VIVRE EN SO­CIÉ­TÉ COMME EN FA­LAISE… OU L’IN­VERSE.

Grimper - - AOÛT-SEPTEMBRE 2015 -

Il y a quelque chose dans l’es­ca­lade qui fait qu’elle ne res­semble à au­cun autre sport. C’est le sup­port sur le­quel elle se pra­tique. Di­ver­si­fié à l’in­fi­ni. Va­rié­té qui fait dé­faut à quan­ti­té d’autres ac­ti­vi­tés (non moins pas­sion­nantes, loin de moi cette idée), et qui ex­plique que, par exemple, ne soit pas en­core pa­ru un hors-série sur Les 60 plus beaux ta­ta­mis de ju­do dans la presse spé­cia­li­sée. Ob­jet d’en­jeux contra­dic­toires. En­jeux qui obligent les grim­peurs à se spé­cia­li­ser éga­le­ment dans une autre dis­ci­pline à la mode, (elle, olym­pique) : la concer­ta­tion. Et ce n’est pas qu’une his­toire de mi­lieu na­tu­rel, car on n’a pas vu beau­coup de ter­rains de golf en­ta­mer le dia­logue avec une quel­conque ligue de pro­tec­tion des vers de terre. Par­fois pro­prié­té d’un tiers. Le­quel tiers peut sou­hai­ter lé­gi­ti­me­ment voir au pas­sage res­pec­ter l’ad­jec­tif « pri­vée ». On a ra­re­ment en­ten­du par­ler de free­ri­ders in­quié­tés dans leurs runs im­pro­bables par des pro­prié­taires re­ven­di­quant har­gneu­se­ment leurs droits sur quelques cou­loirs nei­geux, ou de pa­lan­quées de plon­geurs en go­guette ayant des dé­mê­lés avec les plates-formes off­shore. Dé­pen­dantes du com­por­te­ment des grim­peurs. Da­van­tage qu’un stade ou un gym­nase, où l’on voit d’ailleurs ra­re­ment les ath­lètes ins­tal­ler un bi­vouac sau­vage dans les ves­tiaires pour être sur place le len­de­main. Et sur­tout, et c’est là peut-être l’es­sence même de cette sin­gu­la­ri­té... Vi­vant. Les fa­laises sont vi­vantes. Elles naissent, elles gran­dissent, elles créent la ten­dance et l’on ne voit plus qu’elles, elles ont la fougue de la jeu­nesse ou la ma­tu­ri­té de l’âge, elles vieillissent et on les dé­laisse... Elles ont leur heure de gloire, pour une as­cen­sion qui su­bi­te­ment rend pos­sible ce qui deux heures avant ne l’était pas. Elles tra­versent des drames, ra­va­gées par un in­cen­die, en­deuillées par un ac­ci­dent, in­ter­dites pour manque de ci­visme. Elles sont cour­ti­sées, fré­quen­tées, cou­vertes d’éloges, parce qu’elles penchent et s’ha­billent de co­lon­nettes et de concré­tions un peu m’as-tu-vu. Elles tombent im­per­cep­ti­ble­ment dans l’ou­bli parce que leurs na­no-ré­glettes et autres mi­cro-fis­sures, sur les­quelles se sont écrites les lettres de no­blesse de l’es­ca­lade, ne font tout bon­ne­ment plus rê­ver. Et c’est comme ça... Un peu gé­nial, un peu dom­mage, tou­jours fas­ci­nant... C’est la vie... La vie de fa­laise. 3 rue Paul Va­lé­rien Per­rin 38170 SEYS­SI­NET PA­RI­SET

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