CÉ­DRIC LA­CHAT ET FA­BIEN DU­GIT LI­BÈRENT

BA­LADE AU CLAIR DE LUNE, 8b MAX, 350 MÈTRES

Grimper - - IN VIVO - Cop­per-head.

Tu parles d’une ba­lade dans la face sud de l’Ai­guille du Fou ! Ju­gez plu­tôt d’après le ré­cit de Fa­bien : À 7 h 30 et dans le froid, Cé­dric se lance dans la pre­mière lon­gueur dif­fi­cile, un di­èdre lisse, pro­té­gé par quelques pi­tons (7b). S’en­suit la se­conde lon­gueur (6b), où toute la dif­fi­cul­té ré­side dans l’en­ga­ge­ment : nous de­vons fran­chir une dalle lisse de 15 mètres avec pour seule pro­tec­tion un Puis, nous en­chaî­nons les autres lon­gueurs sans en­combre. Vers mi­di, nous nous trou­vons au pied de la lon­gueur clé. La sixième lon­gueur dé­bute dans un di­èdre raide et phy­sique pro­té­gé par quatre pi­tons, avant de se ré­ta­blir sur un bom­bé où se trouve le pre­mier point de pro­tec­tion mis par les ou­vreurs (un spit de 8 mil­li­mètres qui ne re­tien­drait pro­ba­ble­ment pas une chute). Il faut alors s’en­ga­ger dans un mur ver­ti­cal hy­per com­pact, avec de rares prises. Les ou­vreurs y avaient for­cé le pas­sage en fo­rant de pe­tits trous pour cro­chet. Ne pou­vant les uti­li­ser, nous pro­gres­sons grâce à des aplats et autres mi­cro-prises pour re­joindre le spit sui­vant, si­tué dix mètres plus haut. La lon­gueur se ter­mine par une fine fis­sure ver­ti­cale pro­fonde, d’à peine une pha­lange. Une fois cette lon­gueur clé pas­sée, Cé­dric en tête et moi en mou­li­nette, ex­trê­me­ment sou­la­gés, sommes gon­flés à bloc pour al­ler jus­qu’au som­met avant la nuit. Nous en­chaî­nons donc le reste de la voie qui est beau­coup plus clas­sique avec une grimpe es­sen­tiel­le­ment en fis­sure. Nous at­tei­gnons enfin le som­met vers 21 heures, ex­té­nués mais heu­reux d’avoir ac­com­pli cette as­cen­sion dans la jour­née. Fi­na­le­ment, c’est sous un im­pres­sion­nant clair de lune que nous ti­rons les rap­pels et re­joi­gnons notre por­ta­ledge à 23 h 30. Ba­lade au clair de lune res­te­ra une su­perbe aven­ture en com­pa­gnie de Cé­dric. Sa réa­li­sa­tion au­ra pris moins de temps que ce que nous avions ima­gi­né, mais il s’agit tout de même de l’une des voies les plus dures et en­ga­gées du mas­sif du Mont-Blanc. À qui le tour ?

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