GILLARDES

DÉ­VO­LUY

Grimper - - SOMMAIRE -

Lors du pré­cé­dent Hors-Sé­rie Grandes Voies, mon at­ten­tion fut re­te­nue par des images réa­li­sées aux Gillardes par mon col­lègue pho­to­graphe Sam Bié… J'avais bien évi­dem­ment dé­jà en­ten­du par­ler à maintes re­prises de cette fa­laise, mais sans n'y avoir ja­mais mis les mains et en­core moins pro­me­né mon ob­jec­tif. La ten­ta­tion alors fut grande de ten­ter l'ex­pé­rience. C'est main­te­nant chose faite et fran­che­ment, je vous conseille d'en faire au­tant !

Dans

cet ar­ticle, Sam écri­vait : « En plein coeur du Dé­vo­luy, il est une fa­laise un peu ou­bliée. » Eh bien oui ef­fec­ti­ve­ment, aux Gillardes, il n'est pas vrai­ment ai­sé d'en­ta­mer une dis­cus­sion en pleine pa­roi avec une autre cor­dée. Il y a de fortes chances que vous ne ren­con­triez per­sonne, ou du moins pas grand monde. Peut-être dé­lais­sée, voire ou­bliée, cer­tai­ne­ment si­tuée loin des grands axes rou­tiers, la fa­laise des Gillardes n'est cer­tai­ne­ment pas le spot le plus par­cou­ru de France. À Sam de conti­nuer : « Aux Gillardes, on y trouve les voies cal­caires les plus longues de France. » Je confirme, ici c'est long, c'est haut, vrai­ment haut. Très cer­tai­ne­ment pas au­tant en­cais­sé que les gorges du Ver­don, pas aus­si an­gois­sant que la Croix des Têtes et bien moins dé­ver­sant que la Pa­roi Dé­ro­bée à Ai­glun, mais fran­che­ment il y a de l'am­biance, beau­coup d'am­biance ! Quand on s'élance en tête dans la sei­zième lon­gueur en plein pi­lier, on a comme une pe­tite boule au ventre, cette pe­tite ap­pré­hen­sion que l'on n'ose pas trop avouer à son com­pa­gnon de cor­dée. Vous voyez de quoi je veux par­ler ? En tout cas, lorsque l'on découvre au dé­tour d'un vi­rage, cette face de six cents mètres pour la pre­mière fois, sa masse et sa taille im­posent le res­pect. Vous l'au­rez com­pris, si les Gillardes sont pré­sentes une se­conde fois dans ce hors-sé­rie, ce n'est pas que nous vou­lons en faire de la pu­bli­ci­té à tout prix, c'est juste parce que cette pa­roi de cal­caire a vrai­ment sa place par­mi les plus mar­quantes du pay­sage grim­pant de l'Hexa­gone. Dans le pré­cé­dent tome, nous vous avions pré­sen­té quatre voies, en voi­ci deux de plus pour ceux et celles qui ont gros ap­pé­tit. On com­mence avec “L'es­prit meut la masse” et ses dix-huit lon­gueurs, rien que ça ! Avec cinq cent cin­quante mètres d'es­ca­lade, il y a des chances que vous en ayez pour vos bras. Cette voie re­monte le fa­bu­leux pi­lier si­tué à gauche de la fa­laise sur un ro­cher par­fois éton­nant. En ef­fet, ceux qui ne connaissent pas en­core les silex des Gillardes risquent d'être un peu dé­sta­bi­li­sés lors des pre­mières lon­gueurs. Cette ligne évi­dente pro­pose une as­cen­sion as­sez aé­rienne mal­gré une vire in­ter­mé­diaire, heu­reu­se­ment vite ef­fa­cée par la hau­teur de la voie. At­ten­tion, une fois en­ga­gé dans le pi­lier, la re­traite de­vient vite com­pli­quée. L'équi­pe­ment est cor­rect, par­fois un peu loin, ren­dant les pas ra­pi­de­ment obli­ga­toires. Les der­nières lon­gueurs sur le fil du pi­lier sont fa­bu­leuses et le pas­sage du toit en 6c+ vous lais­se­ra très cer­tai­ne­ment des sou­ve­nirs. Si vous pré­fé­rez al­ler dans une voie avec un équi­pe­ment plus dense, “Les pre­miers pas d'El­sa” est un bon choix. Le ni­veau n'est pas vrai­ment le même puisque le 7a+ est obli­ga­toire (6c A0). De plus, cette ligne est sou­te­nue et il fau­dra en gar­der sous le coude car les lon­gueurs les plus dures se si­tuent dans la par­tie su­pé­rieure. Bref un beau chal­lenge sur­tout qu'une fois de plus, l'am­biance est au ren­dez-vous, mais fran­che­ment cette voie vaut le dé­tour, no­tam­ment pour la qua­li­té de son ro­cher. Les deux pre­mières lon­gueurs sont com­munes à celles de "Sous la Griffe de Lu­ci­fer".

TEXTE ET PHO­TOS : MARC DA­VIET

Page de droite, Ma­thieu May­na­dier, plein gaz dans l’un des crux de “L’es­prit meut la masse”.

Sei­zième lon­gueur en 6c+.

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