NA­MI­BIE

DU BLOC EN MODE SA­FA­RI

Grimper - - EDI­TO -

Quand une équipe belge part ex­plo­rer le po­ten­tiel bloc d’un pays comme la Na­mi­bie, c’est un peu comme quand ils partent en bus à la Plagne. Ils ne trouvent pas for­cé­ment ce dont ils sont ve­nus cher­cher, mais on en rit en­core…

« Il faut tou­jours vi­ser la lune, car même en cas d’échec on at­ter­rit dans les étoiles. » Os­car Wilde

Ce­la fai­sait pas mal de temps que l’idée d’une « ex­pé­di­tion » bloc avait ger­mé dans ma tête. J’étais per­son­nel­le­ment plus ha­bi­tué aux ex­pé­di­tions dans le froid pour al­ler à la pêche aux big walls vierges de toute as­cen­sion. Mais lors de ma der­nière aven­ture de ce genre, en Chine, je me suis dit que c’en était­fi­nide souf­frir en­core et en­core pour f in­ale­ment ne grim­per que quelques mètres. J’ai donc eu en­vie de me lan­cer dans un nou­veau type d’aven­ture tout en gar­dant cet es­prit de dé­cou­verte, cet es­prit de re­cherche de nou­velles choses, cet es­prit d’ou­ver­ture; mais sans ces contraintes que de­mandent les grosses ex­pé­di­tions, comme les marches d’ap­proche avec des sacs de plu­sieurs di­zaines de ki­los à vous broyer les épaules. Prendre le meilleur du meilleur. C’est pas mal, non ?

Des mon­tagnes à la sa­vane

C’est ain­si qu’une équipe d’ex­plo­ra­teurs s’est consti­tuée afin de rem­plir cette mis­sion et c’est à cinq que nous avons dé­ci­dé de par­tir. Un bon chiffre, qui rentre par­fai­te­ment dans une jeep, ou pour jouer au po­ker, par exemple. Il y avait tout d’abord Jean-Louis Wertz. Vous le connais­sez peut-être ce pho­to­graphe belge qui fit rire l’Eu­rope en­tière avec ces mi­miques à la Poel­voorde dans Ve­ne­zue­la Jungle Jam. Là, il s’agis­sait aus­si de faire de belles pho­tos et vi­déos, et de mon­trer aux jeunes que pa­py fait de la ré­sis­tance, son ob­jec­tif étant tou­jours de nous mettre un but de temps en temps. Il y avait en­suite Nils Favre. Un grim­peur suisse très fort en bloc. Un jeune loup fou dont il fal­lut de temps en temps cal­mer les ar­deurs, mais qui était là pour ti­rer le groupe vers les plus beaux blocs et nous rap­pe­ler que nous n’étions pas là pour pas­ser des va­cances. Nous avions en­suite pré­vu une touche fé­mi­nine. C’est tel­le­ment plus élé­gant de voir des femmes grim­per... et puis, pour la cui­sine et la vais­selle, il n’y a pas pho­to, elles sont de loin su­pé­rieures aux hommes. Ain­si Na­tha­lie Hans­sens, belge et grim­peuse de longue date, ki­né à ses heures, ce qui a aus­si une cer­taine uti­li­té, et Vi­vi Mon­tei­ro, suisse, nous ont ac­com­pa­gnés. Un autre avan­tage d’avoir des femmes avec nous, c’est que l’on peut tou­jours dire que ce sont elles qui veulent al­ler dé­cou­vrir les gi­rafes, les phoques, les dunes, les élé­phants et autres mer­veilles de la Na­mi­bie, sans que les egos mas­cu­lins n’en prennent un coup. Nous étions là pour grim­per quand même, merde quoi ! En­fin, j’es­sayais de me­ner à bien cette belle équipe dans un es­prit de dé­ci­sion col­lec­tive et de bien vivre en­semble. Ce qui n’est pas tou­jours évident quand on vit un mois en­semble à l’autre bout de la terre. Après avoir mis ce team en marche, il nous res­tait à dé­ni­cher un en­droit où nous égayer. Ce n’était pas évident à trou­ver parce que nous cher­chions un lieu où nous puis­sions dis­po­ser de suf­fi­sam­ment d’in­for­ma­tions pour être cer­tains de pou­voir trou­ver ce que nous cher­chions, mais pas trop afin de gar­der la par­tie dé­cou­verte et re­cherche de blocs et des lieux. Il fal­lait éga­le­ment que les condi­tions cli­ma­tiques soient fa­vo­rables à l’es­ca­lade et, sur­tout, qu’il n’y ait pas trop de dé­marches ad­mi­nis­tra­tives à faire. Et en­fin,

last but not least, du po­ten­tiel bloc de qua­li­té et de quan­ti­té. Pour ce faire, nous avons uti­li­sé les moyens mis à notre dis­po­si­tion ici en Eu­rope. Ce n’est pas tou­jours évident de trou­ver ce que l’on veut de­puis notre conti­nent, mais dé­sor­mais Google Earth aide beau­coup. Le gros pro­blème ré­si­dait dans le fait qu’une pho­to dit beau­coup sur la quan­ti­té, mais peu sur la qua­li­té de ce que nous al­lions pou­voir trou­ver sur place. Et vu que notre but était de dé­cou­vrir de nou­veaux en­droits, c’était dif­fi­cile de de­man­der aux per­sonnes qui y étaient al­lées avant nous.

TEXTE : STÉ­PHANE HANS­SENS PHO­TOS: JEAN-LOUIS WERTZ SAUF MEN­TION

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