BO­VEN

ET AU MI­LIEU COULE UNE CAS­CADE

Grimper - - EDI­TO -

Si vous vou­lez ve­nir vi­si­ter l’Afrique du Sud chaus­sons au pied mais que vous n’ai­mez pas le bloc, il vous reste Bo­ven. Ce qui est loin d’être un se­cond choix !

L’Afrique du Sud a tou­jours été pré­sente dans un coin de ma tête, en­vie de grands es­paces, dé­sir de nou­veau­té et de dé­cou­verte… et ce bien avant que je n’en­tende par­ler d’un spot d’es­ca­lade spor­tive non loin de Jo­han­nes­burg. Si Ro­ck­lands et sa pro­fu­sion de blocs sont sous les pro­jec­teurs de­puis des an­nées, Wa­ter­val Bo­ven de­meure dis­cret et moins di­vul­gué.

Des spits au royaume du bloc

C’est avec en­thou­siasme que je par­tis ex­plo­rer cette en­clave grim­pante. Le pre­mier choc, à mon ar­ri­vée à Jo­han­nes­burg, fut d’être pro­je­tée dans un monde ex­trê­me­ment oc­ci­den­ta­li­sé, à tel point que je me suis plus d’une fois de­man­dée si je me trou­vais bien sur le conti­nent afri­cain. Jo­han­nes­burg, gi­gan­tesque, étend ses ten­ta­cules loin à l’ho­ri­zon. C’est est une ville de contrastes où ghet­tos jouxtent quar­tiers hup­pés, vive jungle dans la­quelle il est pré­fé­rable de ne pas trop s’aven­tu­rer seul. Le crime y est quo­ti­dien et la ten­sion due à ce cli­mat d’in­sé­cu­ri­té op­presse par­fois. Chaque mai­son est en­tou­rée de bar­be­lés, de grilles de fer, bar­reaux aux fe­nêtres, ver­rous ren­for­cés, alarmes et par­fois gardes ar­més… Il est dif­fi­cile de conser­ver in­sou­ciance et tran­quilli­té d’es­prit lorsque tout au­tour de vous est une mise en garde contre un po­ten­tiel dan­ger. Et si l’Apar­theid fut abo­li il y a main­te­nant plus de vingt ans, la sé­gré­ga­tion de­meure om­ni­pré­sente et pe­sante. La so­cié­té sud-afri­caine ap­pa­raît comme un com­plexe mel­ting-pot eth­nique et cultu­rel. Dif­fé­rentes cou­tumes, dif­fé­rentes men­ta­li­tés, et tous doivent co­ha­bi­ter. Dans de (trop) nom­breux quar­tiers, j’étais la seule « Blanche » à m’aven­tu­rer, de­ve­nant pour le coup une at­trac­tion et une cu­rio­si­té. Mais c’est ain­si que je fis mal­gré tout de belles et éphé­mères ren­contres avec les autres, l’Autre, le temps d’une pho­to et d’une brève dis­cus­sion, car rien n’est ja­mais com­plè­te­ment noir ou com­plè­te­ment blanc. Par-de­là cette pe­san­teur et ce cli­mat gé­né­ral d’in­sé­cu­ri­té, il y a des in­di­vi­dus qui consti­tuent cette so­cié­té. J’ai donc eu la chance et le plai­sir d’ex­pé­ri­men­ter la cha­leur ami­cale et l’ac­cueil gé­né­reux des lo­caux. Après une se­maine pas­sée à ex­plo­rer, pho­to­gra­phier et in­té­grer ce nou­vel en­vi­ron­ne­ment, je me di­ri­geai vers Wa­ter­val Bo­ven. Il est fa­cile en fin de se­maine de trou­ver un co­voi­tu­rage, les grim­peurs de Jo’burg ou de Pre­to­ria trans­hu­mant alors vers les fa­laises. Mi­chael, le grim­peur qui of­frit gé­né­reu­se­ment de me conduire là-bas, pas­sa me prendre de bon ma­tin et nous prîmes la route à bord de son Au­di. Un se­cond stop et Hannes, pure Afri­ka­ner et nou­veau grim­peur, se joi­gnit à l’équi­pée. Char­gée à bloc, la voi­ture ava­la ra­pi­de­ment les ki­lo­mètres nous sé­pa­rant de notre des­ti­na­tion. Le long des routes, des pan­neaux aver­tis­saient des zones de haute cri­mi­na­li­té, conseillant de ne s’ar­rê­ter sous au­cun pré­texte… je re­gar­dais per­plexe les si­gnaux dé­fi­ler, at­ter­rée par une telle réa­li­té. Mes deux com­pa­gnons, bla­sés, me nar­raient anec­dotes et

Page de droite : Ma­rianne Scha­wan­khart dans

26 (7b) à God No! Ci-des­sous, vue pa­no­ra­mique de­puis le pla­teau sur­plom­bant les fa­laises.

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