La pas­sion des tour­nois

Historia - - Dossier Les Princes Flamboyants -

La fi­gure du roi che­va­lier ne cesse de han­ter le règne de Re­né. Ce con­qué­rant frus­tré, qui s’illustre dans les guerres na­po­li­taines puis au­près de son cou­sin le roi de France face aux An­glais, ma­gni­fie les va­leurs de la no­blesse et du com­bat sin­gu­lier. Il va­lo­rise la fi­gure de Mau­rice, un saint guer­rier re­pré­sen­té en che­va­lier, éga­le­ment vé­né­ré en la ca­thé­drale d’an­gers, et qui pa­tronne la fra­ter­ni­té du Crois­sant. En 1448, il fonde en ef­fet l’ordre de che­va­le­rie du Crois­sant, qui ré­com­pense les membres de sa cour, sur­tout des Lor­rains et des An­ge­vins, et consti­tue une fra­ter­ni­té d’armes des­ti­née à sou­der au­tour du sou­ve­rain une no­blesse dis­per­sée. Re­né ap­pré­cie les di­ver­tis­se­ments aris­to­cra­tiques qui rythment la vie de cour, en par­ti­cu­lier les tour­nois. Outre le pas d’armes de Nan­cy en 1445, la « Joyeuse Garde » de Sau­mur et celle de Di­jon en 1446, le plus cé­lèbre en Pro­vence reste la joute du pas de la Ber­gère, or­ga­ni­sée à Ta­ras­con en juin 1449 et ins­tal­lée dans un dé­cor pas­to­ral dans l’île de Jar­nègues. Le tour­noi, et sa co­di­fi­ca­tion dans son Traic­tié de la forme et de­vis d’un tour­noi, en 1444, tout comme les sta­tuts de l’ordre du Crois­sant exaltent chez Re­né les va­leurs no­bi­liaires, dont il se veut l’ar­bitre su­prême, les ver­tus des hé­ros de ro­man de che­va­le­rie et un fort sen­ti­ment des hié­rar­chies so­ciales. T. P.

MÊ­LÉE En 1460, Re­né dé­bute la ré­dac­tion du Livre des tour­nois, ri­che­ment en­lu­mi­né.

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