Une des­cen­dance peu lé­gi­time mais tou­jours fi­dèle

Historia - - Dossier Les Princes Flamboyants -

Phi­lippe le Bon, ma­rié trois fois, a bien du mal à avoir une des­cen­dance lé­gi­time : il ne par­vient à avoir des en­fants qu’avec sa troi­sième femme, Isa­belle de Por­tu­gal, qu’il épouse alors qu’il est âgé de 34 ans. Leurs deux pre­miers fils, An­toine et Josse, meurent jeunes, et seul le troi­sième et der­nier, pré­nom­mé Charles, le fu­tur Té­mé­raire, at­teint l’âge d’homme et vit as­sez long­temps pour suc­cé­der à son père. Il semble tou­te­fois que, s’il y a dif­fi­cul­té à pro­créer, le pro­blème ne vient pas de Phi­lippe car il a une très nom­breuse des­cen­dance illé­gi­time : on lui connaît au moins 24 bâ­tards. Ceux-ci, bien que nés des amours adul­tères de leurs pa­rents, n’en bé­né­fi­cient pas moins d’un sta­tut social su­pé­rieur en rai­son de leur as­cen­dance prin­cière. La plu­part sont éle­vés à la cour et re­çoivent une édu­ca­tion soi­gnée. Les gar­çons sont pro­mis à de belles car­rières laïques ou ec­clé­sias­tiques, ain­si Cor­neille, nom­mé gou­ver­neur du du­ché de Luxem­bourg, An­toine, sur­nom­mé le Grand Bâ­tard, qui de­vient l’un des prin­ci­paux chefs de guerre bour­gui­gnons, Da­vid, évêque de Thé­rouanne, puis d’utrecht. Les filles, quant à elles, sont pla­cées à la tête de com­mu­nau­tés re­li­gieuses ou ma­riées à des re­pré­sen­tants de la haute no­blesse de Bour­gogne, comme Ma­rie, bâ­tarde de Bour­gogne, qui épouse le che­va­lier de la Toi­son d’or Pierre de Bauf­fre­mont, sei­gneur de Char­ny. À leur ma­nière, elles servent aus­si la po­li­tique de leur père. B. S.

UNE FLÈCHE An­toine de Bour­gogne, dit le Grand Bâ­tard, est l’un des grands de l’ar­mée du­cale.

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