I Votre dé­cla­ra­tion

Guide ISF - - Sommaire -

Seuil in­chan­gé de­puis 2011, le ba­rème de­puis 2013

De­puis les al­lè­ge­ments Sar­ko­zy de l’ISF en 2011, un pa­tri­moine doit être éva­lué à plus de 1,3 mil­lion d’eu­ros pour être im­po­sable à l’im­pôt de so­li­da­ri­té sur la for­tune (ISF). Sous cette li­mite, le pa­tri­moine est en­tiè­re­ment exo­né­ré et la dé­cla­ra­tion d’ISF n’est pas obli­ga­toire. Ce­pen­dant, cer­tains pro­fes­sion­nels de la ges­tion de pa­tri­moine conseillent de conti­nuer à dé­cla­rer si vous fran­chis­sez le seuil d’im­po­si­tion à la baisse après avoir été as­su­jet­ti dans un pas­sé ré­cent. Une fa­çon de mon­trer patte blanche vis-à-vis du fisc.

Tout pa­tri­moine est taxable dès que sa va­leur nette dé­passe 1,3 mil­lion d’eu­ros – il n’est ain­si pas taxable s’il at­teint 900 000 eu­ros. Le ba­rème n’est pas ap­pli­cable dès le pre­mier eu­ro ni à par­tir de 1,3 mil­lion d’eu­ros mais à par­tir de 800 000 eu­ros : le pa­tri­moine est taxé par tranches suc­ces­sives. Le pa­tri­moine est pris en compte dans sa qua­si-to­ta­li­té pour sa va­leur vé­nale (ou va­leur de mar­ché) au 1er jan­vier 2017, après im­pu­ta­tion de dé­cotes ou d’exo­né­ra­tions ap­pli­cables à cer­tains biens.

La loi fis­cale per­met de dé­duire cer­taines dettes ; c’est la rai­son pour la­quelle on parle de base nette im­po­sable ou de va­leur nette taxable. De­puis 2013, le ba­rème n’a pas su­bi de mo­di­fi­ca­tion. En 2017, il est fixé comme suit :

Une ré­duc­tion d’ISF au­to­ma­tique entre 1,3 et 1,4 M€ : la dé­cote

At­ten­tion, entre 1,3 et 1,4 mil­lion d'eu­ros de pa­tri­moine net taxable à l'ISF au 1er jan­vier 2017, le cal­cul de l’im­pôt obéit à des règles spé­ci­fiques. Vous pou­vez bé­né­fi­cier d'un mé­ca­nisme de dé­cote qui per­met de ré­duire le mon­tant de votre ISF jus­qu'à 1.250 eu­ros. Les ré­duc­tions d’ISF cor­res­pon­dantes sont les sui­vantes :

La ré­duc­tion d'ISF in­duite par la dé­cote est cal­cu­lée de fa­çon au­to­ma­tique par l'ad­mi­nis­tra­tion fis­cale. Vous n'avez donc au­cune case à rem­plir à ce titre.

Les foyers as­su­jet­tis à l’ISF

Toute per­sonne phy­sique ré­si­dant en France et dé­te­nant un pa­tri­moine au moins égal à 1,3 mil­lion d’eu­ros est su­jette à l’ISF, quelle que soit sa na­tio­na­li­té.

Il ne faut pas confondre foyer fis­cal au titre de l’im­pôt sur le re­ve­nu (IR) et au titre de l’ISF. Il existe plu­sieurs dif­fé­rences no­tables :

• même si vous avez op­té pour le rat­ta­che­ment de votre en­fant ma­jeur dans le cadre de votre dé­cla­ra­tion de re­ve­nus, son âge l’ex­clut de fac­to de votre foyer fis­cal ISF ;

• en cas de concu­bi­nage, le pa­tri­moine doit être dé­cla­ré en com­mun. Au­tre­ment dit, les concu­bins consti­tuent un seul foyer fis­cal au sens de l’ISF. Ain­si, deux per­sonnes s’ima­gi­nant non im­po­sables en rai­son de leur si­tua­tion ma­ri­tale peuvent en fait l’être si le cu­mul des biens qu’elles pos­sèdent ex­cède le seuil d’as­su­jet­tis­se­ment de

1,3 mil­lion d’eu­ros ;

• même cause, mêmes ef­fets pour les couples ma­riés en 2016 qui optent pour une im­po­si­tion sé­pa­rée à l’im­pôt sur le re­ve­nu.

> Le cas des non-ré­si­dents

Être non-ré­sident fis­cal ne per­met pas, en prin­cipe, de s’exo­né­rer d’ISF. Sauf con­ven­tion fis­cale entre la France et le pays de ré­si­dence, les non-ré­si­dents sont sou­mis à l’ISF sur leurs biens si­tués en France. Tou­te­fois, les pla­ce­ments fi­nan­ciers fran­çais (as­su­rance vie, ac­tion d’une so­cié­té fran­çaise no­tam­ment) ne sont pas taxables. Dans les faits, les non-ré­si­dents sont es­sen­tiel­le­ment taxables sur les biens im­mo­bi­liers qu’ils ont conser­vés sur le ter­ri­toire fran­çais.

L’as­siette de l’ISF

Les biens sui­vants sont à dé­cla­rer :

• biens im­mo­bi­liers dé­te­nus en pleine pro­prié­té ou en tant qu’usu­frui­tier : ré­si­dence prin­ci­pale, se­con­daire, im­mo­bi­lier lo­ca­tif, im­meuble en cours de construc­tion, ter­rain à bâ­tir, ter­rain hors de l’ac­tif pro­fes­sion­nel ;

• li­qui­di­tés et épargne fi­nan­cière : comptes de dé­pôt et li­vrets ban­caires, va­leur de ra­chat des contrats d’as­su­rance vie ( hors contrats dits non ra­che­tables de type Ton­tine), va­leur li­qui­da­tive des SICAV et FCP ;

• va­leurs et parts : ac­tions et droits so­ciaux ne bé­né­fi­ciant pas de la qua­li­fi­ca­tion de biens pro­fes­sion­nels exo­né­rés ;

• autres biens meubles : meubles meu­blants, bi­joux et mé­taux pré­cieux, voi­tures, mo­tos, ba­teaux, yachts, avions de tou­risme, dé­pôts de garantie (en tant que lo­ca­taire).

Il existe de nom­breuses exo­né­ra­tions d’ISF, cer­taines en vi­gueur de­puis la créa­tion de l’IGF (im­pôt sur les grandes for­tunes) en 1982.

Par­mi les biens exo­né­rés à 100 %, ci­tons :

• les oeuvres d’art, an­ti­qui­tés, ob­jets de col­lec­tion, tim­bres­poste, voi­tures de col­lec­tion (sous condi­tions) ;

• les biens pro­fes­sion­nels ;

• l’épargne re­traite (Perp) en phase de cons­ti­tu­tion du ca­pi­tal ;

• les rentes consti­tuées dans le cadre d’un Perp (sous condi­tions) ;

• les titres re­çus en contre­par­tie de l’in­ves­tis­se­ment di­rect, in­di­rect (via une hol­ding) au ca­pi­tal de PME ré­pon­dant aux cri­tères com­mu­nau­taires : moins de 250 per­sonnes, chiffre d’af­faires ≤ 50 M € ou to­tal de bi­lan ≤ 43 M €.

D’autres biens bé­né­fi­cient d’exo­né­ra­tions d’ISF de 75 %. Par­mi ceux- ci, ci­tons :

• les titres de so­cié­tés ayant fait l’ob­jet d’un en­ga­ge­ment col­lec­tif de conser­va­tion (ré­gime dit du Pacte Du­treil) ;

• les bois et fo­rêts, les parts de grou­pe­ments fo­res­tiers (GF) as­sor­tis d’en­ga­ge­ments d’ex­ploi­ta­tion pen­dant 30 ans ;

• parts de grou­pe­ments fon­ciers agri­coles (GFA) ou vi­ti­coles (GFV). L’exo­né­ra­tion de 75 % est ac­cor­dée dans la li­mite de 101 897 eu­ros. Au-de­là, l’exo­né­ra­tion des parts se monte à 50 % de leur va­leur.

Com­ment éva­luer les biens im­po­sables

L’ISF re­pose sur une éva­lua­tion des biens à leur va­leur de mar­ché, c’est-à-dire leur prix théo­rique à la re­vente, ap­pe­lée va­leur vé­nale. Dé­ter­mi­ner cette va­leur n’est pas tou­jours chose ai­sée, les règles n’étant pas tou­jours édic­tées clai­re­ment par l’ad­mi­nis­tra­tion. Cer­taines ne sont même pas écrites !

Pour l’im­mo­bi­lier, prin­ci­pale com­po­sante des pa­tri­moines taxables à l’ISF, la mé­thode d’éva­lua­tion uti­li­sée est celle de la com­pa­rai­son. Elle s’ap­puie sur des tran­sac­tions ef­fec­tuées sur des mai­sons et ap­par­te­ments voi­sins. Les sta­tis­tiques des no­taires sont une ré­fé­rence en la ma­tière.

Tou­te­fois, de nom­breux biens peuvent pré­tendre à des dis­po­si­tions spé­ci­fiques ou à une to­lé­rance de l’ad­mi­nis­tra­tion fis­cale, per­met­tant de di­mi­nuer leur va­leur taxable :

• ré­si­dence prin­ci­pale : abat­te­ment for­fai­taire de 30 %, sauf en cas de dé­ten­tion au tra­vers d’une so­cié­té ci­vile im­mo­bi­lière (SCI) ;

• lo­ge­ments à loyers ré­gle­men­tés (loi du 1er sep­tembre 1948) : dé­cote de 25 à 40 % ad­mise ;

• autres im­meubles d’ha­bi­ta­tion oc­cu­pés : dé­cote de 10 à 20 % ad­mise ;

• parts de SCI (so­cié­té ci­vile im­mo­bi­lière) : dé­cote de 10 à 15 % ad­mise sous condi­tions ;

• in­di­vi­sion : dé­cote de 10 à 20 % ad­mise, de 30 % se­lon la ju­ris­pru­dence (Cour de Cas­sa­tion);

• dé­mem­bre­ment : nue-pro­prié­té hors de l’as­siette de l’ISF, usu­fruit pris en compte pour la va­leur du bien en pleine pro­prié­té. Si l’usu­frui­tier ha­bite dans le bien qui consti­tue sa ré­si­dence prin­ci­pale, il dé­clare la va­leur de la pleine pro­prié­té après ap­pli­ca­tion de l’abat­te­ment de 30 % ;

• SCPI : va­leur d’exécution ou de re­trait de la part au 31 dé­cembre 2016. Le mon­tant à re­por­ter dans la dé­cla­ra­tion d’ISF est gé­né­ra­le­ment in­di­qué dans le bul­le­tin tri­mes­triel d’in­for­ma­tion du qua­trième tri­mestre de la SCPI dont vous êtes as­so­cié.

Pour les va­leurs mo­bi­lières ( hors biens pro­fes­sion­nels), les règles de va­lo­ri­sa­tion sont les sui­vantes :

• ac­tions, obli­ga­tions, tra­ckers co­tés en Bourse : va­leur la plus fa­vo­rable entre le der­nier cours de l’an­née 2016 et la moyenne des 30 der­niers cours de clô­ture de l’an­née 2016 ;

• SICAV, FCP : der­nière va­leur li­qui­da­tive ( VL) avant le 1er jan­vier 2017.

Les dettes dé­duc­tibles

En prin­cipe, cer­taines dettes peuvent être dé­duites du pa­tri­moine dé­te­nu au 1er jan­vier. C’est ce que l’on ap­pelle le pas­sif. C’est seule­ment après dé­duc­tion de ces dettes que le ba­rème de l’ISF s’ap­plique au pa­tri­moine du re­de­vable. Tou­te­fois, toutes les dettes ne sont pas dé­duc­tibles. Pour l’être, une dette doit res­pec­ter plu­sieurs cri­tères cu­mu­la­tifs :

• dette cer­taine : la dette doit « exis­ter au 1er jan­vier de l’an­née d’im­po­si­tion », comme l’ex­plique l’ad­mi­nis­tra­tion fis­cale dans le BOFiP ;

• dette non-pro­fes­sion­nelle : la dette doit être contrac­tée per­son­nel­le­ment par le re­de­vable ou l’un des membres de son foyer fis­cal ;

• dette jus­ti­fiable : le re­de­vable doit être en me­sure d’en prou­ver l’exis­tence et son mon­tant au 1er jan­vier 2017, jus­ti­fi­ca­tifs à l’ap­pui ;

• dettes rat­ta­chées à des biens taxables : les dettes liées à des biens exo­né­rés ou non pris en compte dans le champ de l’ISF ne sont pas dé­duc­tibles.

Ain­si, la dette d’ac­qui­si­tion de la nue­pro­prié­té d’un bien im­mo­bi­lier ou d’une oeuvre d’art n’est pas dé­duc­tible. Dans le cas d’un bien par­tiel­le­ment exo­né­ré

( parts de grou­pe­ments fo­res­tiers, bois et fo­rêts) fi­nan­cé par l’em­prunt, ce prêt n’est dé­duc­tible qu’à hau­teur de la frac­tion taxable du bien. Exemples de dettes pou­vant être dé­duites : em­prunts ban­caires, dé­cou­verts ban­caires et comptes dé­bi­teurs, cré­dits à la consom­ma­tion, fac­tures à payer au­près de pres­ta­taires de ser­vices ou d’en­tre­pre­neurs de tra­vaux, va­leur de ca­pi­ta­li­sa­tion des pen­sions ali­men­taires, im­pôts 2017.

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