PRESLES

VER­CORS

Grimper - - SOMMAIRE -

Presles, tout le monde sait que c’est co­los­sal. Gran­diose et es­thé­tique, à en prendre plein les yeux. Haut et ver­ti­cal, à y croi­ser des base jum­pers en plein vol. Diff icile, à dis­sua­der les plus mo­destes ni­veaux. His­to­rique, à en tar­ti­ner des pages. Alors, qu’est-ce qu’il faut en­core sa­voir sur le temple de la grande voie ? Grim­per vous le dit.

Re­pre­nons.

Tout d’abord, ce n’est pas un scoop, on vient grim­per à Presles parce que c’est beau. Ce dé­fi­lé de fa­laises grises, blanches et ocre, qui on­dulent sur six ki­lo­mètres de long, c’est vrai que ça en im­pose. Mais sur­tout, il n’y a au­cune ver­rue dans le pa­no­ra­ma : pas de vue plon­geante sur une au­to­route, pas de bâ­ti­ments hi­deux qui dé­na­turent le pay­sage, pas de bruits ur­bains qui montent d’en bas… Au­cune fausse note, mais une vue d’avion de la val­lée du Rhône jus­qu’aux crêtes obliques de la rive est de l’île Ver­cors. On vient aus­si parce que c’est le site qui re­groupe le plus grand nombre de grandes voies (voi­là qui marque des points dans ce hors-sé­rie), soit plus de trois cents iti­né­raires qui par­courent la fa­laise dans toute sa hau­teur. Eh oui, on vient pour ces voies longues, pour ces voyages à la jour­née qui em­mènent haut dans le ciel. Et en plus, ra­pi­de­ment ac­ces­sibles sans se far­cir de la­bo­rieuses marches d’ap­proche. Car on vient aus­si à Presles pour la ra­pi­di­té d’ac­cès aux voies. Le dé­cor a beau être de di­men­sion ci­né­ma­to­gra­phique, et lais­ser pen­ser qu’on va er­rer des heures sans fin dans ce ca­nyon dé­me­su­ré, si tant est qu’on trouve le dé­part des voies… en fait pas du tout, on est vite à pied d’oeuvre. Cô­té pu­re­ment es­ca­lade, on vient grim­per à Presles pour la qua­li­té de son ro­cher, un cal­caire tra­vaillé, aus­si bon dans le gris que dans le rouge. Mieux que ça : c’est même dans ces zones ocre, dé­lais­sées par les grim­peurs « d’avant » qui trou­vaient que le ro­cher y était pé­teux, que s’est joué et in­ven­té le re­nou­veau de Presles après les an­nées 80. On vient aus­si grim­per à Presles toute l’an­née parce qu’on peut ve­nir y grim­per toute l’an­née ! Face au sud, la fa­laise est par­faite au prin­temps et en au­tomne, et jus­qu’en plein coeur de l’hiver. Il suf­fit alors d’un rayon de so­leil pour faire, dans la même jour­née, ski de fond le ma­tin et es­ca­lade en short l’après-mi­di. Si, si, il y en a qui ont tes­té pour vous. Plus que l’en­so­leille­ment, on parle même de mi­cro­cli­mat, car si le plateau en haut reste fi­dèle aux ri­gueurs lé­gen­daires du Ver­cors, l’uni­vers du bas a, lui, dé­jà un petit air du Sud, voire de Mé­di­ter­ra­née, à en croire cer­taines plantes mé­ri­dio­nales qui ont pris ra­cine dans le cirque de Cho­ranche, entre buis et chênes. Et on vient même à Presles pour y en­tendre de belles his­toires. Petit re­tour quelques an­nées en ar­rière, en 2006, où le site connaît des heures sombres. À l’ori­gine de ces me­na­çants nuages dans le ciel de Presles, des conflits d’usage op­po­sant les par­ti­sans de l’interdiction et les « ré­sis­tants », on n’est pas dans le Ver­cors pour rien, qui misent sur le tou­risme, dont l’es­ca­lade, comme ac­ti­vi­té éco­no­mique por­teuse pour le ter­ri­toire. Iro­nie du sort, ce sont les ac­tions ten­tées par les « an­ti » pour bou­ter les grim­peurs hors des lieux qui ont fait avan­cer les choses dans le bon sens ! Elles ont sou­li­gné l’im­por­tance de mieux ca­drer l’ac­ti­vi­té, d’es­sayer la concer­ta­tion, d’im­pli­quer le Parc

Ci-des­sous, Vé­ro­nique Ho­mans, as­su­rée

par Ber­nard Gra­vier, dans la hui­tième lon­gueur en 6b de la com­bi­nai­son la plus ga­zeuse de Presles, “Sa­to­gaz“avec en wing­sui­ter de pas­sage, Ma­thieu Le­roux. Page de droite, Ber­nard Gra­vier, tou­jours dans cette même com­bi­nai­son de qua­torze lon­gueurs que l’on vous

dé­crit dans le pra­tique.

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