VA­CANCES EN FA­MILLE

SI­CILE…

Grimper - - TRIP -

Si de­puis plus d’une di­zaine d’an­nées, en Eu­rope et à des prix rai­son­nables, lors­qu’on évo­quait le trip­tyque : grimpe – plai­sir – île, Ka­lym­nos te­nait le haut du pa­vé (du ro­cher), la Si­cile res­tait quant à elle en de­hors des des­ti­na­tions à la mode, no­tam­ment du pu­blic fran­çais. Mais la si­tua­tion évo­lue, sur­tout avec le bouche-à-oreille qui a fonc­tion­né à mer­veille, n’en dé­plaise aux adeptes de la loi du si­lence… La Si­cile est de­ve­nue en deux ou trois sai­sons une des­ti­na­tion pri­sée en Mé­di­ter­ra­née.

L’omer­ta bri­sée… aper­to d’une nou­velle époque

La loi de l’omer­ta – si chère à cer­tains Ita­liens – pré­va­lait en­core ces der­nières an­nées en Si­cile. Au­pa­ra­vant ici – plus que dans tout le reste de la botte – on sa­vait te­nir sa langue, le si­lence était res­pec­té et un se­cret gar­dé, on pro­té­geait les in­té­rêts de la fa­mille, les plus beaux joyaux étaient bien à l’abri au fond des grottes, rien ne fil­trait vers l’ex­té­rieur ! Mé­fiance, mé­fiance, tout peut ar­ri­ver… Ce­lui qui en­frei­gnait cette règle ta­cite pou­vait com­pro­mettre toute la fa­mille. Or, suite à notre ré­cent voyage en terre si­ci­lienne, il semble que la mèche ait été ven­due. En Si­cile, et en ma­tière d’es­ca­lade spor­tive bien sûr, la loi du si­lence n’est plus de ri­gueur. L’in­té­rêt por­té à la Si­cile par la grande fa­mille des grim­peurs a aug­men­té cres­cen­do. Mais quels sont les se­crets de la dolce vi­ta si­ci­lienne ? Dé­jà, Jo­hann Wolf­gang von Goethe, en 1787, en re­ve­nant d’un voyage en Si­cile van­tait ses pay­sages et dé­cri­vait le mont Pel­le­gri­no comme « le plus beau pro­mon­toire du monde ». Et, en re­gar­dant l’Et­na, « on ad­mire sa longue sil­houette, à gauche, le lit­to­ral s’al­longe jus­qu’à Ca­tane et même jus­qu’à Sy­ra­cuse, et tout ce pa­no­ra­ma est cou­ron­né par cette mon­tagne énorme, fu­mante, or­gueilleuse, dont l’as­pect est adou­ci en quelque sorte par la dis­tance et la pu­re­té de l’air, il est ce­pen­dant plus ami­cal que me­na­çant ». Vous ajou­tez à cette mise en bouche lit­té­raire, des tem­pé­ra­tures agréables, un pay­sage très co­lo­ré et re­po­sant, des odeurs et sa­veurs mé­di­ter­ra­néennes, et SUR­TOUT des fa­laises dis­sé­mi­nées de-ci de-là, en bord de mer ou un peu plus dans les terres, des lo­caux ac­cueillants et ou­verts… Voi­là quelques atouts que pos­sède la Si­cile et vous dé­cou­vri­rez bien vite qu’un seul voyage ne suf­fi­ra pas pour faire le tour de son in­croyable po­ten­tiel, car il n’y a pas moins d’une cen­taine de sites ré­par­tis sur l’île. Des sites de couennes aux abords de la ville prin­ci­pale Pa­ler­mo (Bau­so Ros­so) en pas­sant par les spots de DWS (DeepWa­ter So­loing) ou de Con­tra­da Al­fa­no, non loin de Sy­ra­cuse (qui évoque en­core les splen­deurs de la Grèce an­tique), aux fa­laises au pied de l’Et­na : l’es­ca­lade est plu­rielle et se pra­tique sur toute l’île. Mais ce sont sur­tout les sec­teurs au­tour de San Vi­to Lo Capo au nord-ouest de l’île qui ont connu un fort es­sor cette der­nière dé­cen­nie. Sui­vez le guide !

Que le bal com­mence… mez­za voce

Dé­cor. Bien ca­lés sur des cous­sins, dans de larges « fau­teuils pa­lettes faits main », nous si­ro­tons notre bière du soir après une bonne jour­née de grimpe, une mu­sique douce en ar­rière-plan so­nore. Nous sommes à la Clim­bing House, dans le centre de San Vi­to, un lo­cal fraî­che­ment ou­vert par un pe­tit groupe de grim­peurs ita­liens très mo­ti­vés. Nous dis­cu­tons à mi­voix avec Da­niele et Ivan, nous par­lons du bon vieux temps, mais aus­si des temps fu­turs… doux mo­ments de far­niente. Si Goethe avait dé­jà fait un dé­tour par la Si­cile il y a plus de deux siècles, concer­nant l’es­ca­lade ou plu­tôt l’al­pi­nisme, ce n’est qu’au cours du mi­lieu du XXe siècle que les pre­miers pion­niers ita­liens s’aven­turent à ou­vrir des iti­né­raires sur les dif­fé­rentes monte de l’île pour y lais­ser leur em­preinte, non moins poé­tique. À San Vi­to, les pre­mières lon­gueurs voient le jour vers 1980-1981 sur la face nord du Monte Mo­na­co et sur le Monte Co­fa­no, la crête Vis­tam­mare (équi­pe­ment trad.) était aus­si dé­jà ou­verte. Beau­coup plus ré­cem­ment, Tho­mas Fi­ckert, Jim Titt et son frère Scott, ai­dés de Jo­sef et Ma­ria Gstöt­ten­mayr com­men­cèrent leur tra­vail d’équi­pe­ment sys­té­ma­tique dans les an­nées 2005-2006. Mais, il faut dire que la be­sogne avait dé­jà été bien en­tre­prise par Da­niele Are­na. Car c’est au­tour des an­nées 2000, que Da­niele,

Ci-des­sus : du re­pos to­tal dans un pla­fond… C’est bon signe, ça veut dire qu’il y a de la concré­tion et autres ré­jouis­sances “sta­lac­ti­tes­tiques“! Page de droite : une des voies les plus cé­lèbres de San Vi­to, le 7b+ “Ba­lu Yo­ghi E Bu­bu“au sec­teur Grot­ta del Ca­val­lo.

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