FON­TAI­NE­BLEAU

« UN GRIM­PEUR N’OU­BLIE JA­MAIS BLEAU… »

Grimper - - SOMMAIRE -

À l’oc­ca­sion de la sor­tie du livre « Fon­tai­ne­bleau, 100 ans d’his­toire » de Gilles Mo­di­ca et Ja­cky Go­doffe aux édi­tions du Mont-Blanc, Ste­phan De­nys nous a concoc­té une sélection d’ex­traits à sa fa­çon. Un dos­sier tout en mor­ceaux choi­sis, pour dé­cou­vrir et re­dé­cou­vrir sans fin le mythe, mis en lu­mière par les re­gards croi­sés de Bleau­sards d’hier et d’au­jourd’hui.

Bleau, sanc­tuaire de l’escalade libre, fo­rêt de blocs unique au monde, n’avait pas de livre en­tiè­re­ment dé­dié à son his­toire, la re­la­tant du pre­mier de­gré au neu­vième de­gré, seuil après seuil, de­puis les tendres es­poirs en sou­liers fer­rés de la Belle Époque (1908).

Ce livre le voi­ci, avec ses por­traits de grands al­pi­nistes for­més à l’école de Bleau et ses Bleau­sards pur jus pour qui Bleau est l’al­pha et l’omé­ga de l’escalade. Dans une toute der­nière par­tie, Ja­cky Go­doffe, vé­té­ran du hui­tième de­gré, ca­rac­té­rise les blo­queurs des an­nées 2000 et l’évo­lu­tion ac­tuelle. Plus d’un siècle d’escalade : 1908-2017. Six gé­né­ra­tions de Bleau­sards au moins, ont créé, en s’amu­sant, en jar­gon­nant dans l’ar­got de Pa­ris, paillas­son ou cra­sh­pad sous les pieds, doigts cris­sant de pof ou blancs de ma­gné­sie, un art de grim­per de­ve­nu lé­gen­daire dans le monde en­tier. Un Bleau­sard n’ou­blie ja­mais Bleau et il ou­blie­ra d’au­tant moins qu’il a dé­bu­té l’escalade sur ses blocs ovoïdes, déses­pé­ré­ment ronds à leur som­met, avec beau­coup de chutes et de cour­ba­tures. Ce fut mon cas. J’avais dix-sept ans. Élève de ter­mi­nale au ly­cée La­ka­nal, as­sez mal no­té à cause de ses ab­sences et de son mu­tisme, rê­vant trop constam­ment d’être ailleurs, je me fai­sais les doigts en se­maine sur les hauts murs du parc de Sceaux voi­sin pour ac­cé­lé­rer mes pro­grès au Bas-Cu­vier, mon mas­sif pré­fé­ré avec Apre­mont. Deux mas­sifs fa­ciles d’ac­cès pour un pié­ton, l’al­ler en train, le re­tour en stop. Sans voi­ture, pié­ton de Pa­ris, mar­cheur de Bleau, j’ai connu non seule­ment tous les plai­sirs de l’escalade en fo­rêt, toutes les bleau­sar­dises, mais aus­si tous les plai­sirs qui pré­cé­daient l’escalade aux temps des Ro­chas­siers de Jacques Wehr­lin et des pion­niers du G.D.B (Groupe de Bleau) ou du G.H.M (Groupe de Haute Mon­tagne), Jacques de Lé­pi­ney, Bo­bi Ar­san­daux, Pierre Al­lain (la pure lu­mière du Rocher), Mau­rice Mar­tin, Ro­land Truf­faut, et tant d’autres. Le plai­sir des re­gards sur la Seine et sur Notre-Dame au pas pres­sé du train à prendre gare de Lyon. Le plai­sir du pre­mier saut de la jour­née, sur le quai de Bois-le-Roi. Le plai­sir de s’en­fon­cer en fo­rêt par la Route du Pa­vé de la Cave. Le plai­sir de chan­ter, à pleins pou­mons, dans des al­lées dé­sertes et rec­ti­lignes. Le plai­sir de s’ap­pro­cher d’un plus grand plai­sir. Le plai­sir de for­cer le rythme dans la nuit com­men­çante du sa­me­di. Le plai­sir de s’en­gouf­frer sous un bloc pour une nuit de re­nard. Le plai­sir de plan­ter une bou­gie dans une grotte de grès. Le plai­sir d’un brouillard qui se dis­sipe au pe­tit ma­tin dans une odeur de fou­gères. L’air, plus sec, sèche les ro­chers. Je planque mon sac de sport dans un chaos, je lace mes chaus­sons. L’escalade peut com­men­cer. Lorsque Ca­the­rine Des­ti­velle, la pa­tronne des édi­tions du Mont Blanc, m’a de­man­dé, sur la re­com­man­da­tion écrite de JeanC­laude Beau­re­gard (vieux Bleau­sard, grand éru­dit de la fo­rêt) ce livre sur Bleau, j’ai ra­pi­de­ment ba­layé les ob­jec­tions de mon in­do­lence de­vant cet énorme tra­vail de triage, d’en­quête et de com­po­si­tion. Bleau, c’est ma jeu­nesse, ma toute prime jeu­nesse, l’in­com­pa­rable sa­veur des com­men­ce­ments, toute l’émo­tion des pre­mières dé­cou­vertes, des pre­miers pro­grès, des pre­miers VI. Je me suis en­fon­cé dans l’his­toire de Bleau avec la cu­rio­si­té et les éton­ne­ments qu’on a pour les pé­ri­pé­ties et les bi­zar­re­ries de sa propre exis­tence. Ce livre m’a même permis de re­trou­ver Jean-Pierre Bou­vier, La Mouche, per­du de vue de­puis plus de trente ans. Bien ra­con­tés, nos pre­miers en­ga­ge­ments en mon­tagne et dans les pa­rois du Sud, de la Sainte Vic­toire aux gorges du Ver­don, fe­raient un livre plus in­vrai­sem­blable que les clas­siques de l’in­vrai­sem­blance dans la lit­té­ra­ture de mon­tagne. Tou­jours très fort grim­peur, bien­tôt 60 ans, Jean-Pierre Bou­vier, à Bleau, est un cham­pion des tra­ver­sées avec, dans cer­tains cas, plus de 80 mou­ve­ments en­chaî­nés, le tout fri­sant le neu­vième de­gré. Cer­taines de ces tra­ver­sées n’ont ja­mais été ré­pé­tées. Avis aux ama­teurs !

Au­tant l’avouer, je n’ai tou­jours pas réus­si à lire d’une seule traite cet ou­vrage. Pour­tant je l’ai par­cou­ru dé­jà des di­zaines de fois et bien lu en in­té­gra­li­té, mais de ma­nière très désor­don­née. Avec ses douze cha­pitres, il se prête d’ailleurs as­sez bien à une lec­ture croi­sée que l’on choi­si­ra se­lon ses pré­fé­rences. Il y a fort à pa­rier que tout Bleau­sard ac­tuel com­men­ce­ra sa lec­ture par le on­zième cha­pitre trai­tant la pé­riode «des an­nées qua­tre­vingt à nos jours», ré­di­gé par Ja­cky Go­doffe. Ces quelques 38 pages le lais­se­ront sû­re­ment sur sa faim, tant ce­la pour­ra sem­bler faire court pour une pé­riode aus­si char­gée, où l’his­toire de Bleau s’est tel­le­ment em­bal­lée. Le pe­tit cha­pitre sui­vant et fi­nal de cet his­to­rique, por­té par un beau texte de Loïc Le Den­mat, sau­ra tem­pé­rer cet ap­pé­tit du Bleau­sard, sans tou­te­fois pou­voir to­ta­le­ment le ras­sa­sier. Cu­rieux et gour­mand, il re­vien­dra sur le vrai som­maire du livre, avec ses dix cha­pitres pré­cé­dents, et pren­dra conscience de l’am­pleur des mets com­po­sés par Gilles Mo­di­ca. Un me­nu his­to­rique fait de bons gros plats dignes des mon­ta­gnards, et de très nom­breuses pièces par­ti­cu­liè­re­ment sub­tiles qui font dé­cou­vrir plei­ne­ment ce monde très in­time des Bleau­sards des temps an­ciens. Si la pas­sion de la mon­tagne trans­pire ré­gu­liè­re­ment dans le ré­cit his­to­rien de Gilles, son amour de Bleau y reste aus­si tou­jours pal­pable, et plus en­core quand il s’agit de par­ler de la fo­rêt et de ses am­biances. Avec une ico­no­gra­phie re­mar­quable de cen­taines de do­cu­ments d’époque, il fau­dra juste alors évi­ter de vou­loir dé­vo­rer d’un coup ce livre, pour es­sayer de mieux en sa­vou­rer chaque par­tie. Un tra­vail co­los­sal à n’en pas dou­ter. Pour le non Bleau­sard ou même le non ini­tié au bloc, ce livre pour­ra aus­si se voir comme une ode au gé­nie de Bleau à tra­vers les âges, ce­lui-là même qui donne ses cou­leurs et ses formes aux ro­chers de Fon­tai­ne­bleau.

« C’est le ciel du jour qui re­com­mande le site, le bloc, l’ex­po­si­tion, le type de pas­sage, la fa­çon de grim­per, sur les mains, ou sur les pieds, la po­si­tion, la prise, le pla­ce­ment d’une main, la pous­sée d’un pied »

De tout temps, le Bleau­sard est grand joueur ! C’est peut-être même ain­si par­fois qu’il a pu se faire très in­ven­teur. À force de ten­ter de s’agrip­per au rocher, il lui a fal­lu cher­cher les moyens de mieux y adhé­rer, et de trou­ver chaus­sures à ses pieds il s’est beau­coup pré­oc­cu­pé. Heu­reu­se­ment pour notre très cher grès, il a réus­si à s’af­fran­chir des se­melles à clous, pas­sant par celles de corde pour fi­na­le­ment y mettre la gomme ! Tou­jours lut­tant contre une cer­taine pe­san­teur, de grands bonds sont tou­jours pos­sibles dans tous les do­maines, et l’exemple de Charles Al­bert, Bleau­sard au plus haut ni­veau grim­pant pieds nus, montre que l’évo­lu­tion est à consi­dé­rer dans tous les sens pos­sibles. Ici Vincent Po­chon ef­fec­tue un saut de­puis le haut des “Four­mis Rouges”, 7c du Cu­vier-Rem­part, moyen le plus ra­pide pour re­joindre ses co­pains sur la ter­rasse qui fait face au pas­sage. Un saut d’am­pleur, per­pé­tuant une pra­tique au­jourd’hui dé­lais­sée mais qui était plus cou­tu­mière au siècle der­nier. Les sauts per­met­taient d’amé­lio­rer sa tech­nique de chute par des ré­cep­tions pré­cises, ou en­core de mi­mer le saut d’une cre­vasse en pré­pa­ra­tion à la mon­tagne, quand ce n’était pas tout sim­ple­ment un chal­lenge pour le plai­sir de re­lier des blocs par la voie la plus courte ! Main­te­nant, hor­mis quelques « ya­ma­ka­zi » ve­nant s’en­traî­ner au Par­kour en fo­rêt, on ne voit plus guère de Bleau­sards se li­vrer aux grands bonds dans les airs, dan­ge­ro­si­té et fra­cas­sage de dos n’étant plus très à la mode de­puis l’avè­ne­ment du crash-pad…

C’est au Bas-Cu­vier que l’His­toire bleau­sarde au­rait com­men­cé. De par son ac­cès fa­cile, que ce soit à l’époque du train avec une pe­tite heure de marche d’ap­proche de­puis Bois-le-Roi, puis par sa proxi­mi­té im­mé­diate avec l’ex-Na­tio­nale 7 (D407), c’est de tout temps le site le plus fré­quen­té de la fo­rêt. Sa grande concen­tra­tion de blocs de toutes tailles par­fai­te­ment po­sés sur un sol plat lui a va­lu sa dé­no­mi­na­tion de « la­bo­ra­toire du geste ». C’est bien le lieu où les éche­lons de la dif­fi­cul­té ont été créés à Bleau, sou­vent ar­ti­fi­ciel­le­ment d’abord par la taille de prises, puis plus « na­tu­rel­le­ment » : pre­mier 6a, puis 7a, 7b, 7c (“La Ma­rie-Rose”, “L’Abat­toir”, “Car­nage”, “L’Ab­bé-Ré­si­na”)… Et même plus à l’est, tou­jours sur la même crête alors dite du Cu­vierRem­part, pre­mier 8a et 8b. Site in­con­tour­nable de la fo­rêt pour tout pre­mier vi­si­teur à Bleau, le Cu­vier offre pour­tant en­core de nou­veaux coins et pas­sages pour qui s’aven­ture hors de ses pla­cettes bon­dées. Ici Sam Ave­zou et “La Por­thos”, du 5 inf. d’époque comme l’ai­maient les « for­çats cu­vié­ristes ».

Juste au sud du Cu­vier se trouve le plus grand des chaos de blocs de Fon­tai­ne­bleau. Apre­mont, ou les Âpres Monts, est un vaste mé­lange de pla­tières et de gorges re­cou­vertes de ro­chers sur quelques 300 hec­tares (une sur­face proche d’un rec­tangle de 3 km sur 1 km). L’amon­cel­le­ment de blocs y forme par en­droits de vé­ri­tables la­by­rinthes où la pro­gres­sion est com­plexe. Plus cé­lèbre pour l’his­toire de ses peintres et l’École de Bar­bi­zon que pour celle des Bleau­sards, c’est un site par­mi les plus riches à dé­cou­vrir, of­frant une grande di­ver­si­té de cir­cuits, pas­sages et pay­sages.

Le pas­sage le plus dif­fi­cile du 21e siècle pour Bleau se­ra cer­tai­ne­ment la pré­ser­va­tion de ses sites. De­puis les an­nées 2000 et l’es­sor de l’ac­ti­vi­té, nom­breux sont les pro­blèmes liés à l’aug­men­ta­tion ex­po­nen­tielle du nombre de pra­ti­quants. Mais com­ment pré­ser­ver sans dé­na­tu­rer ? Com­ment conci­lier le nombre et les chiffres là où il fau­drait sur­tout ne pas avoir à comp­ter ? L’His­toire offre sou­vent exemple pour ai­der à ré­soudre les pro­blèmes du pré­sent, pour­tant il est par­fois bien fra­gile le rem­part entre l’in­for­ma­tion et la pu­bli­ci­té. Ain­si pour exemple, même sans connaître l’en­droit dé­crit par Ja­cky et cette fa­meuse pla­cette du Cu­vier-Rem­part pré­sen­tée ici (“Big Boss” étant le pas­sage le plus à gauche de l’image), on pour­ra ai­sé­ment consta­ter qu’une ré­ponse au pro­blème de l’éro­sion a dû y être en­vi­sa­gée. Ne dit-on pas qu’une image vaut mille mots ? Et au même au­teur, un cer­tain Con­fu­cius, on de­vrait aus­si cette citation : « Je ne cherche pas à connaître les ré­ponses, je cherche à com­prendre les ques­tions ».

Bien moins cé­lèbres que leurs ho­mo­logues du nord de la fo­rêt pour ce qui est des dif­fi­cul­tés, les sites de Lar­chant comme ce­lui de l’Élé­phant n’ont pour­tant que peu à leur en­vier. Dès les dé­buts de l’his­toire bleau­sarde, on par­le­ra de clans du Nord et de ceux du Sud, tant l’am­biance et la pra­tique même y sont dif­fé­rentes, les « Su­distes » pous­sant les dif­fi­cul­tés no­tam­ment dans l’en­ga­ge­ment et l’en­chaî­ne­ment de cir­cuits très ex­po­sés qui font tou­jours date. Que ce soit dans le golfe for­mé par la dé­pres­sion de Lar­chant, sur les pi­gnons proches de Ne­mours ou le site de Bu­thiers, au sud de la fo­rêt le rocher de­vient de plus en plus sculp­té, voir tour­men­té, de plus en plus haut aus­si, et bien sou­vent plus fra­gile avec un grès plus pauvre en si­lice. Ici l’Élé­phant qui donne son nom au site fait bien le dos rond de­vant ce groupe de jeunes du CAF ve­nus lui mon­ter des­sus à l’oc­ca­sion d’un ras­sem­ble­ment an­nuel.

Le Bleau­sard est tout aus­si bien une Bleau­sarde. Ici, le texte ex­trait du livre ga­gne­rait à être conver­ti au fé­mi­nin, même si sa toute fin per­drait alors un peu de son sens ! Connues ou in­con­nues, les filles sont très nom­breuses à Bleau, même si tou­te­fois moins bien re­pré­sen­tées quand il s’agit d’image ou d’ex­po­ser leurs per­for­mances. Sans elles, Bleau se­rait pour­tant bien triste et in­com­plet - comme dans la vie di­ra-t-on - mais quand même, une fille dans la fo­rêt et de plus sur un bloc, il est vrai que c’est par­ti­cu­liè­re­ment jo­li, non ? En haut à gauche, Flo­rence Pi­net dans “Voi­là la Che­nille”, 7a, à Bu­thiers, et au-des­sous, Hé­lène Ja­ni­cot et “L’Angle Al­lain”, 6a du Cu­vier-Rem­part ; À droite, Sté­pha­nie Bo­det et “Le Coeur”, 7a de l’Élé­phant, et en fond, une in­con­nue prise à la sau­vette dans “Le Gruyère” ou “La Dalle à Po­ly”, 5+ tou­jours à l’Élé­phant.

Il se­rait bien dif­fi­cile - voire im­pos­sible - de faire ap­pa­raître dans un seul ou­vrage la to­ta­li­té des ac­teurs et ex­plo­ra­teurs bleau­sards… Même en ne consi­dé­rant que ces quinze à vingt der­nières an­nées et met­tant bien de cô­té les étran­gers ou non­lo­caux ! Ain­si Ch­ris­tophe Lau­mone, Ch­ris­tian Rou­mé­goux, Tho­mas Col­li­gnon, An­toine Van­de­putte, Guillaume Glai­ron-Mon­det, Al­ban Le­vier, To­ny Fou­che­reau, Jé­rôme Cha­put, Lu­cas Mé­né­gat­ti, Fa­bien Mar­chand, Da­vid Evrard, Thier­ry Gué­guen, Ber­nard Thé­ret, Ma­nu Ra­touis, Fran­çois Lou­vel, Gilles Cot­tray, Jean-Jacques Naels, Pas­cal Étienne, Be­noît Faure, Gré­goire Clou­zeau, Alexis Al­layaud, Ré­gis Al­layaud, Éric Al­layaud, Ar­naud Ceintre, Mat­thieu Dut­tray, Marc Mont­chaus­sé, Thibault Le Scour, Vincent Can­te­relle, Pierre Gonzales, Éric Le­tot, Cy­ril Bot­to­lier, Jean-Pierre Roud­neff, El­ric Bes­nier, Jean-Bap­tiste Jour­jon, Ch­ris­tophe Ca­zin, Pas­cal Ga­gneux, Guillaume Jou­bert, Ke­vin Thibault, Gré­goire Thibault, Di­dier Gé­rar­din, Lu­cien Guillou, Brice Lefèvre, Éric Mal­herbe, Greg Sobc­zak, Thier­ry Plaud, Théo­time Par­don… Tous au­raient leur image dans un tel ou­vrage et il en man­que­rait en­core !

Le pas­sage le plus dif­fi­cile du 21e siècle pour Bleau se­ra cer­tai­ne­ment la pré­ser­va­tion de ses sites. De­puis les an­nées 2000 et l’es­sor de l’ac­ti­vi­té, nom­breux sont les pro­blèmes liés à l’aug­men­ta­tion ex­po­nen­tielle du nombre de pra­ti­quants. Mais com­ment pré­ser­ver sans dé­na­tu­rer ? Com­ment conci­lier le nombre et les chiffres là où il fau­drait sur­tout ne pas avoir à comp­ter ? L’His­toire offre sou­vent exemple pour ai­der à ré­soudre les pro­blèmes du pré­sent, pour­tant il est par­fois bien fra­gile le rem­part entre l’in­for­ma­tion et la pu­bli­ci­té. Ain­si pour exemple, même sans connaître l’en­droit dé­crit par Ja­cky et cette fa­meuse pla­cette du Cu­vier-Rem­part pré­sen­tée ici (“Big Boss” étant le pas­sage le plus à gauche de l’image), on pour­ra ai­sé­ment consta­ter qu’une ré­ponse au pro­blème de l’éro­sion a dû y être en­vi­sa­gée. Ne dit-on pas qu’une image vaut mille mots ? Et au même au­teur, un cer­tain Con­fu­cius, on de­vrait aus­si cette citation : « Je ne cherche pas à connaître les ré­ponses, je cherche à com­prendre les ques­tions ».

De gauche à droite et bas en haut : Marc Mont­chaus­sé et “Gar­gan­toit” 7a+ des Gorges du Houx, Ma­nu Ra­touis et “Peau de Cha­grin” 7c+ à Fran­chard Cui­si­nière, Ch­ris­tophe Lau­mone et sa “Fa­ta Mor­ga­na” 8a des Long Vaux, Ch­ris­tian Rou­mé­goux en pleine “Ap­par­te­nance” 7c de Bu­thiers, Da­vid Evrard et une face vierge à Dar­vault.

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