis­se­ment, Pré­si­dentDi­rec­teur gé­né­ral de Bpi­france Par­ti­ci­pa­tions et Di­rec­teur gé­né­ral de Bpi­france SA.

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