Le Sa­lon du Vé­hi­cule Élec­trique et Hy­bride de Val d’Isère sous le signe de l’in­no­va­tion

Le Sa­lon du Vé­hi­cule Élec­trique et Hy­bride de Val d’Isère s’im­pose comme la ré­fé­rence du sec­teur, avec plus d’une cen­taine de marques pré­sentes et 15 000 vi­si­teurs sur une sur­face à ciel ou­vert de 15 000 m2. Vi­trine des vé­hi­cules éco­lo­giques, l’édition 20

Green Innovation - - Energie & Development Durable - EN­TRE­TIEN AVEC CÉ­CILE COLONNA D’ISTRIA Propos recueillis par Ma­rie Cor­net-Ash­by

Le Sa­lon : lea­der fran­çais de l’éco­mo­bi­li­té

Le sa­lon est gra­tuit pour les vi­si­teurs qui dé­couvrent et es­saient les nou­veau­tés des construc­teurs. Toutes les marques en­ga­gées dans la mo­bi­li­té du fu­tur sont pré­sentes. Des confé­rences, shows spec­ta­cu­laires et ani­ma­tions ja­lonnent les jour­nées de dé­cou­verte et d’es­sais sur le sa­lon.

L’es­pace ex­po­si­tion s’or­ga­nise au­tour de 3 axes

• Le pôle au­to­mo­bile, qui ras­semble tous les construc­teurs ve­nus pré­sen­ter leurs der­niers mo­dèles, du vé­hi­cule uti­li­taire en pas­sant par la ci­ta­dine jus­qu’au concept-car. Dé­cou­vrez les voi­tures au­to­nomes : elles roulent sans l’in­ter­ven­tion du conduc­teur ou avec des sys­tèmes d’aide à la conduite et au sta­tion­ne­ment. Les vé­hi­cules pré­sen­tés sont plus per­for­mants, moins pol­luants et no­va­teurs. L’opé­ra­teur de tran­sports en com­mun Trans­dev et l’ac­teur prin­ci­pal du ré­seau de dis­tri­bu­tion d’élec­tri­ci­té en France Ene­dis sont en­ga­gés dans la mo­bi­li­té douce et la ro­bo­tique mo­bile ; ils se­ront pré­sents sur le Sa­lon. • Le pôle 2 roues, les vé­los, mo­tos et les en­gins de dé­pla­ce­ments per­son­nels (E.D.P) se­ront dis­po­nibles à l’es­sai. Ten­dances, ré­tros, fu­tu­ristes, il y en au­ra pour tous les goûts et tous les ni­veaux. • Le pôle so­lu­tions de re­charge et les ins­ti­tu­tion­nels ; le Sa­lon ac­cueille éga­le­ment les pro­fes­sion­nels de la mo­bi­li­té sur un pôle B2B où les four­nis­seurs de bornes, les as­so­cia­tions et les en­ti­tés pu­bliques ex­po­se­ront leurs so­lu­tions et en­ga­ge­ments pour un fu­tur plus du­rable.

Des centres d’es­sais pour tous les vé­hi­cules

Les pistes d’es­sais sont la vé­ri­table force du Sa­lon. Chaque type de vé­hi­cules a sa piste, tout ter­rain, route et sur­faces dé­diées. Les 2 roues pour-

ront par­cou­rir des ki­lo­mètres de pistes sur des che­mins sé­cu­ri­sés et en pleine na­ture. Cô­té au­to­mo­biles, les vi­si­teurs pour­ront rou­ler sur les routes de Val d’Isère, et dé­cou­vrir le my­thique Col de l’Ise­ran, le plus haut col rou­tier d’Eu­rope.

Les ani­ma­tions

Chaque an­née, le Sa­lon pro­pose des ani­ma­tions gra­tuites, per­met­tant ain­si aux vi­si­teurs de pro­fi­ter plei­ne­ment de l’ex­pé­rience de la mo­bi­li­té douce. Des ini­tia­tions mo­tos élec­triques à par­tir de 6 ans, des ani­ma­tions de bug­gys té­lé­gui­dés, des shows de mo­tos et vé­los, une mon­tée du Col de l’Ise­ran en VAE, ain­si que des confé­rences... Il y en au­ra pour tous les goûts et tous les âges. • Dé­part de l’E-Mo­tion Tour à Val d’Isère le 14 juillet. Le sa­lon don­ne­ra le coup d’en­voi de ce road­trip de la mo­bi­li­té douce, dé­dié aux vé­hi­cules élec­triques et hy­brides pre­mium. À tra­vers la France, les vé­hi­cules les plus per­for­mants et leurs pi­lotes nous prouvent leurs ca­pa­ci­tés, montrent la fa­ci­li­té d’ac­cès aux in­fra­struc­tures de re­charges et font dé­cou­vrir à tous la conduite d’au­jourd’hui. • La Route des Grandes Alpes ac­cueille les vé­los élec­triques. La GTA (Grande Tra­ver­sée des Alpes) s’as­so­cie en 2017 au Sa­lon pour pré­sen­ter ses grands iti­né­raires à tra­vers les Alpes dont ce­lui de la Route des Grandes Alpes qui ac­cueille­ra dès 2017 des cy­clistes à vé­lo élec­trique. Avec ses par­te­naires pré­sents éga­le­ment sur le sa­lon, Mous­tache Bikes et Bosch, elle sou­haite don­ner un coup de pro­jec­teur à la pra­tique du vé­lo élec­trique, no­tam­ment en iti­né­rance, et vous in­vite lors de la confé­rence du sa­me­di à dé­cou­vrir les nom­breux atouts du vé­lo élec­trique et les conseils de pro­fes­sion­nels pour par­tir en iti­né­rance. Dès le len­de­main ma­tin, ve­nez tes­ter les vé­los élec­triques sur la mon­tée du col de l’Ise­ran. • Le Sun Trip Tour 2017 est en étape à Val d’Isère le 15 et 16 juillet. Après deux grandes édi­tions sur les routes du monde, la Sun Trip Com­pa­ny lance un nou­veau concept pour juillet 2017 : le Sun Trip Tour, or­ga­ni­sé dans la ré­gion Au­vergne-Rhône-Alpes. Le Sun Trip Tour se veut comme une aven­ture ac­ces­sible. Son ob­jec­tif est de per­mettre au plus grand nombre de goû­ter à l’ex­pé­rience du voyage à vé­lo so­laire.

Green In­no­va­tion. Le sa­lon PRODURABLE qui s’est te­nu en mars der­nier en­re­gistre une forte fré­quen­ta­tion cette an­née...

Cé­cile Colonna d’Istria. Oui, ce ré­sul­tat est en­thou­sias­mant ! Et ce­la, pour de nom­breuses rai­sons. Dé­jà parce que l’on voit une ap­pé­tence crois­sante du monde de l’en­tre­prise pour les en­jeux que nous dé­fen­dons de­puis dix ans dé­jà. Et ce­la se ma­té­ria­lise par un nombre de vi­si­teurs en très forte aug­men­ta­tion puisque nous avons en­re­gis­tré plus de 30 % de vi­si­teurs en plus en 2017. Entre 2016 et 2017, ce nombre est pas­sé de 4 000 à 5 200 ! Et si l’on veut al­ler plus loin : en 2015, il était de 2 500… Un grand mo­tif de sa­tis­fac­tion aus­si, ré­side dans l’ap­pré­cia­tion po­si­tive des nos par­te­naires et de nos ex­po­sants. Ils évoquent des mo­ments ma­giques de convi­via­li­té, de qua­li­té de conte­nus, de fa­ci­li­tés de contacts. Et ce­la fait tou­jours plai­sir pour un or­ga­ni­sa­teur ! Green In­no­va­tion. Dé­jà dix ans d’exis­tence pour ce ren­dez-vous de­ve­nu

in­con­tour­nable dans le sec­teur de la RSE ?

Cé­cile Colonna d’Istria. Oui, ce­la fait dix ans que nous avons ini­tié cet évé­ne­ment. Nous avons abor­dé ce sa­lon avec des le­viers de ma­na­ge­ment, de mo­bi­li­sa­tion, de stra­té­gie, de bu­si­ness… Et ce­la était l’enjeu. La toute pre­mière édition s’est te­nue à la Grande Arche de la Défense. Par la suite nous avons re­joint le CNIT puis, en 2010 le Pa­lais des Congrès pour la qua­li­té de ses salles de confé­rences né­ces­saires dans le cadre de notre or­ga­ni­sa­tion. Et nous nous sommes po­si­tion­nés sur l’idée que le Dé­ve­lop­pe­ment du­rable re­pré­sen­tait un le­vier et, de créa­tion de va­leurs. Dans notre ana­lyse, ce dé­ve­lop­pe­ment re­pré­sen­tait une im­mense révolution in­dus­trielle et éco­no­mique qui se des­si­nait... Et il fal­lait ac­com­pa­gner ce chan­ge­ment ma­jeur à tra­vers les en­tre­prises ! Pour ce­la, les termes de Dé­ve­lop­pe­ment du­rable et de RSE ont été très vite évo­qués ; je continue tou­jours à mettre les deux mots en­semble. De nos jours, de nom­breuses per­sonnes ne savent pas tou­jours dé­cryp­ter la si­gni­fi­ca­tion exacte

de la RSE. Le Dé­ve­lop­pe­ment du­rable re­pré­sente l’ob­jec­tif, la RSE est quant à elle la pos­ture de l’en­tre­prise dans tout ce qu’elle peut mettre en place pour un dé­ve­lop­pe­ment res­pon­sable. Et notre cré­neau d’ori­gine est bien fon­dé sur cet axe pré­cis.

Green In­no­va­tion. Vous af­fir­mez donc que le Dé­ve­lop­pe­ment du­rable est un vé­ri­table le­vier de va­leurs ?

Cé­cile Colonna d’Istria. Oui, il l’est et… pour tous ! En ef­fet, sur le plan éco­no­mique et ce­lui de la com­pé­ti­ti­vi­té, le Dé­ve­lop­pe­ment du­rable in­té­gré au sein de l’en­tre­prise est très dis­tin­guant, c’est un le­vier de gains de parts de mar­ché. Le Dé­ve­lop­pe­ment du­rable per­met d’al­ler au-de­là de l’as­pect éco­no­mique et... de dé­cou­vrir des ta­lents, de les at­ti­rer et de les re­te­nir. Au­jourd’hui les jeunes choi­sissent leurs en­tre­prises en fonc­tion de l’en­ga­ge­ment des celles-ci. Le Dé­ve­lop­pe­ment du­rable est gain en terme de ver­tu. Et, je trouve ce­la fan­tas­tique ! Notre état d’es­prit ré­side dans un mes­sage simple, ce­lui dire que cet en­ga­ge­ment est une dé­marche de pro­grès. Certes, nous de­vons avan­cer step by step. Et comme le ra­conte très bien Pierre Rah­bi lors­qu’il conte une lé­gende amé­rin­dienne, à l’image du Co­li­bri : il faut que cha­cun fasse sa part… La somme des ac­tions in­di­vi­duelles ou col­lec­tives doit créer une im­mense ac­tion glo­bale ! Il s’agit vrai­ment d’agir à son ni­veau et lo­ca­le­ment pour des en­jeux qui nous dé­passent…

Green In­no­va­tion. Vous évo­quez donc un dé­ve­lop­pe­ment res­pon­sable au ser­vice de l’hu­ma­ni­té ?

Cé­cile Colonna d’Istria. Oui, fi­na­le­ment le Dé­ve­lop­pe­ment du­rable est cette sorte de bon sens avec un peu d’éthique et de ver­tu qui vous ra­mène à la no­tion qu’il ne faut abu­ser de rien ni de per­sonne. L’en­gre­nage du tou­jours plus n’est pas sa­lu­taire, il faut fi­na­le­ment voir plus loin, plus large ! Voir plus loin en se pro­je­tant dans le temps et, plus large en pen­sant à la glo­ba­li­té de son ac­ti­vi­té. Il s’agit donc d’avoir une vi­sion glo­bale et non étroite dans le temps et dans l’es­pace.

Green In­no­va­tion. Vous avez tou­jours été por­tée par ces no­tions de va­leurs et de ver­tu ?

Cé­cile Colonna d’Istria. Je n’ai ja­mais été vé­ri­ta­ble­ment éco­lo­giste. Mais dans ma vie per­son­nelle, j’ai tou­jours re­je­té cette no­tion d’abus. Et d’ailleurs j’ai tou­jours ai­mé le bois, le fer… en fait des ma­tières brutes et na­tu­relles. Je consomme la nour­ri­ture lo­cale, et bio de temps en temps. L’ar­ti­fi­ciel ne m’in­té­resse pas fon­da­men­ta­le­ment. Au fond de moi, j’at­tache beau­coup d’im­por­tance à l’éthique. Et, je di­rais que le Dé­ve­lop­pe­ment du­rable tourne au­tour de cette éthique au plus proche de la na­ture. Et si nous met­tons un peu de cette éthique à toutes les sphères de la so­cié­té, nous par­ve­nons à un dé­ve­lop­pe­ment sou­te­nable, res­pon­sable et res­pec­tueux de tous.

Pour ac­com­pa­gner cette dé­marche : fau­til faire des lois, de la ré­gle­men­ta­tion ou au contraire des in­cen­tives, de l’ac­com­pa­gne­ment, de la sen­si­bi­li­sa­tion ? Ce sont des voies dif­fé­rentes, elles sont sur des modes contrai­gnants ou vo­lon­taires. Ef­fec­ti­ve­ment, nous avons com­men­cé par la contrainte. Des normes ou des la­bels ont per­mis aux en­tre­prises de se dis­tin­guer. Mais, fon­da­men­ta­le­ment ces normes ne suf­fisent pas. Et j’ai sen­ti que l’an­née 2015 se­rait une an­née char­nière, celle du re­gard des en­tre­prises sur les en­jeux de ce dé­ve­lop­pe­ment. Et l’on a pu consta­ter que nombre d’entre elles se sont construites avec l’ ADN… des va­leurs so­ciales (ESS) ou en­vi­ron­ne­men­tales ! Et l’agri­cul­ture bio en France a une crois­sance à deux chiffres. Le grand bas­cu­le­ment de l’en­tre­prise pro­vient de sa com­pré­hen­sion de l’enjeu éco­no­mique à faire au­tre­ment !

Green In­no­va­tion. Quels sont les ac­teurs qui se­lon vous ont por­té ce mou­ve­ment res­pon­sable ?

Cé­cile Colonna d’Istria. Je crois que ce mou­ve­ment vient des pe­tites en­tre­prises. Et, les grands ont com­pris par la suite leur in­té­rêt éco­no­mique et fi­nan­cier. Et au­jourd’hui ces der­niers sont très im­pli­qués sur ces su­jets-là. Et tout ce­la, car la rai­son éco­lo­gique a ren­con­tré la rai­son éco­no­mique comme le dit très bien Tris­tan Lecomte. Et je le res­sens comme tel, il y a une sorte de syn­chro­ni­sa­tion qui s’est opé­rée entre les dé­fis en­vi­ron­ne­men­taux et so­ciaux et ceux éco­no­miques et fi­nan­ciers. L’en­semble des ac­teurs a en­vie de s’in­ves­tir dans cette dé­marche pour des rai­sons éco­no­miques et de res­pect de la na­ture. Le monde so­cial et fi­nan­cier évo­lue aus­si dans ce sens. De nos jours, tous les do­maines d’ac­ti­vi­tés sont concer­nés ! Le consom­ma­teur est de­ve­nu in­for­mé et sou­cieux de ces as­pects. Et de­puis plu­sieurs an­nées, nous vé­hi­cu­lons ce mes­sage au coeur des mé­tiers. L’évo­lu­tion est là, elle est telle que cer­tains jeunes sont prêts à tra­vailler avec des sa­laires moindres s’ils sont en adé­qua­tion avec les va­leurs de l’en­tre­prise. Et je trouve ce­la mer­veilleux ! Pour moi, tout ce­la pro­pulse vers l’in­no­va­tion. En fait il s’agit de faire au­tre­ment par rap­port à la fa­çon dont nous avons tou­jours pro­cé­dé. Ce né­ces­saire chan­ge­ment nous pro­pulse vers l’in­no­va­tion. Et le Dé­ve­lop­pe­ment du­rable bous­cule les fi­lières, les mé­thodes. Si l’on ra­joute le col­la­bo­ra­tif (in­ter­net, les ré­seaux so­ciaux), je di­rais que les sociétés de l’ave­nir peuvent construire l’ave­nir de la so­cié­té !

Green In­no­va­tion. La thé­ma­tique de cette an­née était « In­no­va­tion et par­tage »…

Cé­cile Colonna d’Istria. Il s’agis­sait de cé­lé­brer cette dixième an­née ! Et pour moi, les deux pi­liers de la so­cié­té sont dans ces deux mots-là. Au-de­là de l’in­no­va­tion qui s’opère, la no­tion de par­tage est très in­té­res­sante. Le thème phare de cette an­née était « La na­ture ». Au to­tal 5200 pro­fes­sion­nels, 183 par­te­naires 77 confé­rences, 7 par­cours thé­ma­tiques, 253 in­ter­ve­nants, 70 jour­na­listes et blo­gueurs étaient pré­sents. Nos Tro­phées, le Baromètre En­jeux RSE, nos confé­rences thé­ma­tiques très sui­vies, au­tant de réus­sites et, qui se­ront pré­sentes lors de la pro­chaine édition pour la­quelle nous sou­hai­te­rions comp­ta­bi­li­ser 6 000 vi­si­teurs…

Cé­cile Colonna d’Istria est pré­si­dente et fon­da­trice du sa­lon PRODURABLE (© DR)

In­ter­ven­tion de Ni­co­las Hu­lot lors de la confé­rence plé­nière in­tiu­lée « In­no­va­tion et Par­tage : Vive la RSE ! » le 14 mars 2017, à l’oc­ca­sion de la 10e édition de PRODURABLE.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.